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La rue Blanche

Publié le 06 mars 2014 par Paniervolant

J'étais à Londres depuis plus d'un mois et cette ville me semblait sans âme, je fréquentais du beau monde, j'étais logée dans les beaux quartiers chez un ami dont la gentillesse, la personnalité ne pouvait que me réjouir, il avait une telle notoriété dans son pays natal où il faisait la une des journaux, mais tout cela ne me comblait pas pour autant.
J'aimais écouter ses histoires d'enfance, lorsqu'il habitait un village, réveillé par la chant du coq il se rendait à l'école, déjeuner en main, traversant un semblant de jungle avec toutes sortes d'animaux........
Mais à force d'inactivité je m'ennuyais et Larry me poussait à faire du mannequinat ou du théâtre.
Je manquais hélas d'assurance pour avoir l'audace de suivre ses conseils.


Je décidais finalement de retourner à Paris en évitant le ferry.
A cette époque l'Eurostar n'existait pas, et l'idée d'un tunnel sous la manche n'était qu'une utopie.
Je décidais donc de rentrer en aéroglisseur.
J'avoue que ce voyage fut très rapide et surtout il n'y avait aucune sensation désagréable comme la précédente traversée en ferry.
Je regrette d'ailleurs la disparition de ce moyen de transport, avec l'arrivée de l'Eurostar.


De retour à Paris je contactais quelques amis.
L'un d'eux, le gentil Jean-Pierre, proposa de m'héberger, sans condition ni limite, alors que j'étais fauchée et sans emploi. Je venais de m'installer au n° 72 de la rue Blanche Paris 9ème.
Comme Je me sentais redevable de sa grande générosité, dès qu'il se rendait à la boutique où il était responsable, située rue du Faubourg Saint Honoré, je me transformais en femme d'intérieur pendant son absence, et lui était ravi de trouver de bons petits plats en soirée.
Il m'appelait sa jeune fille au pair, nous invitions souvent des amis à diner, mais je ne rêvais que d'une chose, me trouver un emploi, et dans le milieu de la mode.
Comme il avait un job chez Ted Lapidus, j'avais un mince espoir de pouvoir y faire mon entrée.
Hélas, cela n'arriva pas puisque Jean-Pierre, qui allait devenir bien plus tard le bras droit d'Emmanuel Ungaro, n'était pas encore un personnage suffisamment influent dans ce milieu.


Je me contentais donc des dîners et sorties entr'amis, des ballades aux Puces de Clignancourt le week-end, où Jean-Pierre me constituait une garde-robe vintage.
Elle était belle la vie, mais trop facile et vide à mon goût, linéaire malgré toute cette gentillesse à mon égard.
Finalement un jour Jean-Pierre me présenta un ami japonais, Tokio, il était styliste et travaillait pour une petite société de prêt-à-porter. Nous dînions et sortions souvent ensemble.
Je ne savais pas encore qu'il allait devenir par la suite l'assistant de Kenzo, et bien plus tard, l'un des plus fameux jeunes créateurs de chaussures et maroquinerie de l'époque, TOKIO KUMAGAI, avant d'être emporté par cette terrible maladie dont on commençait à parler, dans ces années là.
Je garde le souvenir de Tokio, qui aimait danser les yeux fermés, sur les tubes de Marvin Gaye, tel que What´s going on !!!
Pour en revenir à la période où Jean-Pierre m'avait présenté Tokio, il me proposa de l'aider pour le Salon du prêt-à-porter de la Porte de Versailles.
Folle de joie j'acceptais, et il me présenta sa patronne.
J'allais tenir le stand au salon du Prêt-à-porter, en qualité de commerciale et en portant les vêtements de la collection, moitié commerciale, moitié mannequin.
J'étais heureuse d'avoir cette nouvelle expérience dans le milieu de la mode, trop éphémère hélas, mais qui me déterminait sérieusement à vouloir continuer dans ce domaine.
Je ne savais pas réellement comment m'y prendre pour aboutir à quelque chose de concret pour me trouver un job dans la mode et je finis par déprimer à l'idée de me replonger dans un poste de secrétariat.


Larry de passage à Paris me proposa de l'accompagner à Milan pour une semaine, où il se rendait pour travailler sur une série de romans-photos.
J'allais découvrir l'Italie avec joie, Milan et la magnifique ville de Florence où nous avions séjourné une semaine avec des amis italiens.
Je ne savais pas encore que ce pays allait être le point déterminant de ma future carrière.


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