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Hollande et l'explosion de sa majorité.

Publié le 25 février 2014 par Juan

Hollande et l'explosion de sa majorité. François Hollande aurait tort de l'ignorer.

Où est passée sa majorité du 6 mai 2012 ? Après l'opposition de "vrauche", les états d'âmes écologistes, les râles des uns, les cris des autres, voici que les protestations viennent de l'intérieur.


Socialistes
Plusieurs élus socialistes ne digèrent pas le tournant libéral pris par François Hollande. Ils l'écrivent.
C'est nouveau.
Il y a quelques jours, un sénateur socialiste, marqué par sa libre parole, a raillé frontalement l'objectif fondamental fixé par François Hollande pour la fin du quinquennat.
Non sans quelque ironie: "A ce stade, il faut saluer l'habileté tactique du Président qui a su imposer son agenda et reprendre ainsi la main." Le titre de son billet de blog était déjà  éloquent: "Un Président habile, presque trop habile". Gaëtan Gorce précise: "Mais il est surprenant de voir tant de responsables et de commentateurs le prendre aussi au mot et s'inquiéter des conditions de la mise en œuvre de ce grand projet.....puisqu'il n'a pas été conçu pour l'être." Cette politique de l'offre ne serait-elle qu'un leurre ? Le redressement des comptes publics serait-il impossible ?
"Le président n’a ni les moyens, ni plus encore la volonté de dégager 50 milliards d’économies supplémentaires . (...) Social-démocrate, le président appartient toujours à la gauche et n’a nullement l’intention d’infliger au pays une diète supplémentaire. Le voudrait-il, il sait que celui-ci ne le supporterait pas. Il s’agit donc d’un leurre visant à enfumer la Commission avec laquelle la France a rendez-vous en avril
L'argument surprend.
Gorce retient que cette option hollandaise risque de "devenir source de malentendu et de susciter l'opposition farouche de tous ceux qui, à gauche, n'auront pas vu le sens de la manœuvre".
Ecologistes
Il peut-être encore trop tôt pour évaluer les conséquences politiques de la manifestation nantaise contre la construction de l'aéroport de Notre Dame Des Landes, ce 22 février. Les dérapages lacrymogènes et les saccages qui ont pollué le déplacement, ont déclenché une salve de critiques de quelques hiérarques socialistes contre Europe Ecologie Les Verts et ses responsables. Lesquels s'interrogent d'ailleurs sur leur participation à un gouvernement qui a choisi la politique de l'offre comme ligne d'horizon.
Samedi, les violences qui ont suivi la manifestation contre l'aéroport ont conduit Jacques Auxiette, le président socialiste de la région, à s'interroger sur la participation d'EELV au gouvernement: "La question sera posée dès lundi" .
Le premier-ministre lui-même en a rajouté une couche, dimanche. "Ces violences sont inacceptables dans un état de droit. Tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la Zad, organisateurs délibérés de ces violences. (...) EELV doit  sortir de l'ambiguité."
Lundi, on en rajoute. L'éditorialiste du Monde Françoise Fressoz résume l'affaire: "A l'approche des élections municipales, Cécile Duflot s'en est servi comme d'une arme pour se démarquer  du premier ministre. Dans la foulée, l'ancienne patronne d'Europe Ecologie les Verts a aussi attaqué  la politique économique qu'il conduit sous la responsabilité de François Hollande. Elle a critiqué le  pacte de responsabilité dont elle conteste la logique autant que l'orientation, en espérant que les électeurs écologistes sauront faire la différence."
Est-ci si grave ? Jean-François Copé saisit l'occasion, le matin sur France Info: c'est à Ayrault de sortir de l'ambiguïté et de virer Duflot. Les Verts, explique-t-il en substance, sont cohérents. Pour le coup, il a raison. Les élus EELV savent pourquoi ils sont là, comment ils sont là. Leurs propos gênent le PS.
Hollande
Le président complote et consulte. Il paraît qu'il a fort à faire. Qu'il veut remanier. Chacun y va de ses pronostics. Stéphane Le Foll, Jean-Yves Le Drian, Ségolène Royal, Jacques Attali, Jean-Pierre Jouyet et même Julien Dray, beaucoup de noms, peu d'intrigues. Le remaniement serait pour bientôt, après les municipales.
Conjectures médiatiques.
Quoiqu'il pense, Hollande est coincé. L'alliance avec EELV est la seule qui lui conserve un semblant de gauche plurielle au gouvernement. Pour 2017, l'actuel président pense déjà à son premier tour.

"Les ministres écologistes sont de bons ministres" par Europe1fr

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