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Mic-mac politique

Publié le 12 mai 2008 par Tanialoue

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé comment ces attaques avaient vraiment commencé. Mais aussi comment s’organisait la politique au Liban ? Pourquoi il n’y avait pas de président ? Des questions auxquelles je ne peux apporter que des éléments réponses.

Alors, je vais plutôt essayer de vous présenter la politique libanaise ! Je ne suis pas pour tel ou tel parti, car à chaque fois qu’une remarque fuse contre l’un, je cherche un point positif. De plus, ne vous attendez pas à un article très exhaustif, pour cela il faudrait que je fasse une thèse !

Concernant la politique libanaise, il faut bien intégrer une chose : elle est reliée de (très) près à la religion. Donc nous avons, les chrétiens, les chiites, les sunnites et les druzes, qui sont les quatre principales religions du pays. Donc au moins quatre partis ! Non on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Bon comparé à la France où plus de 10 partis se présentent à une élection présidentielle, c’est assez dérisoire. Mais ça se complique…

Il y a deux mouvements : celui du 8 mars et celui du 14 mars qui représentent les attaches avec la Syrie des différents partis. En effet, en 2005, au moment de la révolution du Cèdre, le Liban se coupe en deux, politiquement parlant.

Les pro-syriens : le mouvement du 8 mars.

Il est principalement mené par le Hezbollah, parti chiite né d’une scission avec Amal. Dirigé par le charismatique Hassan Nasrallah, il est le parti de l’opposition par excellence. Mais, au risque d’en décevoir plus d’un, il n’est pas forcément considéré comme une entité terroriste. Certes, les partisans sont armés, et même très bien armés. Certes, en ce moment, ils se battent contre leurs compatriotes. Mais pour beaucoup de libanais, il représente un véritable parti politique. Et son armée, solide, a d’ailleurs permis de repousser l’invasion israélienne durant l’été 2006. De plus, l’argent récolté par les dirigeants, grâce notamment à l’Iran et à la Syrie, est rapidement allé aux victimes de la guerre. Aux yeux des chiites, et même de quelques chrétiens, le Hezbollah est un parti qui fait attention à ses compatriotes… sauf peut-être en ce moment !

A leur côté, il y a le courant Amal, également un courant chiite, dirigé lui par Nabih Berri, le président du Parlement. Ce dernier avait décidé, en 1978, que Amal s’allierait à la Syrie et prendrait les armes pendant la guerre civile. En ce moment, il est à la Une de l’affiche aux côtés du Hezbollah.

Autre parti qui fait l’actualité, un peu, le Parti démocratique. De confession druze, ce petit parti est dirigé par Talal Arslan.

Du côté des chrétiens, le mouvement du 8 mars est représenté par Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre. Allié également au Hezbollah, il a assuré que les chrétiens seront protégés grâce à un accord d’entente entre ces deux partis… Les Maradas, quant à eux, sont une ancienne milice qui officiait pendant la guerre civile, et qui est maintenant alliée à Michel Aoun.

Les anti-syriens : le mouvement du 14 mars

En face, il y a ce que l’on appelle la majorité, ou le courant du 14 mars. Mais attention, cette majorité ne représente pas forcément la majorité des libanais ! Voilà donc pourquoi cela coince si souvent.

Vous avez le fils Hariri, Saad. Sunnite, il est le président du Courant du futur, le principal parti de la majorité, depuis la mort de son père, en février 2005. Autour de moi, peu de libanais ont de l’estime pour Saad Hariri. Pour eux, il n’est présent sur la scène politique libanaise que pour son propre intérêt et se fiche bien de ce qu’il peut arriver aux siens. En revanche, son père était apprécié par beaucoup de Libanais, même certains chiites l’estimaient. Il avait en effet instauré un certain climat de paix au pays du Cèdre et stabilisé le pays politiquement et économiquement. Il avait redonné confiance aux investisseurs. Même s’il ne faut pas oublié qu’il trempait dans quelques magouilles.

Autre figure du 14 mars, et qui fait l’actualité en ce moment : Walid Joumblatt, de confession druze et chef du Parti socialiste progressif, qui a eu la bonne idée de provoquer Hassan Nasrallah à la veille d’une grève générale.

Côté chrétien, il y a encore deux partis : Kataëb et les Forces libanaises. Les Kataëb, ou encore appelé les phalangistes, sont présidés par Amine Gemayel, ancien président de la république. C’est le parti qui a certainement le plus participé et œuvré pour l’indépendance du Liban, en 1943. Ils ont récemment fait l’actualité parce que deux responsables ont été assassinés à Zahlé, dans la Bekaa, à l’Est du pays.

Enfin, les Forces libanaises sont dirigées par Samir Geagea. Ce parti a joué un rôle majeur pendant la guerre civile libanaise de 1975-1990, mais il a été interdit en 1994, après l’arrestation de Geagea, accusé d’avoir organisé un attentat contre une église qui a fait dix morts. Il fut amnistié en 2005.


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