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Das ist nicht mein kampf !

Publié le 28 janvier 2014 par Legraoully @LeGraoullyOff

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Je m’étais pourtant dit que je n’écrirais rien sur le sujet, que je ne rentrerais pas dans cette polémique à la con, d’autant que mon estimé camarade Jon Sch avait déjà écrit ce qui me semblait(et me semble toujours) être de loin l’article le plus juste et le plus objectif à ce propos malgré tout ce que j’ai pu lire sur le sujet ; mais la fierté de l’écrire avec mes propres mots, ma subjectivité, le fait de clarifier les choses, à moins que ça ne soit juste pour le doux plaisir de me faire conspuer, font que me revoilà parmi vous très chers lecteurs pour en remettre une couche. Ça faisait longtemps hein ? Je vous ai manqué ? Si oui, arrêtez-vous de me lire ici ! Tout de suite malheureux ! Oui, j’ai été voir Dieudonné dimanche dernier à la patinoire de Bordeaux. Ça va toujours ?? Sinon allez-y ! Dégueulez !

Je ne m’étendrais pas sur le fait de savoir si oui ou non Dieudo est antisémite tout simplement car ça ne m’intéresse pas vraiment(vous allez voir que je vais sûrement finir par en parler ; comment l’éviter ?). Si je devais uniquement apprécier les artistes qui sont bien beaux, propres sur eux, qui suivent le marquage au sol, et sans une part de folie, de colère (ou de haine, je vous laisse le choix), je serais probablement passé à côté du plus grand écrivain français : à savoir Louis-Ferdinand Céline. Lui qui disait que « l’Homme est horriblement lourd, qu’il manque de légèreté » il n’aurait pas pu viser plus juste quand on voit ce qu’il se passe aujourd’hui. Je n’aurais sûrement pas lu non plus cet auteur formidable qu’est Knut Hamsun et je trouve que cela m’aurait été plus que dommageable. Moi les artistes, je les aime sulfureux et rentre-dedans. Si un artiste ne vous met pas un bon coup de poing dans la gueule, à quoi ç a sert de perdre du temps en suivant son travail ? Et ça ne s’applique pas qu’aux étiquetés antisémites (notoires ou non), non !

Mais où va le pays si on ne peut même plus se tailler entre nous ? Les gens sont décidément de plus en plus susceptibles ; de vrais pucelles effarouchées. C’est ça, la véritable crise. Et puis si on ne peut plus rire des sujets vraiment importants, vraiment horribles, autant se faire sauter le caisson tout de suite ! Car c’est bien dans l’humour le plus noir que je parviens à exorciser tous les maux du monde. Je laisse les vannes sur le caca à Jean-Marie Bigard et à ses adeptes qui me paraissent, après réflexion, beaucoup plus dangereux que ceux de Dieudonné.

La colère est un sentiment trop souvent sous-estimé et que l’être humain s’empêche trop souvent d’exprimer à cause de certains codes sociétaux. Les gens s’imaginent que parce qu’on fout ça sous le tapis, qu’on le censure, ça n’existe plus. Faux ! Nul ! Zéro ! La chambre du gosse qui la range en poussant tout sous son lit reste crade au fond. Je me dois de vous l’avouer, je suis autant attiré par le laid que par le beau ; quoique j’ai une nette préférence pour la laideur car comme disait Gainsbourg « la laideur est supérieure à la beauté en ce sens qu’elle dure ». Pour exemple, je vis depuis maintenant un an en plein cœur de la forêt des Landes où il faut faire une heure de route pour trouver une ville digne de ce nom. On pourrait croire que c’est le paradis et que je m’en contente ; eh bien oui…Parfois…Car la laideur de la ville, sa saleté, ses ivrognes qui titubent, ses transports en communs, ses jolis petits culs qui déambulent, ses punks à chiens, ses salles de cinéma, ses bars, le fait de ne pas avoir besoin de voiture, ses lumières qui ne s’éteignent jamais, c’est ce que j’aime aussi et j’ai besoin de cette bouffée d’air vicié pour ne pas succomber et finir en cliché de hippie au fin fond de sa forêt. Bon ok ici j’ai l’océan, la plage et tout…Mais ça ne dure que quatre ou cinq mois dans l’année. Mais trève de digressions.

J’essaye dorénavant de me battre pour ma propre vie et ne vais plus livrer de combats abstraits et inutiles. C’est ma résolution pour 2014. Au départ, j’avais pensé arrêter les excès mais là autant carrément me jeter du haut du premier pont venu – sachant que le premier pont assez haut pour être sûr de ne pas se louper est à perpette tout comme la voie ferrée la plus proche- j’ai donc l’instinct de survie par obligation. J’essaye de me battre pour moi et c’est parfois bien compliqué alors me battre pour un kampf qui n’est pas le mien, très peu pour moi. C’est fini ! J’arrête ! Et puis ce n’est pas comme si la cause était à court de main-d’œuvre…La guerre, la haine, c’est moche… m’voyez ! On est tous d’accord là-dessus je pense alors évitons d’enculer les mouches. Parce qu’il est nécessaire que l’on se souvienne des atrocités commises pour ne pas les réitérer, on est ok ; mais de là à en faire un devoir de mémoire…J’ai déjà parfois du mal à me souvenir de ce que j’ai dit ou fait la veille alors ce que d’autres ont fait il y a soixante-dix ans… ! C’est trop me demander. Allez donc parler de la Shoah à une de mes connaissances, réfugiée politique et sans papiers français, dont le pays s’est fait bombarder lors de la guerre du Kosovo en 1999 alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle vous rira au nez parce qu’elle, elle ne vit pas dans l’abstraction des livres d’histoire. Parce qu’elle, elle l’a vu et l’a ressenti au plus profond d’elle-même ce que je ne peux faire qu’effleurer à l’aide de ma raison. Ça vous marque pour toute une vie une telle chose. Alors que faire pour ne pas sombrer dans la mélancolie la plus atroce ? En rire tout simplement. Il ne nous reste plus que ça lorsqu’on se bat pour survivre autrement qu’en faisant fonctionner ce juteux business qu’est l’alcool ou une certaine économie souterraine. Bon ok, je suis un tricheur car j’ai choisi tout à la fois. Pourquoi choisir quand on peut tout prendre ?

Et puis est-ce de ma faute à moi si l’Homme est fondamentalement mauvais ? C’est ancré en chacun de nous ce plaisir vicieux que procure parfois le fait de faire du mal à autrui, de se venger, c’est juste que c’est plus aigu chez certaines personnes qui ne s’en cachent pas le moins du monde. C’est proche de ce que Poe appelait le démon de la perversité dans la nouvelle du même nom. A l’extrême limite, je préfère un raciste qui s’assume qu’un qui se cache ; au moins, je sais qui j’ai en face de moi et comment le tacler. Voilà pourquoi je sors un peu de la bulle littéraire et musicale dans laquelle je m’étais enfermé et décide d’y consacrer un article. Et puis pour en parler, il faut bien s’y intéresser, creuser la question non ? Car prôner uniquement le culte du beau, du propre, et de la bienséance, c’est se leurrer et passer à côté d’une part de l’Homme non négligeable bien que tout à fait dégueulasse. J’aime farfouiller la merde et la faire remonter ; taper là où ça fait mal ; je sais, ce n’est pas très sain. Je demanderais à une certaine blonde en passe de devenir psy de m’analyser plus tard ; pour l’heure place au compte-rendu du spectacle puisque c’est aussi pour cela que j’ai décidé d’écrire cet article qui me trotte dans la tête depuis un moment.

Après être passé à côté d’une dizaine d’estafettes de CRS tous équipés pour casser du quidam au besoin- j’ai même vu un bus- nous nous engouffrons à l’intérieur. En attendant que Dieudo fasse son apparition, une caméra( la quenelle cam) filme quelques personnes dans le public qui se sente du coup obligé de faire ce signe devenu depuis quelques mois un véritable signe de polémique sous les applaudissements d’un public en délire. Quelques extraits de Métastases plus tard- son film sur le cancer- puis voilà que la bête immonde entre en scène. Les sketchs que j’y verrais me feront rire, malgré l’acoustique quelque peu merdique de la patinoire, et ce même si on est bien loin du niveau des précédents spectacles. Je ressens une certaine tristesse lors du remplacement de « chaud » par « frais » ananas. Le spectacle est plus soft que d’habitude et on sent que le type se retient ; tout le monde ici sait de toute façon très bien ce qu’il en est. Un point pour la go-pro spécialement mise en place pour les passages où il s’adresse aux huissiers dissimulés dans la salle qui en prennent « gentiment » pour leur grade. Un peu déçu que Patrick Cohen, Valls, et toute la clique n’en prennent pas plus dans la gueule mais la loi c’est la loi bordel ! Et quand tes gosses sont vraiment en danger, tu fais ce qu’il faut pour calmer le jeu. Normal. Mais bon, comme au nom de l’antiracisme on a le droit d’agresser des gosses qui n’ont que le tort d’être les progénitures d’un comique sulfureux sûrement pas dépourvu de talent mais en fin de parcours…Parce qu’il faut bien le dire, Dieudonné fait de son cheval de bataille la victimisation à outrance, le communautarisme, le fait de faire de la Shoah un business juteux, mais le type fait exactement la même chose avec la traite des noirs en flouant le public sur le sujet. Je préfère de loin ses sketchs sur d’autres sujets comme le cancer ou celui sur le cycliste par exemple qui sont parmi mes favoris. Pour les autres, c’est toujours le même sketch qu’il écrit et joue depuis dix ans agrémenté des quelques faits divers dans l’air du temps et de ses déboires avec la justice et certaines associations. C’est un peu le syndrome Sade qui a écrit la majorité de son œuvre en prison car il en remettait une couche à chaque fois ce qui lui permettait d’écrire ses saloperies « peinard ». Le serpent qui se mord la queue en somme. Ça passe quand même mais il en fait tellement trop là-dessus que ça en devient ennuyeux et prévisible en plus de nuire à sa crédibilité. Merci Soral…!  De plus, j’ai eu l’impression qu’il avait comblé le vide que représentait les passages retirés sous le coup de la loi et de l’humaniste qu’est Valls en reprenant mots pour mots ce qu’il raconte dans ses vidéos diffusées sur Youtube. Du coup, un peu déçu du spectacle. Un peu réchauffé au micro-ondes. Après l’intensité qu’a atteinte la polémique un peu partout en France et même au-delà des frontières, le spectacle paraîtrait presque fade et on se dit un peu : tout ça pour ça ?! Du Dieudonné édulcoré par le fascisme étatique… ? J’échange quelques mots avec le très sympathique couple( d’hommes…comme quoi…) assis à ma droite qui me paraissent plutôt vifs et indépendants d’esprit pour des trous du culs(comme le sieur Quinquis se plait à nous appeler).

LICRA

En sortant, j’ai le droit à un joli tract de la LICRA( Ligue contre le racisme et l’antisémitisme ; parce que les juifs ont droit à un truc juste pour eux ; de peur d’être mis dans le même sac simplement étiqueté racisme que les italiens, arabes, polonais, roms et autres ?) sur le pare-brise de la caisse qui m’explique que « Les racistes sont des gens qui se trompent de colère » M’voyez ?!  Sans déconner ?! Moi, tant qu’il me fait rire…pour le reste, démerdez-vous avec ! Et si je suis catalogué raciste, antisémite, ou tout ce que vous voulez, peu m’importe ! Je ne vous accorde de toute façon pas assez de crédit pour prendre votre avis en compte.

Je trouve absurde ce statut d’icône de la rébellion dont il se fait le chantre ; s’il l’était vraiment se serait-il auto-censuré pour pouvoir ramasser la caillasse des zéniths ? Non, il aurait joué dans un bus comme il y a quelques années ou quelque chose de ce goût là.  Plus ça prend d’ampleur, plus il y a de suiveurs, moins ça me plait. Ce qui m’horripile est que chacun y va désormais de son petit mot ; les psittacistes nourris à la bouillie médiatique qui se prennent pour des penseurs… Quelle horreur !

Et la quenelle ? Parlons-en. J’ai glissé ma première quenelle aux Eurockéennes de Belfort il y a deux ans à côté d’un gendarme relativement casse-couilles. Je me dis qu’heureusement que c’était il y a deux ans parce qu’aujourd’hui, c’était le coup de tonfa dans les boules ! Un salut nazi inversé ? Oh bah merde alors ! La sodomisation des victimes de la Shoah? Ouh ! BORDEL DE MERDE… ! Je n’y avais jamais pensé avant qu’ils essayent de me foutre ça dans le crâne. Heureusement que c’est déjà bien rempli, sans quoi ça aurait peut-être pu rentrer.

Je ne suis du côté de personne. Bien que l’humoriste me fasse rire, toute son idéologie, je m’en tamponne le coquillard ! S’il est vrai que certaines idées véhiculées par Soral&Co sont tout bonnement nauséabondes et ne sont que sophismes, je pense qu’il suffit de ne pas être un mouton et de savoir faire la part des choses pour ne pas tomber dans le piège. Il n’y a aucune parole d’Evangile pour moi, d’un côté comme de l’autre. Je comprends que pour des esprits sans grande réflexion, des types du genre puissent être dangereux mais est-ce mon problème ? Je ne le pense pas. Bien sûr il m’est arrivé un certain soir, au cours d’un récent tour à Metz, de pousser la chansonnette interdite sans avoir cotisé(anataxe) mais uniquement dans un esprit de camaraderie éthylique.

Je conclurais en citant un extrait d’un poème du grand Bukowski particulièrement adaptée :

« c’est ce genre de guerre:
créer tue,
beaucoup deviennent fous,
quelques-uns perdent le Nord
et ne le retrouvent plus jamais.
quelques-uns deviennent vieux.
quelques uns gagnent de l’argent.
certains meurent de faim (comme Vallejo).
c’est ce genre de guerre:
des victimes partout. »

Allez les gens…On reste camarades malgré tout ou vous êtes déjà en train de préparer le goudron et les plumes ?


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