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Quand le Front national sera le premier parti de France

Publié le 28 janvier 2014 par Juan
Quand le Front national sera le premier parti de France Il y en a encore pour penser qu'évoquer la menace du Front national est une façon de distraire l'opinion, de faire peur aux braves républicains pour mieux provoquer ces anciens réflexes du vote utile et de la discipline républicaine.
Quelle erreur de jugement... Quel aveuglement...
On a cru un instant que le Front national avait finalement quelques difficultés. Le parti de Marine Le Pen semblait moins actif, moins présent, moins à l'initiative, moins au centre des problématiques de l'excitation médiatique. Pour preuve, le FN avait quelque peine à convaincre suffisamment de candidats, même apprentis, à le rejoindre sur les listes municipales.
Autre exemple récent, on nous relate combien les "défections" se multiplient au sein du FN. Libération fait le portrait de Vincent M., passé de l'UMP au FN en avril 2013 pour le quitter avec pertes et fracas moins d'un an plus tard. Car Vincent M avait découvert que le FN n'avait pas changé. Qui en doutait ? Qui dans le lectorat de Libé en doutait ? Le Monde, le 22 janvier dernier, nous énumérait tous ces anciens frontistes horrifiés par ce qu'ils avaient vu de l'intérieur. La démarche est louable. A droite, il ne faudra pas dire qu'on ne savait pas.
Parfois, c'est le bureau politique du FN lui-même qui fait le ménage. La garde rapprochée de Marine Le Pen veut s'assurer de la "présentabilité" de ses têtes d'affiches. On purge les listes des nazis et autres radicaux néocons de la pire espèce. Le plus étonnant est que 3 ans après sa prise de contrôle des commandes du parti, Marine Le Pen n'est toujours pas parvenu à ce ménage-là... Le weekend dernier, un autre candidat, en Seine-et-Marne cette fois-ci, était éjecté des listes par Nicolas Bay lui-même, le directeur de campagne au niveau national.
Ce ne sont pas quelques dizaines de milliers d'excités "en colère", quenelles ou bras tendus, qui devraient effrayer la République. Ces gens-là, si l'on en retire quelques perdus de la cause citoyenne, sont éparpillés, sans leader ni programme, suffisamment radicaux et anti-républicains pour rester dans les marges par ailleurs peu ragoutantes d'une extrême droite nostalgique de la France rance, blanche et catholique. Ces gens-là ne représentaient même pas les opposants au mariage gay, pourtant déjà virulents. Ni le Front national qui s'en était éloigné assez rapidement.
Autant de signes de leur marginalité...
L'inquiétude est ailleurs.
Le Front national se porte bien. Ne vous inquiétez pas pour lui. Un récent sondage, réalisé par l'IFOP pour le JDD, lui attribue le premier score national aux prochaines élections européennes. En 2009, lors du précédent scrutin, à la même époque, le FN était crédité de moins de 10%... Selon ce sondage, "le Front national recueillerait 23% des suffrages au soir du 25 mai, devant l'UMP (21%) et le PS (18%)". Un niveau "jamais atteint à l'échelle du pays", et plus élevé que celui atteint par Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012. Un sondage n'est qu'un sondage, une enquête sur un échantillon plusieurs mois avant le scrutin. Voici ce que ce diront les optimistes.
La droite classique semble en vrac, moribonde diront certains. La gauche "classique" se dispute. Dernière micro-anecdote en date, le refus du NPA à Montpellier de rallier le FDG aux élections municipales car ce dernier pourrait appeler à voter contre la droite au second tour... Fichtre ! Qui consacre un peu d'énergie dans le discours, la pédagogie, l'action, la réflexion à lutter contre le Front national ? Qui ? Où ? Comment ? Du côté du gouvernement, on attend l'inversion de la hausse de la courbe des sans-emplois... Les derniers chiffres de 2013, qui clôturent un mauvais exercice, sont justement tombés. Quand on attaque l'extrême droite, ce qui reste rare, on s'indigne dans la posture et les grands sentiments. Du côté de l'opposition de gauche, le Front national semble, nationalement au moins, dans un trou noir. Il n'existe plus dans les discours, trop concentrés sur cette "droite de gauche, ou "gauche de droite" qu'ils préfèrent fustiger.
Quand une étude nous éclaire sur la catastrophe sociale, les clivages, le désespoir, le repli sur soi, les cassures en tous genres, la quasi-uniformité médiatique des commentaires est ... terrifiante. On nous explique à mots à peine couvert que le bon peuple aurait été abusé par le discours par ailleurs lénifiant ou simpliste de Marine Le Pen. La mondialisation, en réalité, ne fait plus rêver personne.
Quand le Front national sera le premier parti de France, des médias s'interrogeront sur cette "lepenisation des esprits". Le Front de gauche criera au complot médiatique, la gauche se demandera ce qu'elle a raté. La droite réfléchira à son avenir fusionné.
Et la République ?


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