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...de 2013 à 2014

Publié le 30 décembre 2013 par Jclauded
L’année 2013 se termine et c’est le temps où les médias nous rappellent les évènements qui ont absorbé nos esprits durant cette période.
J’ai revu les blogues que j’ai écrit durant cette année et j’été surpris de la variété des sujets touchés : les Amérindiens, Lance Armstrong, les oléoducs et le sable bitumineux, la mairie de Montréal, la commission Charbonneau, le Québec et le Canada, un nouveau pape, Hugo Chavez et sa succession, le parti libéral du Canada, la Chine et l’Afrique, la constitution canadienne, les géants d’affaires, le génie conseil, le président français, la tragédie du Lac Mégantic, Stephen Harper, la charte des valeurs québécoises, le pont Champlain, et autres.
Voilà, à la suite, mes commentaires de fin d’année sur ces sujets.
Le monde et particulièrement l’Europe se soulèvent depuis toujours contre le Canada pour les supposés mauvais traitements que le Canada fait subir aux Amérindiens. La grève de la faim de la chef de bande Theresa Spence a fait beaucoup de bruit et a attisé ces sentiments négatifs, de façon injuste. Le Canada fait déjà beaucoup. Le PM canadien Stephen Harper qui a toujours montré beaucoup de sympathie pour les peuples autochtones, a rejeté pour des raisons de budget, dit-il, l’important Accord de Kelowna voté par le gouvernement de son prédécesseur visant à aider davantage les populations des Premières Nations. Il doit se raviser.
Le mensonge ne paie pas. Lance Armstrong l’a finalement compris. Incroyable champion cycliste, unique athlète, vénéré par les foules, il a déboulé en quelques jours et on lui a enlevé tous ses trophées, ses records et ses mérites. Il a été humilié pour avoir menti pendant des décennies. Ce fut une leçon magistrale pour tous les jeunes du monde entier.
Pour vendre son pétrole, le Canada a exprimé le désir de construire des oléoducs afin d’augmenter la capacité de livraison de la production venant des sables bitumineux afin de pouvoir en diminuer le prix de revient. S’il réussit, ce sera économiquement bon pour tous les Canadiens. De nouveaux oléoducs vers l’ouest, le sud, l’est et de là au monde ont été proposés : le XL qui traversera les USA du nord au sud est retardé par le président Obama mais les probabilités sont qu’il sera approuvé avec conditions en 2014; l’Enbridge Northern Gateway (transmontages-rocheuses), vient d’être approuvé en fin d’année par le “Joint Review Panel” qui affirme que sa construction est dans l’intérêt des Canadiens si 209 conditions sont respectées, ce que le gouvernement accepte; l’Énergie-est qui s’étendra sur 4 000 km en direction du Nouveau Brunswick semble prêt à recevoir les approbations des gouvernement provinciaux, incluant le Québec; de même pour le Montreal-Sarnia qui sera inversé pour alimenter les raffineries de l’est de Montréal. Le Canada pourra ainsi produire 6 000 000 b/jour de pétrole, en 2030, qui rapporteront $200 billions aux Canadiens.
Les Montréalaises et les Montréalais ont été bousculés par le dévoilement du niveau de corruption installé dans l’administration municipale. Le maire Gérald Tremblay a quitté son poste et le maire Applebaum a dû démissionner. Le parti Union-Montréal s’est évaporé. Après une chaude lutte à la mairie entre quatre bons candidats, Denis Coderre a été élu en début novembre. Il connait bien la politique et sait se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes et de sa défense contre les divers torts qui lui ont été faits. Il est ce dont Montréal a besoin à ce moment de son histoire : un nouveau Camilien Houde qui sait écouter, se faire entendre, agir et se faire aimer.
Le commissaire de l'Unité Permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière a été critiqué pour n’avoir pas été favorable à la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction. Les partis d’opposition l’ont critiqué sévèrement. Je lui donnais alors raison. Depuis, la Commission Charbonneau dévoile des scandales spectaculaires, mais le gros du travail de recherches, d’écoutes électroniques et d’enquêtes a été fait par l’UPAC qui fait des arrestations. L’analyse du dossier de la ville de Laval l’a bien démontré. Le coût total de la Commission a été établi à 45 millions $ mais elle a le mérite d’être un bon « show » télévisé pour sensibiliser rapidement les Québécois à la corruption qui s’est installée. Nous comprenons maintenant le niveau de pénétration de la mafia dans les affaires municipales et le système de contributions illégales des professionnels et des entreprises aux hommes et partis politiques.
Les relations Québec-Canada ne se sont pas améliorées depuis l’élection du gouvernement du Parti Québécois. Selon ses élus, c’est toujours la faute d’Ottawa qui n’écoute pas, ne le favorise pas et œuvre volontairement contre le Québec. Le but est simple : discréditer le Canada pour favoriser la séparation du Québec. Sur plusieurs dossiers, tel le contrôle des armes, je leur donne raison mais on ne rejette pas un pays tel que le Canada sur la base de tels exemples. C’est le PM Harper et son gouvernement de droite qu’il faut blâmer, pas le système, pas l’institution.
Dès son premier « bonsoir » à la galerie centrale de St-Pierre-de-Rome, j’ai été touché par le pape François. Depuis, il n’a cessé de surprendre et d’impressionner par sa simplicité et ses sentiments réels de charité, au point que les sondages de fin d’année, dans le monde, démontrent qu’il est le pape le plus populaire de tous les temps, dépassant même le bien-aimé Jean Paul II. Quelle sagesse les cardinaux ont montrée le jour où ils l’ont élu ! J’en étais surpris, j’en suis émerveillé. Ce bon pape va changer beaucoup de choses même si nous vivons dans un monde de plus en plus matérialiste.
À sa mort, Hugo Chavez a été applaudi par les Vénézuéliens. Ils le considéraient l’« homme des pauvres » et il les charmait. La pauvreté située à 49% à son arrivée, était de 29% à son décès. Il se servit de son pétrole pour monter un front anti-influence-américaine et organiser des marchés de biens et de services inter-états du sud. Plusieurs partis de gauche furent élus dans ces pays à cause de ses actions. Son disciple et successeur, Nicola Maduro, n’a ni l’autorité ni le talent de Chavez pour diriger le pays et plusieurs observateurs entrevoient, après neuf mois de pouvoir, sa descente aux enfers. Il vient de leur répondre en remportant la majorité des élections municipales mais a perdu les grandes villes telle Caracas. Cette victoire qui vient des derniers soubresauts du Chavezisme ne règle pas les problèmes grandissants du pays qui n’a ni infrastructure de classe mondiale ni un bon système d’aide sociale pour permettre au peuple de sortir de l’abime où il se trouve. Comment croire au futur de Maduro, alors que l’opposition continue à gagner du terrain.
Le parti libéral du Canada a des problèmes depuis l’élection des conservateurs. Il comptait beaucoup sur son congrès de leadership pour se donner un nouveau chef capable de le relancer dans l’opinion publique. Justin Trudeau, fils d’un des plus importants PM que le Canada ait connus, Pierre-Elliot Trudeau, a gagné la course et depuis avril 2013 est le chef du parti. À ce jour, sa cote de popularité est forte et le parti libéral est revenu dans la course pour diriger le pays. Justin est jeune, a du charisme et est Québécois, ce qui est important électoralement car pour gagner l’élection de 2015, le parti libéral doit gagner partout au pays mais c’est le Québec qui peut lui donner le pouvoir national. Justin maintiendra-t-il son image gagnante ? Si oui, son parti revivifié ne viendra-t-il pas simplement diviser les votes opposés au PM Harper, permettant à celui-ci de se faufiler à nouveau au pouvoir ?
L’année qui se termine a confirmé la décélération de la croissance de la Chine après 30 ans à deux chiffres. Elle se contentera en 2014 de 7 à 7,5%, selon les plus pessimistes. Après avoir utilisé près de la moitié des matières premières de la planète, voilà qu’elle semble vouloir digérer et ralentir. Cette situation touchera ses fournisseurs asiatiques et autres mais heureusement pour ces derniers la reprise américaine viendra combler le trou chinois et leur permettra de se rééquilibrer par rapport au grand dragon. Par contre, la Chine après avoir accentué en 2013 sa puissance dans le monde, particulièrement en Afrique et à l’ONU, a mis en place une stratégie visionnaire et politique qui en fera une force de plus en plus redoutable. Dorénavant, pour assurer une croissance durable, elle vise à satisfaire les besoins de consommation de sa population, assainir son système bancaire et se désendetter car elle a trop vécu à crédit. L’euphorie chinoise passera à un autre stage plus pratique, certains disent plus puissant.
Deux géants d’affaires ont fait parler d’eux en 2013. Paul Desmarais et Pierre-Karl Péladeau. Le décès de Paul Desmarais nous a rappelé la grandeur de ce franco-ontarien devenu québécois. Il a été unique en son genre. Parti de rien, il est devenu un des hommes les plus riches et les plus influents du pays. Ah, si seulement le Québec avait un centaine de gars comme lui ! De con côté, Pierre-Karl Péladeau qui avait pris la succession de son père, a réorienté la stratégie de son empire et a transformé, entre autres, Videotron en une des meilleures compagnies de télécommunications au Canada. Elle compte plus de clients satisfaits que toutes les autres. Il a laissé la direction de son entreprise à un subalterne pour devenir président du CA d’Hydro-Québec. On n’a pas fini d’entendre parler de lui.
Au début de 2013, les ingénieurs avaient une très bonne réputation. À la fin de l’année, ce bon sentiment s’est évaporé au point que plusieurs jeunes hésitent maintenant à entrer à Polytechnique pour faire une carrière dans le génie. C’est malheureux, car notre pays a un grand besoin d’ingénieurs. Ça, pour une bande d’ingénieurs véreux, fonctionnaires et à leur compte, qui ont créé et participé à des systèmes mafieux et de corruption. Depuis, le nettoyage des grandes firmes de génie-conseil se fait et il est à espérer qu’elles retomberont sur leurs pieds le plus vite possible, durant la prochaine année, après avoir éliminé la crasse qui les a entachés.
Le président français, François Hollande, a de gros problèmes de popularité. Il les mérite. Après son élection en 2012, il a implanté plusieurs lois tout en imposant, pour réduire le déficit et la dette, des taxes de toutes sortes, dans tous les domaines et qui se sont additionnées à toutes les taxes existantes. Le résultat : les Français sont parmi les plus taxés du monde. Il a fait le contraire de ce qui s’est fait aux USA, au Canada et au Québec, où l’économie a repris du poil de la bête. Au lieu de taxer, Hollande n’a pas eu le courage de couper dans les dépenses afin de laisser le plus d’argent possible dans les poches des Français. Aujourd’hui, ces derniers sont appauvris, se sentent pris au piège et dénoncent leur président. Si les choses ne changent pas rapidement dans les prochains mois, Hollande ne sera que le président d’un mandat manqué.
L’impensable tragédie du Lac Mégantic a révélé le manque de contrôle du gouvernement fédéral sur les transports ferroviaires au Canada. Nous avons été témoins de la force de caractère de ces Québécois touchés par ce sinistre et de la solidarité des Québécois et des Canadiens face à cette population sinistrée et blessée. Le Canada a changé plusieurs lois depuis et devra continuer à le faire afin d’assurer à tous les villages et les villes du pays, traversés par des convois de trains, qu'ils seront le plus protégés possible.
Le PM Harper a agi pour protéger l’économie du pays mais il a aussi continué à « droitiser » le pays au point que cela devient intolérable. Le Canada que nous connaissons ne se ressemblera plus si ce chef politique continue dans le sens où il va. Il est à espérer que les partis d’oppositions le surveillent et le dénoncent au moment opportun afin que la pression publique le fasse reculer.
Enfin, il y a le projet de la charte des valeurs québécoises proposé par le gouvernement du PQ. Jamais, une loi n’a divisé autant les Québécois. Certains péquistes proposent que le ministre Drainville, le responsable de la loi, soit nommé l’homme politique de l’année. Comment un ministre qui propose une loi inutile, qui parle de laïcité et d’égalité des sexes alors qu’elles existent déjà, qui propose le non-respect des droits de la personne et de la religion, peut-il être considéré comme un bon homme politique. Il est à espérer que le prochain comité parlementaire, qui recevra les doléances et les mémoires des Québécois, soit bien organisé et que les opinions de chaque intervenant soient bien pesées et tenues en compte par les membres du comité et éventuellement par le cabinet des ministres.
L’année s’est terminée par le désordre public découlant des problèmes structurels du Pont Champlain enjambant le fleuve St-Laurent et la voie Maritime. Enfin, le gouvernement canadien, qui a réalisé il y a plus de trois ans qu’un nouveau Pont Champlain devait être construit, a proposé en fin d’année sa construction pour 2018. J’espère que le gouvernement analysera la possibilité de ne pas démolir le pont actuel mais de le réparer afin de distribuer tout le trafic sur les deux ponts : les automobilistes sur le nouveau, le transport public et le camionnage sur l’existant. Ainsi Montréal et la Rive-Sud seront bien servis pour longtemps.
De tous ces évènements, quel est l’évènement ou la personne de l’année? Le magazine TIME de New York a fixé son choix sur le pape François. C’est une bonne analyse et je suis entièrement en accord.
Bonne année 2014.
Claude Dupras

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