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Favoriser l'allaitement maternel?

Publié le 12 janvier 2014 par Podcastjournal @Podcast_Journal
PLAN DU SITE feeds/ Informer les futures mamans des bienfaits de l'allaitement maternel est une nécessité. Le favoriser correspond à la volonté de l'Unicef et de l'OMS. Il n'est cependant pas question de culpabiliser les femmes qui ne veulent pas allaiter.

Pourquoi allaiter?
Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nouveau-né. Il évolue au fil de la tétée, de la journée, des semaines et des mois. Il respecte la physiologie de l'enfant et comble ses besoins pendant sa croissance.

Ses avantages sont nombreux (listes non exhaustives):
Pour le bébé
- meilleure immunité
- baisse des risques d'infections gastro-intestinales, rhino-pharyngées, pulmonaires
- réduction des risques d'allergies en cas de prédisposition familiale
- digestibilité
- rôle dans la prévention de l'obésité infantile.
Pour la maman
- rétraction utérine plus rapide
- retour au poids antérieur
- diminution du risque de cancer du sein et de l'ovaire.
Ces bienfaits sont d’autant plus importants que la durée de l'allaitement est plus longue.

Que fait le nouveau-né dans les premières minutes de sa vie?

Le nouveau-né bien-portant, lorsqu'il ne nécessite aucune aide médicale, exprime immédiatement sa séquence comportementale physiologique. Lorsque sa mère accepte de le recevoir en contact "peau à peau", sur son ventre dès la première minute de vie, il rampe vers le mamelon dont il recherche l'odeur et a un réflexe de succion. Il a la capacité de téter le colostrum dans l'heure qui suit sa naissance. Le contact précoce est déterminant dans l'initiation de l'allaitement, dans la régulation des fonctions métaboliques du nouveau-né et dans l'établissement de l'attachement mère-enfant. Cette séquence est particulièrement importante dans la relation mère-enfant.
Il faut savoir que la tétée d'accueil peut être proposée, quel que soit le mode d'alimentation choisi par la suite.

Même la physiologie de la lactation évolue. Récemment, ont été mis au point des systèmes de mesure informatiques étudiant les mécanismes de régulation de la production du lait; par ailleurs, l'utilisation de l'échographie remet en question les descriptions anatomiques du sein et apporte des précisions sur la dynamique de l'éjection du lait et sur le cycle succion-déglutition.

Ainsi, grâce à une meilleure connaissance de la physiologie de la lactation, on comprend comment certaines pratiques peuvent interférer sur le démarrage de la lactation et sa poursuite.
Dès la naissance, la sécrétion et l'éjection du colostrum puis du lait maternel sont soumises à 2 mécanismes de contrôle:
- l'un au niveau du cerveau, fait intervenir des hormones (la prolactine, responsable de la production et l'ocytocine de l'éjection). C'est la succion-stimulation de l'aréole pendant la tétée qui induit les sécrétions hormonales nécessaires.
- l'autre, local, met en jeu une protéine contenue dans le lait qui en freine la production. Ainsi, plus le sein est vidangé, plus la production de lait augmente et, plus le sein est plein, plus la sécrétion de lait est ralentie.

Que faire pour optimiser la sécrétion du lait?

Ces données physiologiques nous permettent de comprendre qu'en améliorant la fréquence et l'efficacité des tétées, on optimisera le drainage des seins et que l'on évitera certaines "insuffisances de lait" imaginaires.
L'entretien de la lactation en terme de quantité, est assuré en permanence par le mécanisme local.

Les tétées: nourrir et réconforter!

Une succion efficace permet un bon transfert de lait de la mère vers l'enfant afin de nourrir celui-ci. C'est le but... mais pas le seul!
Pendant une tétée, le bébé va assouvir son besoin de nutrition, mais aussi de réconfort. Comment donc différencier tétée nutritive et tétée de réconfort? En écoutant la déglutition du bébé!
Par exemple, sur une tétée d'une demi-heure, le bébé peut se nourrir et se rassasier en dix minutes, mais continuer à téter pour être satisfait et s'endormir.
Les tétées sont des moments d'interactions, d'échanges, où tous les sens sont sollicités.

De la nécessité de s'informer

Si l'allaitement n'est pas dans la culture de la future maman, les raisons rationnelles précédemment citées ne suffiront pas à étayer sa motivation. Si elle le souhaite, elle pourra mieux évaluer les différentes données au cours de séances d'information consacrées à l'allaitement (entretien prénatal précoce, préparation à la naissance et à la parentalité, séances de soutien).

Rencontrer des mères qui allaitent, expérimentées, se familiariser aux pratiques, permettent d'aider la mère à faire un choix éclairé et, avant tout, à exprimer librement un désir personnel, loin des idées reçues et des préjugés.
Le choix porte sur autre chose que l'aliment, il fait appel à l'intime.

Les contre-indications à l'allaitement sont rares, tant chez la mère (essentiellement les infections virales) que chez l'enfant. Il est nécessaire de prendre un avis médical.
Il existe un nombre limité de médicaments formellement contre-indiqués chez la femme allaitante mais beaucoup trop d'allaitements sont arrêtés de façon injustifiée pour la prise d'un traitement. Un avis médical, aidé du site CRAT (centre de recherche en agents tératogènes) est indispensable. L'automédication est dangereuse.

Les complications de l'allaitement

Elles sont le plus souvent bénignes mais douloureuses. Il faut savoir les prévenir: les crevasses en positionnant l'enfant correctement, l'engorgement en optimisant la vidange du sein.
Les complications infectieuses sont beaucoup plus rares.

A chaque femme, son allaitement

A toutes ces données s'ajoutent des individualités anatomiques, physiologiques, psychologiques, culturelles, sociales...
C'est le couple mère-enfant qu'il faut prendre en compte.
Une écoute empathique est nécessaire pour s'adapter à chaque mère, à chaque famille. Oui, le rôle du père est prépondérant, il est lui aussi le garant de la réussite du projet d'allaitement de la mère.

Conclusion

On n'a pas à discuter le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter mais il est certain que la majorité des femmes qui n'allaitent pas ou n'allaitent plus ont souvent manqué d'informations, de soutien des proches, du savoir-faire d'un professionnel.

Les IBCLC (International Board Certified Lactation Consultants - Consultantes en lactation certifiées par l’IBLCE) sont là pour aider les jeunes mamans. Ce sont des intervenantes de santé qui ont réussi un examen international. Elles ont les compétences et les connaissances indispensables pour apporter une aide de qualité aux bébés et aux mères dans le domaine de l’allaitement.
Ces professionnels apportent des réponses adaptées aux difficultés passagères possibles des premiers temps et travaillent en réseau pour proposer les ressources adaptées jusqu'au sevrage.
Accompagner un allaitement, c'est offrir un soutien compétent pour aider les mères à prendre plaisir à allaiter, à prendre confiance en leur capacité à nourrir leur bébé, à s'épanouir dans leur rôle de mère.


Brigitte Fino
Sage-femme
Consultante en lactation IBCLC
CHPG Monaco



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