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6/02 Un Président Européen de combat ?

Publié le 06 février 2014 par Jorge
6/02 Un Président Européen de combat ?
M. Van Rompuy a été le premier Président du Conseil, poste crée par le Traité de Lisbonne en 2009. Difficile de porter un jugement tranchant sur lui alors qu'il était entouré des chefs d'États nationaux, qui se sont gardé le véritable pouvoir de décision et en concurrence avec le Président de la Commission : Barroso.
Surtout, la volonté des chefs d'état de maintenir intact leur pouvoir de décision a permis de voir se développer une forme d'exécutif peu efficace et surtout incapable de poursuivre une voie essentiellement Européenne : les chefs d'État ont, jusqu'à présent, tous, joué le rôle de défenseurs des intérêts de leur pays et seulement accessoirement de l'Union.
Si la Cour de Justice Européenne et la Banque Centrale Européenne bénéficient d'une autonomie plus ou moins étendue, il n'y a pas d'équilibre de l'Union proprement dite entre le pouvoir exécutif, exercé aujourd'hui par le Conseil (chefs des États), même si c'est en sous-main et un parlement qui n'a pas de droit d'initiative des lois et est réduit pour beaucoup à un rôle « consultatif »
Certes, ces problèmes ne peuvent trouver une véritable solution sans une révision des traités et, pour l'heure, la volonté de faire pleinement l'Europe, ne domine pas.
Pourtant, dans un ciel qui s'assombrit pour l'entité, devant une zone Euro qui ne finit pas de stabiliser sa situation, face à un chômage considérable, à des inégalités croissantes, à des peuples européens de moins en moins confiant dans l'Union Européenne, le temps joue contre l'immobilisme et le statu-quo.
Le Président du Conseil est élu pour deux ans et demi, renouvelable une fois. M. Van Rompuy ayant été renouvelé en mars 2012, il lui faudra un successeur fin 2014.
Le hic est que cette fonction est pourvue selon une procédure de conciliabules plus ou moins secrets entre les chefs d'État, procédure qui est tout sauf démocratique. Et fait du nouvel élu le « prisonnier » des chefs d'État nationaux.
Seule une pression citoyenne forte et globale à toute l'Europe aurait une (petite) chance d'obliger à corriger cette situation absurde et de permettre, idéalement, soit l'élection du Président du Conseil par le Parlement, soit son élection au suffrage universel direct. L'objectif est ainsi d'avoir un exécutif 100 % européen (qui supposerait la fusion de Président du Conseil et de Président de la Commission) ayant donc seulement un Président Européen, de gros calibre et de combat ; un Conseil des États pour défendre les intérêts particuliers de chacun (une sorte de Sénat) et un parlement statutairement capable de jouer ses rôles classiques d'initiative des Lois partagée avec l'exécutif, de discussion législative générale, budget compris et de contrôle de l'exécutif.
Un premier pas serait de cesser de voir cette Présidence comme la deuxième vie des anciennes gloires nationales et de permettre l'émergence d'hommes neufs et indépendants et avec la force de caractère requise pour jouer un tel rôle au bénéfice des 505,7 millions d'Européens que nous sommes (au 1 janvier 2013).
C'est un nécessaire et long combat à mener par les citoyens européens pour tenter de remettre à l'endroit notre bien commun, qui actuellement marche sur la tête.
Peut-être verrait alors les citoyens européens reconnaître l'Europe comme leur maison et revenir vers ce rêve que les égoïsmes locaux ternissent chaque jour un peu plus.
©Jorge

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