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Et aujourd’hui??

Publié le 08 mai 2008 par Tanialoue

Après la journée d’hier, celle d’aujourd’hui ne pouvait être que tendue. Eh bien ce fut le cas. Enfin, un peu. Dans les rues, personne. Moi qui me plaignait du bruit il y a quelques temps, j’en viendrais presque à me plaindre de ce silence qui est tout, sauf naturel. Pourtant je ne ressentais pas de tension dans l’air. Mais peut-être était-ce la chaleur du soleil sur mon visage qui perturbait mon sixième sens.

Pourquoi je parle au passé ? Eh bien, la chaleur du soleil laisse maintenant place à la fraîcheur de la soirée. Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a réuni les journalistes à 16h (locales) pour s’expliquer sur son geste, à savoir la prise de l’aéroport. A partir du moment où tout le monde a su à l’heure à laquelle cette conférence de presse se tenait, la tension est montée. J’avais une interview à 15h. Quand je suis arrivée, la première chose que mon interlocuteur m’a dite fut : « vous devez être folle pour venir aujourd’hui à cette heure-ci ? » Ah, peut-être, je ne sais pas. Il me prévient, « à 16h au plus tard nous évacuons les lieux ». Ok. Pas de problème. Du coup, je décide de rentrer à pied, pour mieux me rendre compte de la situation.

Les rues sont toujours aussi désertes, cela en devient déconcertant. Seuls des militaires armés de mitraillettes sont postés aux quatre coins des rues sur leurs chars. Rien de surprenant. Il y en a tout le temps. En revanche, la première surprise de ce début de soirée est venue d’un défilé de chars. Je crois que je n’avais jamais vu autant d’hommes armés : huit chars avec mitraillettes et des fantassins dessus sont passés dans les rues suivis par quelques camions pleins de militaires. Cela surprend beaucoup sur le coup. Mais c’est pour notre sécurité… alors !

Me voilà chez moi. Le discours d’Hassan Nasrallah se poursuit. Je décide alors d’aller faire des courses. Oui je sais c’est pas le moment. En même temps, au lieu de rester devant la télé à regarder un programme que je ne comprends pas, je préfère voir l’ambiance des rues. Elle est nulle ! Dans les rues, seule raisonne la voix d’Hassan Nasrallah, comme une messe, tout le monde écoute.

Je décide alors d’aller vers le Centre ville, près de la BNPI. Je me fais arrêter par tous les militaires de la rue (tous les 20 mètres) qui me conseillent de rentrer chez moi. Moi pas inquiète, peut-être un peu idiote aussi, je leur dit que j’habite par-là (vers les chars et à l’opposé de chez moi, en fait), et comme j’ai mon petit sachet du supermarché, il me laisse passer.

Je me dirige donc vers ces fameux chars. Jusqu’à ce que je sois stoppée nette par une fumée blanche qui apparaît au loin. Des coups de feu raisonnent. Je commence à être habituée aux coups de feu. Mais c’est la fumée blanche qui me surprend et me fais peur. Si elle était noire, ce ne serait que des pneus, mais elle est blanche. Qu’est-ce-qui brûle ? Obsédée par l’idée d’y aller et de savoir, je m’avance. Mais le manque de protection corporelle et mon sac Spinneys à la main me rappellent qu’il vaut mieux que je rentre chez moi. Je prends quelques photos de loin. Tout le monde me propose de me ramener, gratuitement. Il ne faut pas que je reste là, tel est le mot d’ordre. Je prends alors un service. Arrivée chez moi, Hassan Nasrallah parle toujours. Il est 17h30 quand il termine son discours. A la seconde où il a dit « masa el-kheir » (bonsoir), des coups de feu et autres bruits sourds ont raisonné dans la capitale. La soirée risque de s’annoncer bruyante…


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