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Une Toubab à Ndar

Publié le 28 janvier 2014 par Dioufaleyna

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Sortir de Dakar, pour le moment était inédit pour moi, un enterrement à Mbao  , une ou deux virées au Lac Rose (qui n’est rose que quand je n’y vais pas apparemment !), voilà ce que je connaissais du Sénégal.

J’ai toujours voulu voir, visiter , découvrir un autre Sénégal que celui de Dakar !

Dakar n’est pas le Sénégal, comme Paris n’est pas la France, m’a-t-on dit !

Pas facile d’embarquer toute la petite famille pour partir à l’aventure… il ne restait plus qu’à attendre, et attendre encore que les enfants grandissent un peu.

Et le moment est venu, l’idée a germé dans notre tête, nous devions nous marier civilement un vendredi et nous nous sommes dit : «  et pourquoi pas un week-end à Saint-Louis, sans les enfants ! »

J’étais réticente, la mère extrapoule que je suis a tendance à un peu beaucoup trop couver ses oisillons, mais l’envie de se faire un weekend end  en amoureux  sans partager  ma nourriture avec qui que ce soit de moins d’1m20 me réjouissait au plus haut point !!

Alors c’était parti, la destination toute trouvée…direction Saint-Louis !

Mon mari est un « Domou Ndar » bien que né à Paris, sa famille étant originaire de Saint-Louis.

Nous avons donc pris la route le samedi matin, le lendemain du mariage en ayant dormi que quelques petites heures.

La route fut longue, beaucoup de camions ralentissaient la circulation. Je trouvais la route étonnamment bien faite, sans nid de poule.

Je mitraillais le chemin avec mon appareil photo, les Mosquées, les arbres, les pastèques que l’on vend au bord de la route, j’étais surexcitée.

Nous sommes arrivés à Saint-Louis et j’ai découvert cette odeur si particulière, celle du fleuve mêlée à l’iode de la mer.

Je ne savais plus où regarder, à droite à gauche, des couleurs, partout, une explosion de couleur… Nous traversons le pont, l’imposant Pont Faidherbe qui est d’ailleurs le pont le plus léger du monde …. Quoi vous ne connaissez pas cette vielle blague ?

Il est léger car il est fait d’herbe … je sais, je sais, vanne creuse mais je ne pouvais pas m’en empêcher !

Nous faisons rapidement un tour de l’Ile, je suis comme une enfant surexcitée, je découvre avec plaisir cette architecture si particulière, nous arrivons à notre maison d’hôtes « sunu keur », notre maison en wolof ;

Elle porte bien son nom, on s’y sent chez soi , tout y est charmant , la cour intérieure me plait je me vois bien y vivre , j’imagine comment mes enfants  aimeraient cet espace , je rêve de l’aménager à mon goût. Je rêve, je suis en plein rêve.

Saint-Louis est calme, Saint-Louis est paisible.

Nous mangeons un tiep bou dienn  fait avec le riz du fleuve, dans un petit resto  sympa.

Nous décidons ensuite faire le tour de la ville en calèche, so romantic ! Le guide nous fait découvrir la ville, et à notre première halte , nous manquons de nous étouffer de rire .

Celui qui juste que là parlait en wolof au téléphone avec un accent bien prononcé, se transforme en Bernard de la Villardière en un instant, laissant tomber ses « r » roulés, ses intonations chantées au profit d’un accent faussement parisien.

Il nous fera faire un tour inoubliable accompagné de blagues les unes plus drôles que les autres.

Je suis comme une gamine, Saint-Louis est magique, j’ai envie de tout voir, nous marchons dans les rues de la ville, tout est goudronné, les marchands ambulants , peu nombreux ne nous embêtent même pas . Il y a peu de voiture, nous marchons même au milieu de la route, je me sens bien, apaisée.

Le samedi soir se termine avec un repas typiquement Saint-Louisien, crabe farci à la Saint-Louisienne, poisson farci à la Saint-Louisienne , cocktail sans alcool  « Domou Ndar » , glace au bouye en dessert et le tout  agrémenté du floc floc que fait l’eau du fleuve sur une barque et avec une vue sur le Pont Faidherbe Illuminé.

Magique !

Le dimanche matin, direction l’hydrobase  et là c’est comme un évidence, soyons fous, quittons Dakar, venons vivre à Saint-Louis !!

Une plage sans début, ni fin, faite de sable blanc, une eau limpide, je ne vois même pas les quelques déchets ramenés sans doute par les vagues.

Je ne vois que cet océan à perte de vue, ce paysage surréel.je m’émerveille de tout , ces  petits crabes qui sortent du sable  par de petits trous et se dépêchent d’y rentrer en nous voyant approcher, ce troupeau de zébus qui fait sa petite balade  du matin sur la plage.

Je filme, je prends en photo, je ne veux pas que ça s’arrête, je pense aux enfants qui seraient fous de joie de courir dans cette immensité !

Nous quittons l’hydrobase pour nous rendre à l’embouchure, le vieux rencontré à l’hydrobase nous assure qu’il ne faut marcher que 50 mètres, une fois la voiture garée.

Nous marcherons  plus de deux heures, les pieds dans l’eau, suivant la mer, nous rencontrerons un pécheur bien sympathique, des petits oiseaux exécutant une chorégraphie des plus gracieuses, des mouettes majestueuses.

Nous en ressortirons avec des coquillages, des tonnes de coquillages en souvenir et une insolation  pour moi !

Le week-end se terminera par une visite de la famille et un « c’est bon » dans un petit restaurant.

C’est avec tristesse que je quitterais «notre maison » mais avec les yeux remplis d’étoiles.

Saint –Louis est magique ! (oui je sais ça fait 10 fois que je le dit !)

J’organise  dans ma tête déjà notre prochain voyage avec les enfants cette fois et je rêve qu’un jour je puisse finir  mes jours à Ndar.

Saint-Louis est magique !

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