Magazine Séries

(Bilan) Les tops (éclectiques) de mon année sériephile 2013

Publié le 31 décembre 2013 par Myteleisrich @myteleisrich

2013 s'achève. L'heure est aux traditionnels bilans, rendus plus difficiles cette année, avec beaucoup de séries mises de côté en attendant un temps libre qui n'est pas venu. J'ai moins regardé de fictions, mais je garderai pourtant de nombreux très bons souvenirs de ces 12 derniers mois. Une preuve supplémentaire - s'il en était besoin - de la richesse de la télévision actuelle. Aujourd'hui, avant d'ouvrir 2014, je vous propose une petite revue par zones géographiques de ce qui a marqué mon année 2013, en quatre temps (Angleterre, Amérique du Nord, Reste de l'Europe, Asie).

pilote-uk-peaky-blinders-gangster-drama-birmi-L-VsLr25.jpeg

(Peaky Blinders)


I. Le petit écran incontournable : le top de la télévision d'Outre-Manche

L'Angleterre est le petit écran vers lequel je me tourne comme un réflexe. C'est celui qui me correspond le mieux, par ses formats comme ses tonalités. Le seul dont je lis les médias et suit les news quotidiennement. Certes, regarder la télévision d'un pays sans réelle présélection implique nécessairement son lot de déceptions, mais, en jetant un regard à l'année écoulée, pas de doute, elle a offert de très bons moments. Si bien que c'est sans doute un top 15, pour ne pas dire 20, que j'aurais sans doute pu faire sur la télévision anglaise.

1. Peaky Blinders, saison 1 : un gangster period drama réalisé avec style, plongeant le téléspectateur dans une ambiance à part, usant de l'anachronisme de sa bande-son à bon escient. Ma belle surprise de cette rentrée.
2. Utopia, saison 1 : une autre fiction d'ambiance marquante, au visuel particulièrement travaillé, dans une belle réappropriation du genre thriller, qui n'aura laissé aucun téléspectateur indifférent.
3. Broadchurch, saison 1 : une recette classique de crime drama choral, parfaitement huilée, à la mise en scène assurée et porté par un casting cinq étoiles. Poignant juste comme il faut.
4. In the Flesh, saison 1 : un drame humain et social aux thématiques riches, se réappropriant de façon toute personnelle le thème des zombies, dont les ambitions méritent assurément le détour.
5. The Fall, saison 1 : une déclinaison sobre et maîtrisée du thème pourtant trop galvaudé du serial killer, offrant un double portrait croisé des plus fascinants.
6. Endeavour, saison 1 : un classique policier du petit écran britannique qui s'est offert une seconde jeunesse avec ce prequel particulièrement bien mené. Avis aux amateurs des enquêtes de l'inspecteur Morse... et au-delà. Elle devrait prochainement arriver sur France 3.
7. Southcliffe (mini) : une expérience narrative autant qu'un drame psychologique, brut et intense, autour d'une tragédie. Un essai intéressant sur un thème difficile.
8. Foyle's War, saisons 1 - 8 : un de mes grands rattrapages britanniques de l'année - et un de mes coups de coeur -, pour une solide fiction policière qui offre en filigrane un récit détaillé de la Seconde Guerre Mondiale du point de vue d'un policier en Angleterre. Je ne suis pas encore arrivée à la saison 8 diffusée au printemps, mais la qualité est pour l'instant constante. A découvrir.
9. Ripper Street, saisons 1 & 2 : un crime period drama qui aura eu le temps de vivre deux saisons et d'être annulé au cours de cette année 2013. Il aura pourtant réussi à trouver ses marques en offrant une reconstitution soignée de la fin du XIXe siècle au travers d'enquêtes qui se sont consolidées au fil des épisodes.
10. The Mill (mini) : un portrait sans fard des enfants-ouvriers derrière la révolution industrielle anglaise, avec des thèmes forts que l'on aimerait voir plus souvent évoqués dans les period dramas.

Du policier, de l'historique, et une pointe de fantastique : mes genres de prédilection sont évidents. Il faut cependant noter que sont absentes les deux séries anglaises phares que sont Doctor Who et Downton Abbey. Elles m'ont toutes deux déçu à des degrés divers. Si elles ont toujours leurs moments de grâce, à l'image de l'épisode du cinquantième anniversaire du Docteur, je reste fidèle, mais sans la passion d'antan. En outre, d'autres nouveautés méritent une mention spéciale : la saison 1 de My Mad Fat Diary, un portrait sincère et touchant d'adolescence, aura sans doute été la plus jolie surprise anglaise de l'année. Tandis que The Wrong Mans aura tenu ses promesses dans un étonnant registre comique dual. En mini-séries, Restless, portrait de femme sur fond de jeux d'espions, et What remains, déclinaison policière autour du thème de la solitude, sont toutes deux sorties du lot et méritent de ne pas être oubliées. Enfin, parce que tout n'est pas prime à la nouveauté, cette année 2013 aura vu se conclure une série qui m'était chère : Being Human, avec une ultime cinquième saison qui a rendu pleinement justice à cette série fantastique engageante et attachante.

us-rectify-saison-1-sentenced-to-die-condemne-L-F5SC6_.jpeg

(Rectify)


II. Le petit écran où il faut présélectionner : le top de l'Amérique du Nord (Etats-Unis / Canada)

Cette année, j'ai beaucoup pré-trié et fait de nombreuses impasses en remettant à des lendemains qui ne sont pas encore venus diverses découvertes (des nouveautés comme House of Cards, Top of the Lake, Masters of Sex... ou bien des séries plus anciennes comme Treme ou Boardwalk Empire...). J'en rattraperai certaines, mais le plus important est ailleurs : pour la première fois depuis longtemps, je n'ai pas eu de vraies déceptions. J'ai bien tenté quelques pilotes qui ne m'ont guère emballé, mais j'ai surtout suivi mes envies du moment, varié les genres, et, plus important, j'ai pris du plaisir. Si bien que j'arrive à constituer un top 10 assez représentatif de mes affinités américaines actuelles.

1. Rectify, saison 1 : ma révélation de l'année, une fiction fascinante et contemplative construite autour d'un thème fort de retour à la liberté après un long passage dans le couloir de la mort. Magnifique.
2. Justified, saison 4 : elle reste ma série américaine préférée, avec son ambiance du fin fond du Kentucky, sa faculté à construire des scènes de pure tension prenantes, ses dialogues souvent jubilatoires, ses personnages si haut en couleurs. Juste génial.
3. Hannibal, saison 1 : une fiction d'ambiance révélant en parallèle le portrait inquiétant d'un serial killer et la dérive aux confins de la raison d'un profiler. Un mets policier fascinant.
4. Orange is the new Black, saison 1 : une dramédie carcérale habile qui vaut le détour pour la galerie de portraits qu'elle esquisse : je n'aurais pas échappé à la "révolution" Netflix, voilà une série parfaite pour une session de binge-watching.
5. Game of Thrones, saison 3 : je ne saurais dire dans quelle mesure mon rapport à cette série est indépendant de celui que je nourris envers les livres, mais l'univers de cette oeuvre continue d'exercer sur moi une fascination non démentie.
6. The Americans, saison 1 : une fiction sérieuse sur des jeux d'espion entre FBI et KGB à laquelle il manque sans doute un petit quelque chose, mais qui n'en reste pas moins très engageante.
7. Orphan Black, saison 1 (Canada) : une fiction sur le thème du clonage, vite addictive, riche en révélations et rebondissements, reposant sur une performance d'actrice à saluer.
8. Longmire, saison 2 : délaissée en cours de saison 1, puis rattrapée et reprise lors de la diffusion de sa saison 2, c'est plus qu'une simple fiction policière classique. Il s'agit d'une série profondément dépaysante, d'un autre temps, qui sait happer le téléspectateur.
9. Vikings, saison 1 : un divertissement historique moyen-âgeux efficace et musclé, dépaysant aussi, qui aura su imposer son style.
10. The Borgias, saison 3 : dernière saison de ce divertissement en costumes qui aura bien romancé l'Histoire, avec une progression intéressante des dynamiques de cette famille à part. Si je n'ai toujours pas avancé dans la version de Canal+, je me suis lancée depuis dans le manga Cesare : il est difficile de quitter les Borgia.

De l'historique, du policier, une pointe de fantastique, un peu de drame humain... Mes goûts sont sans surprise. Côté mentions spéciales, on pourra retenir que le seul nouveau drama de network de la rentrée dans laquelle je me suis investie est Sleepy Hollow, qui offre un genre fantastique improbable, s'assumant totalement, dont je ne sais trop jusqu'où il conduira le téléspectateur. Sinon, sachez aussi que pour la première fois depuis... cinq ans au moins... j'ai tenu jusqu'à la mi-saison d'une... comédie ! Ne vous jetez pas pour autant sur cette intruse, les raisons qui me font poursuivre The Crazy Ones ne sont, je le crains, guère liées à la qualité propre de la série... Et 20 minutes sont si vite passées... Bref, non, je ne suis toujours pas guérie de mon manque d'attrait pour les comédies. Et je n'ai même pas osé lancer la saison 4 de Arrested Development de crainte de fragiliser le piédestal sur lequel j'ai placé cette série.

tearswithoutglovesg_zpsec6147dd.jpg

(Torka aldrig tårar utan handskar)

III. Le petit écran qui continue de grandir : le reste de l'Europe (avec beaucoup de Scandinavie)

Ce petit écran conserve encore l'attrait de la nouveauté. Cela fait des années - plus d'une décennie - que je sur-consomme des séries américaines ou anglaises, tandis que je ne me suis vraiment ouverte à cette télévision européenne que depuis trois ans. Entre séries diffusées en 2013 et rattrapage, mon amour pour la Scandinavie n'a pas flétri, en témoigne ce top où l'on retrouve tout simplement quelques-unes des fictions qui m'ont le plus marqué cette année, et notamment un trio gagnant juste magistral.

1. Borgen, saison 3 (Danemark) : une ultime saison qui aura confirmé combien cette série politique pouvait être engageante et stimulante, offrant un portrait vivant de la société danoise, mais aussi une caractérisation particulièrement réussie d'une femme de pouvoir qu'il est impossible de ne pas aimer.
2. Broen/Bron, saison 2 (Danemark/Suède) : diffusée cet automne en Scandinavie, cette série aura peut-être plus fait parler d'elle par ses nombreux remakes (The Bridge, The Tunnel) que par ses qualités propres. Or sa seconde saison a confirmé combien il s'agit d'une grande série, impressionnante dans son registre de policier feuilletonnant, dans sa maîtrise narrative jusqu'à l'ultime scène de la saison, mais aussi par sa gestion d'un duo auquel le téléspectateur s'est profondément attaché.
3. Torka aldrig tårar utan handskar (Don't ever wipe tears without gloves) (mini) (2012, Suède) : si elle concourt au prix du titre le plus imprononçable de l'année, il s'agit surtout d'une somptueuse mini-série poignante, évoquant le thème difficile du sida. Une incontournable.
4. Hellfjord (2012, Norvège) : une comédie noire, féroce et jubilatoire, abrasive, qui constitue un échappatoire salvateur pour quiconque cherche une fiction loin de tout cadre calibré et aseptisé.
5. Buzz Aldrin, hvor ble det av deg i alt mylderet (2011, Norvège) : deuxième digne participante au concours du titre le plus imprononçable de l'année, c'est une belle fiction, simple et sincère, un parcours de reconstruction empreint d'humanité qui se révèle très revivifiant.
6. 30 grader i February (2012, Suède) : découverte permise grâce au Festival SeriesMania dont je reste frustrée de ne pas pouvoir découvrir la suite. Un drame humain dépaysant qui mérite le détour.
7. Horici Ker (mini) (République Tchèque) : autre découverte du Festival SériesMania dont j'attends de pouvoir visionner la fin. Une histoire tchèque, entre reconstitution politique des années 60 et drame personnel, à la sobriété travaillée.
8. Upp till kamp (2007, Suède) : une chronique générationnelle dans le tourbillon des années 60-70, qui mérite le détour pour l'immersion particulièrement vivante permise dans une époque (le premier épisode entièrement en noir & blanc est un bel exercice de style, notamment d'ambiance musicale).

Pour compléter ce top européen et parvenir à 10 séries, il me faut signaler deux autres fictions que j'ai actuellement en cours de visionnage. La première est Halvbroren, la fameuse mini-série historique qui a connu un joli succès en début d'année 2013 en Norvège. La seconde est la suite d'une fiction dont je vous ai déjà parlé : Äkta Människor (Real Humans). Sa saison 2 est actuellement en cours de diffusion en Suède.

k-drama-pilote-wifes-credentials-double-portr-L-8gSzIR.jpeg

(A wife's credentials)

IV. Le top le plus exotique : le continent asiatique

Rétrospectivement, c'est l'Asie qui a le plus souffert de mon manque de temps libre. Si j'y ai trouvé de belles fictions dans lesquelles m'investir, j'ai aussi dû laisser en cours de route un certain nombre de dramas - principalement sud-coréens du fait de leur durée plus longue que les japonais - qui ne le méritaient pas toujours. Pour 2014, je pense opter pour des présélections plus drastiques pour mieux aménager mes plannings. En attendant, j'ai quand même retenu 10 séries qui sont sorties du lot à leur façon.

1. A wife's credentials (2012, Corée du Sud) : un rattrapage de l'année précédente qui s'est imposé comme mon grand coup de coeur sud-coréen de ces dernières années. Un portrait de femme, mais aussi un portrait de société, à l'authenticité des plus marquantes. Incontournable.
2. Hitori Shizuka (2012, Japon) : un captivant drama à la construction narrative solide, tour à tour inquiétant, mystérieux et intriguant.
3. The End of the World (Corée du Sud) : un thriller pandémique qui se révèle dans un registre de fiction d'ambiance ambitieuse privilégiant l'authenticité. Une expérience à saluer. 
4. Lady Joker (Japon) : un récit choral proposant tous les points de vue autour d'un kidnapping puis d'une tentative d'extorsion. Un drama qui démontre une nouvelle fois que WOWOW s'épanouit pleinement dans ce registre particulier profitant d'une enquête pour jeter un éclairage sur l'envers de la société japonaise.
5. Woman (Japon) : un drama poignant qui évoque avec subtilité les relations humaines, en proposant en filigrane un portrait de femme, de mère, mais aussi d'une famille, et de la société japonaise. Une série qui ne peut laisser personne indifférent.
6. War of the Flowers (Corée du Sud) : le traditionnel sageuk qui s'offre une place dans mon top annuel, un drama historique des plus solides.
7. Pan to Supu to Neko Biyori (Japon) : une mini-série assez contemplative, profondément humaine et authentique, réconfortante en un sens, qui introduit un bout de Japon dans votre petit écran.
8. Tsumi to Batsu (2012, Japon) : une libre adaptation de 'Crime et Châtiment' qui pose la question troublante et dérangeante du droit de tuer, en glissant le téléspectateur dans la tête d'un individu qui va commettre l'irréparable. Extrêmement noir et marquant.
9. Answer me 1994 (Corée du Sud) : le portrait d'une génération, tour à tour drôle et touchant, qui a su conserver une part du charme de l'originale dont il s'inspire (Answer me 1997).
10. The Blade and the Petal (Corée du Sud) : si ce drama historique n'aura pas tenu ses promesses, j'en retiens pourtant une réalisation assez magistrale, avec une caméra sur-interventionniste qui aura été une intéressante expérience narrative et visuelle.
 

chl-profugos-the-fugitives-saison-1-course-po-L-is8u5W.jpeg

(Profugos)


Si j'ai l'impression d'avoir moins regardé le petit écran, il est rassurant de constater qu'au moment du bilan, plusieurs dizaines de séries sortent aisément du lot pour venir former quelques beaux souvenirs sériephiles. D'autant plus que ces tops géographiques m'ont conduit à occulter deux coups de coeur venus d'Amérique Latine, tout aussi marquants : Filhos do Carnaval (2006, Brésil) et Profugos (2011, Chili) - dont j'ai tellement envie de découvrir la saison 2 qui s'est achevée ce mois-ci au Chili. Je n'ai pas non plus parler d'Australie, et pourtant l'attachante Please Like Me ou bien la saison 2 de Redfern Now méritent elles-aussi une mention. 

Mon regret principal, outre le fait d'avoir dû un peu délaisser l'Asie, reste les fictions françaises. Si la saison 5 de Un Village Français a été à la hauteur, si les enquêtes de Nicolas Le Floch constituent toujours un rendez-vous auquel je suis fidèle, si j'ai eu quelques jolies surprises comme Alias Caracalla, je n'ai pas progressé du tout dans mes découvertes de séries françaises sur les chaînes payantes, ni du côté de Canal +, ni du côté de OCS. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir acheté des DVD... qui sont restés dans leur plastique... Il faut par exemple vraiment que je prenne le temps de regarder Les Revenants un de ces jours. Une résolution de plus pour 2014.

2013 s'efface donc sur quelques chouettes souvenirs (ce n'est pas un hasard si j'ai choisi de finir l'année en terminant de regarder la saison 2 de Broen/Bron !). Et de votre côté, quelques fictions ont marqué votre année ?

Il me reste à vous dire que le blog reprend ses publications en 2014, et que je vais de nouveau être en mesure de répondre aux commentaires laissés à la suite des billets, ainsi qu'aux mails qui se sont accumulés. Bon réveillon à tous et à l'année prochaine, pour douze mois que je vous souhaite tout aussi riches en découvertes !


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Myteleisrich 787 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines