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Test : Earsonics EM32

Publié le 21 janvier 2014 par Tupperwav @TupperWav

Pour toi lecteur, voici le test des Earsonics EM32, un petit événement dans le monde des passionnés d’IEM compte tenu des attentes que la PME Montpelliéraine (essayez d’orthographier ça tiens) suscite en France à son égard.

Earsonics EM32 … A quel endroit dans la gamme ?

Un des principaux problèmes d’Earsonics durant les 5 dernières années de son développement aura probablement été d’assurer la lisibilité de sa gamme de produits. Si la notoriété de la marque s’est construite en premier lieu avec des produits dédiés aux professionnels (matériel pour techniciens son, plateaux multimédias et retours de scène pour les musiciens) l’entreprise a ensuite diversifié son portefeuille en cherchant à adresser les besoins des particuliers et des audiophiles mordus.

En terme de restitution sonore, les attentes de ces marchés sont bien souvent fortement divergentes, sinon opposées. D’un côté le monde « professionnel » travaillant avec des niveaux de puissance élevés (sortie de console, de table de mix…) pouvant mettre à mal pas mal de casques « audiophiles ». Bref, les conditions tumultueuses du « Live ».

De l’autre côté, les audiophiles qui écoutent principalement des œuvres musicales « finies », passées au travers de divers traitements leur assurant un certain « polissage » et une normalisation dont l’industrie audiophile s’est d’ailleurs accommodée en proposant a minima la fameuse bande passante de fréquences « 20 Htz – 20 kHtz » sur la plupart des matériels audio. Par ailleurs, l’écoute audiophile est axée sur le « plaisir », là où les professionnels cherchent à pouvoir travailler le son, le disséquer, l’analyser, le corriger en temps réel.

Voilà en tous cas la théorie, selon Earsonics.

La gamme Pro regroupant les EM2 PRO, EM3 PRO et Earsonics EM32 est destinée au monde « professionnel », par opposition à la gamme Audiophile constituée à date des EM4, et EM6. Notons que les EM2-Ifi ne sont eux pas classés dans un marché particulier.

Earsonics : une marque, des signatures

En ce qui me concerne, j’ai démarré mon parcours chez la marque par l’EM2 PRO. Puis vinrent les EM4, rapidement changés pour les EM6, pour enfin arriver tout récemment sur les Earsonics EM32. Pourquoi tous ces changements ? La réponse est à la fois simple et complexe.

L’EM2 a toujours été pour moi une sorte de « madeleine de Prost » (se déguste à haute vitesse), un produit que j’adore et m’évoquant beaucoup de souvenirs. D’une simplicité déconcertante et d’une musicalité toujours présente, l’EM2 a une capacité à dresser de jolies aquarelles de tout ce qu’il interprète : élégance, douceur, et velouté dans le rendu en font le compagnon de tous les baladeurs, et de beaucoup de formats d’encodage. Bref un 4×4 de l’audio pour un résultat toujours plaisant.

N’allez pas croire que l’EM2 était exempt de tout défaut : niveau de résolution perfectible, extension trop légère dans les extrêmes, scène sonore assez étroite… autant d’axes d’amélioration pour Earsonics pour les modèles qui devaient suivre. C’est précisément pour tenter d’apporter une réponse à ces défauts que je décidais de tenter l’aventure en achetant une paire supplémentaire d’EM4, rapidement changée pour des EM6 en raisons de problèmes techniques, et d’une signature qui ne me convenait pas.

Les EM6 me comblèrent sur les points de faiblesse des EM2 évoqués précédemment : d’une résolution notablement supérieure, et avec un soin notable apportée au headroom, les EM6 se révélaient être de redoutables scalpels capable de transcrire beaucoup plus de détails.

En revanche, cette évolution sacrifiait une chose extrêmement importante à mes yeux : le plaisir d’écoute. Notion complexe à définir car éminemment subjective, le plaisir d’écoute des EM6 n’était pas systématiquement au rendez-vous pour deux raisons développées ci-dessous.

En premier lieu, les Earsonics EM6 sont très sensibles à la source. Je n’ai pas réussi encore à connaitre leur « vraie » signature tant les résultats sont différents selon l’appairage. De véritables « boom box » avec mon Studio V, ils devenaient « recessed » en bas de spectre avec le AK100… et sonnaient encore différemment sur mon Iphone 4.

Il faut également rajouter à cela une réponse non linéaire au volume qui m’a beaucoup dérangé avec le temps. Dans mon cas il me fallait monter à des niveaux relativement élevés pour que les médiums et les aigus soient correctement ajustés par rapport au bas de spectre, à la tendance envahissante à bas niveau de volume. Ce n’est qu’à fort volume que la force des EM6 sur le medium (vocaux notamment) arrivait à vraiment s’exprimer.

En second lieu, les EM6 sont globalement victimes du syndrome de beaucoup de casques audio qui se veulent précis : ils tombent dans une fâcheuse tendance à trop détourer le message sonore et à sonner « vides » sur les hauts médiums. Il en résulte un corps de son trop creux, qui donne parfois une impression « métallique » à l’écoute, bien éloignée du velouté de l’EM2 en comparaison. Cet état de fait empire avec les formats non lossless, trop souvent massacrés par les écouteurs. L’EM6 n’est pas un casque tolérant, assurément. Si la source n’est pas garantie lossless Bio, élevée au bon grain en extérieur avec jacuzzi détente, la punition est immédiate.

Au final je me retrouvais donc avec un autre écouteur aux qualités certaines, mais finalement sans grand rapport avec les traits de personnalité que j’avais tant aimés chez l’EM2. C’est dire si j’attendais avec impatience les Earsonics EM32, censés réconcilier l’esprit de l’EM2 avec des qualités techniques remises au goût du jour, des extensions travaillées, et une scène sonore plus élargie.

Earsonics EM32… mais qui es-tu ?

Un upgrade plus tard, je me retrouvais avec mes nouveaux joujoux. J’en profite au passage pour saluer la remise en état de mes EM4, upgradés en EM6, puis en EM32. Le travail sur la coque a été réalisé avec beaucoup de soin, et cette dernière entièrement débarrassée de toute trace des précédents travaux.

D’un point de vue technique, l’Earsonics EM32 est un écouteur avec 3 vraies voies, séparées via l’usage de filtres passifs. En termes de drivers, Earsonics a recours à 3 gros drivers. Le tout est parfaitement visible sur le beau visuel réalisé par la marque sur son site, ci-dessous. On remarquera que, fidèle à ses habitudes, la marque n’utilise que 2 canaux de diffusion du son par canule.

Earsonics EM32

Côté « prises » on pourra remarquer que les « recessed » sockets ne sont plus proposés sur l’EM32. Dommage c’était une bonne idée qui permettait souvent de rallonger la durée de vie de ces dernières, qui sont le vrai point de fragilité des IEM. Le câble n’a pas changé et reste de bonne facture : tressé, avec guide à mémoire de forme pour le contour de l’oreille. Ils assurent également une bonne protection contre les « microphonics ».

Si l’on compare avec les EM6 (ci-dessous), on retrouvera également trois voies, mais obtenus via le double de drivers, ceux-ci étant cette fois « petits ». Le driver du bas et le driver des médium sont « doubles » et disposent d’un unique évent, tandis que le tweeter est lui constitué de deux drivers complètement séparés.

Earsonics EM6

Earsonics EM32, comment sonnes-tu ?

Côté matériel j’ai choisi de tester l’EM32 avec mon iBasso DX50 que je considère comme le meilleur DAP du moment en terme de performance qualité/prix (et pas loin des meilleurs en termes de « performance » tout court). Côté musique j’ai choisi de tester les petits louloups sur mes quelques coups de cœur du moment dans des styles variés.

Leprous – Coal – The Valley (Metal)

Leprous-Coal

On démarre en puissance, avec le sympathique combo « Leprous », grosse révélation du metal progressif de ces dernières années, que le fantastique album « Bilateral » a porté aux nues en 2011. Nos amis norvégiens nous proposent ici une suite plus contemplative, peuplée d’atmosphères nostalgiques.

Le soin apporté aux mélodies est cependant toujours redoutable, et d’une beauté profonde. Nos amis n’ont pas peur de sortir l’artillerie lourde lorsqu’ils le peuvent. Enfin, véritable saucisse sur la choucroute, la production est parmi les plus chouettes qu’on ait entendu dans ce style depuis un moment.

Chausser les Earsonics EM32 sur cet album aura été un des plus grands moments « métal » depuis longtemps, notamment sur le titre « The Valley ».

Le long break vocal et rythmique envoûtant en milieu de morceau fige immédiatement l’auditeur. L’impact de la basse et les césures de la gratte rythmique saturée et palm-mutée sont remarquables : l’EM32 est capable d’apporter la dose de « physiologique » à l’écoute, ce dont était incapable l’EM2. Les basses sont également plus « pleines » que sur l’EM6 et la jonction avec le bas-médium se passe sans accroc. Accompagnez le tout d’un très léger velouté emprunté à l’EM2 qui donne à l’ensemble de la section une vraie musicalité et vous obtenez un IEM dont il est difficile de se passer une fois testé.

La nappe de cymbales qui accompagne ce break est d’une finesse que je n’avais jamais entendue en IEM jusqu’à présent, et ce grâce au naturel de la restitution. Leur spatialisation est très nette est bien détourée du reste des protagonistes (basse, synthé, vocaux), le corps de son est complet et non réduit à un désagréable éclat métallique sibilant et décharné, bref ça sonne comme toute cymbale devrait exiger de sonner.

Quant aux vocaux d’Einar Solberg (hormis le fait qu’ils n’ont strictement rien à envier à un Matthew Bellamy), ils sont superbement mis en valeur par les EM32 qui capitalise là sur une grande force de l’EM6. Les médiums sont toutefois légèrement moins mis en avant, mais ils sont qualitativement au moins aussi réussis : la texture proposée est notamment d’un excellent niveau de résolution. On peut bien percevoir les différentes saveurs qui composent la voix de Solberg : le léger métallique de sa voix de tête et le cristallin diaphane de ses tremolo haut perchés en falsetto, la rondeur de sa voix de poitrine… l’EM32 n’en rate pas un morceau.

Ressortir de ce morceau est une épreuve, tant le voyage nous aura amené loin. Heureusement pour ceux qui voudraient continuer le voyage sonore avec Leprous dans ce fantastique album qu’est Coal, le titre « Salt » vous attend et vous en mettra au moins autant dans la ganache.

 Jordy Savall – Bal.Kan – Les Cycles de la Vie – Alef Mem Shin (Classique)

bal.kan

Je ne fais plus l’affront de présenter Jordi Savall. Ceux qui nous suivent depuis quelques temps savent à quel point nous sommes des fans inconditionnels du plus grand musicien espagnol contemporain de ces dernières décennies.

Le plus troublant lorsqu’on connait bien le répertoire de l’immense violiste, violoncelliste, chef d’orchestre et chef de cœur (excusez du peu), c’est probablement le romantisme effréné de ses interprétations. Jordi Savall ne joue pas… ça non. Jordi Savall vit et meurt sur son instrument devant vos yeux, en toute simplicité. La respiration est lourde est sourde, le touché d’archet est sensuel et fauve, tantôt murmure, tantôt explosion d’un timbre à la richesse envoûtante et à la justesse choquante.

Dans cet album « au delà du descriptible », véritable ode aux Balkans (signifiant « Sang et Miel » pour les Maures), Savall nous mène à la rencontre d’un folklore à la richesse ineffable, et aux accents orientaux exotiques déroutants. Un folklore populaire qu’il est impératif de conserver et de protéger de l’uniformisation des musiques, en marge d’une globalisation qui finit par toucher aussi ces pays témoins de nombreux conflits destructeurs.

Enfin, un album dirigé par Jordi Savall est rarement moins qu’exceptionnel d’un point de vue de l’enregistrement et de la production. Cet album ne fait pas exception et pourrait se retrouver dans nombres d’auditorium sans avoir à rougir une seule seconde.

D’un point de vue musical, j’ai choisi de porter mon dévolu sur le titre « Alef Mem Shin », un texte hébraïque chanté datant du IXème siècle. Un morceau épuré dénué de toute compression qui devrait me permettre de juger la faculté des EM32 à occuper l’espace sonore et à développer des textures en haute résolution sur des formations réduites.

Afin que vous puissiez un peu mieux partager ce qui se passe dans ce morceau, voici le line-up de son interprétation:

  • Alef mem shin, texte Hébraïque Occitanie IXe s. Le livre de la Création: Séfer Ietsirà (la Cabale explique l’Univers), Chap. V, 1-3.
  • Musique de Vido venir tus cavalleros / Turquie trad. Séfarade 6’52
  • Montserrat Figueras : voix
  • Musiciens : Driss El Maloumi (oud), nedyalko nedyalkov (kaval), Jordi Savall (rebab)

Voilà à quoi ressemble un « Oud » (vous n’en croiserez pas tous les jours)

Egyptian-Oud-Rosewood

Voici des « kaval » (kavaux ?) dans leur déclinaison bulgare

Bulgarian_kaval_in_D,_Mopane

Et enfin un rebab, tiens donc …

rebab

… à ne pas confondre avec le même instrument dans sa variante turque ci-dessous. 

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Vous voici désormais plus intelligents (du moins cultivés) grâce à TupperWav, et capable d’éblouir vos amis audiophiles lors de dîners mondains. Mais revenons à ce superbe titre « Alef Mem Shin ». C’est tout d’abord le son si particulier du Rebab (proche d’un banjo en bois, auquel on aurait mis des cordes de nylon) qui nous accueille. L’EM32 restitue avec maestria la reverb naturelle de l’instrument (due à la forme de la caisse). On sent également avec précision tout le développé de l’attaque métallique et le léger « plic » du plectre utilisé par notre ami Savall, qui pour une fois ne joue pas à l’archer, le temps de l’introduction de ce morceau.

Puis l’Oud fait son entrée, et l’on remarquera son teint si particulier à mi-chemin entre guitare et mandoline fretless (entre le moelleux et le métallique). C’est aussi le niveau de résolution affiché par l’EM32 qui choque l’oreille. « Choquer » n’est d’ailleurs pas le bon terme, puisque le naturel est tel que l’illusion est complète. Même lorsque la chanteuse vient prendre le lead de la mélodie, l’EM32 est capable de retranscrire avec beaucoup de facilité et de présence l’accompagnement virevoltant et plein de glissendo de ce bel instrument si injustement méconnu qu’est l’Oud.

Mais la plus grande réussite, et le joyau de cette couronne musicale séfarade, c’est bien sûr Montserrat Figueras, d’une grâce et d’une puissance hors paire, qui, butinant son texte, se délecte des contrastes de ses consonances (percussives, sifflantes, nasales etc.). Les EM32 s’en donnent à cœur joie et recréent un réalisme de voix que je n’avais jamais entendu en IEM : plénitude du corps, détails déconcertants, musicalité, tout est au rendez-vous. C’est un niveau de performance que je n’osais plus attendre d’un intra, et l’EM32 me laisse entrevoir un futur pas si lointain où les IEM auront des performances supérieures aux casques « full-size ».

 Lorde – Heroine – Royals (Pop Vocal)

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On change diamétralement d’univers avec la petite Lorde, fort charmante au demeurant, et son album « Pure Heroine » qui pourrait bien vous rendre méchamment accroc. La pop vocale efficace aux compositions bien trouvées et originales sortent du lot.

Dès l’introduction, c’est l’impact des beats sourds qui vient marquer l’esprit. Décidément les Earsonics EM32 sont capables de cogner dur. Rien a voir avec la « politesse » des EM2 ou EM4 en bas de spectre. Idem pour la ligne de basse, très grave mais parfaitement audible. Les EM32 parviennent à garder texture et extension, avec un impact et une tension dignes de casques fullsize fermés.

Malheureusement, le reste de l’enregistrement brille moins, comme nombre de productions modernes. Le niveau de dynamisme faiblard de « 6″ en termes de Dynamic Range, (plug in foobar absolument nécessaire pour tous les amoureux de bons enregistrements) n’est pas étranger à cet état de fait. A comparer par exemple avec un Dynamic Range magnifique de « 14″ pour Bal.Kan de Jordi Savall.

Les Earsonics EM32 nous permettent quand même d’apprécier toutes les parties vocales superposées avec aisance, et brille dans sa capacité à délier les intrications des secondes et troisièmes voix.

Enfin, le positionnement précis des différents instruments est bien compréhensible, tandis que la scène sonore est notamment plus large que les précédentes générations d’IEM de la marque. L’EM32 ne triche pas cependant, et ne fait pas de miracles sur une production très moyenne. On ne fait pas d’un âne un cheval de course.

Earsonics EM32, que tu as de grandes dents ! que retenir de toi ?

En guise de conclusion, voici ce que je retiens aujourd’hui de l’EM32 par rapport à ses prédécesseurs chez Earsonics :

Corpulence du son et plénitude des timbres

L’EM32 présente une capacité à remplir les timbres qu’il restitue bien au delà de ce que nous offre la gamme audiophile de la marque. Je ne souhaite pas sauter hâtivement aux conclusions, mais je pense que l’usage des « gros » drivers, par rapport aux paires de « petits drivers » utilisés sur les EM4 et EM6 y est pour beaucoup. Quelle qu’en soit la raison, j’aurais tendance à dire à Earsonics : « Vous tenez le bon bout, continuez dans cette voie ». Ce n’est clairement pas la peine de multiplier les drivers, lorsque le nombre n’amène pas la performance.

Au final, l’EM32 est l’un des premiers IEM à me faire ressentir une vraie immersion dans la musique, et à me donner l’illusion de regarder un véritable paysage musical, et non une copie très détaillée mais « creuse » de la réalité.

Dynamisme, vitesse et impact

Encore un gros avantage pour moi par rapport aux EM2, 4 et 6 : l’EM32 est une machine à émotions, capable de transitions extrêmement rapides des silences les plus noirs vers les gravity blasts les plus extrêmes. Sa technicité lui permet de jouer dans tous les registres les plus complexes sans se poser de questions.

Par ailleurs, l’Earsonics EM32 montre aussi un aspect « physiologique » et « live » dans ses restitutions, et notamment ce « oooomppppfff » si plaisant dans les bass et les mid bass lorsqu’il le faut. Il est aussi à l’aise sur les attaques de percussions, bien explosives et membraneuses à souhait. Si l’EM6 s’approchait probablement le plus de cette restitution, il lui manquait à mon goût cette capacité à respecter la tension du message et à « exploser » vraiment sur les attaques.

Neutralité de la signature

Non, l’EM32 n’est pas basseux. C’est un casque plutôt neutre, à l’assise certes solide, mais tellement maîtrisée qu’elle ne « colore » pas le reste de la signature. Cela prouve à quel point l’EM32 se rapproche avec brio d’un « vrai 3 voies ». Ce qui se passe dans le bas de spectre n’altère pas le milieu de ce dernier, et ne cache pas non plus les dentelles dans les hautes fréquences.

Si l’EM6 pouvait présenter quelques ressemblances en terme de signature, malgré des médiums probablement plus en avant mais moins déliés du reste de la signature, il faut reconnaître à l’EM32 un autre grand pas en avant : la linéarité de la signature, quel que soit le niveau de volume. Les possesseurs d’EM6 l’auront probablement remarqué, cet IEM à une tendance à assombrir sa signature à bas niveau, et à trouver sa vraie signature à des niveaux élevés de volume qui peuvent être à la limite du supportable pour les auditeurs les plus fragiles.

Niveau de détail 

Un auditeur habitué à la signature Earsonics ne manquera pas de remarquer le niveau de détail superbe apporté par l’EM32. L’EM4 pouvait également faire bonne impression de ce côté là, mais il souffrait à mon sens de sa plus faible capacité à remplir les corps de timbres, ce qui finissait par lui donner un côté trop analytique voire métallique en haut médium.

L’EM6 apportait également un médium très solide, que l’EM32 partage, mais il ne parvient pas à tenir la comparaison dans le domaine des haut médiums et des aigus. L’EM32 est à n’en pas douter la plus grande réussite de la gamme dans ce domaine. Le réalisme des cymbales notamment est bluffant, et m’a apporté une expérience jamais approchée auparavant en technologie « intra ».

Enfin, la grande indépendance des trois voies de l’EM32 fait que le haut de spectre reste parfaitement audible à chaque instant, même lorsque les tempêtes rythmiques les plus violentes sont déchaînées à l’autre opposé du spectre.

Scène sonore

En terme de scène sonore, l’EM32 se démarque très fortement des autres IEM de la gamme « Pro » (EM2 et EM3) en parvenant à sensiblement élargir la scène. Cela contribue à diminuer l’impression de claustrophobie que l’on peut ressentir lors d’une écoute prolongée sur IEM.

L’étagement des plans s’est aussi bien amélioré, de même que la « dé-latéralisation » de l’écoute, qui se fait désormais dans une sphère complète autour du crâne de l’auditeur.

Musicalité et plaisir d’écoute

Et enfin, probablement le plus important, mais aussi le plus subjectif : le fameux « plaisir d’écoute ». En ce qui me concerne, j’ai fini par identifier que le plaisir d’écoute est présent en IEM lorsque les éléments suivants sont rassemblés simultanément :

  • Dynamisme et contraste
  • Corpulence des timbres
  • Scène sonore large
  • Bon niveau de détail

Si l’on rajoute à cela d’autres qualités « bonus » que possèdent l’EM32, il est clair que j’ai une très bonne compatibilité avec cet IEM. De manière générale, tous les auditeurs qui apprécient une écoute plutôt impliquée, musicale, le tout avec un haut niveau de technicité devraient s’y retrouver. Il est en revanche recommandé aux amateurs de casques très laid-back (plus « monito » que « physio ») d’essayer le produit avant tout achat.

Si vous souhaitez franchir le pas, il vous en coûtera tout de même la bagatelle de 943.14€… sans la gravure laser. A ce prix là, difficile d’attendre autre chose que l’excellence. Qu’à cela ne tienne, la mission est parfaitement remplie.

Chapeau bas à Earsonics.


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