Magazine Sexo

Tout savoir sur les seytoys - Le guide

Publié le 22 avril 2008 par Neoplaisir

Sexotherapeute, passionné de sexologie, Alain Héril vient de publier Les continents féminins, voyage au cœur du plaisir féminin, aux éditions Jean-Claude Gawsewitch. Collaborateur régulier de Psychologies magazine, de l’émission de RMC, Lahaie, l’amour et vous, ainsi que de l’émission On n’est pas que des parents, sur France 5, Alain Héril est également formateur et enseigne à l’université. Vous pouvez le retrouver sur son site : http://www.alainheril.com

 

Alain Héril a gentiment accepté de répondre à nos questions à propos des sextoys.

     

Neoplaisir : Le sextoy un ami qui vous veut du bien ? 

Alain Héril : Oui, à priori le sex toy n’a d’autre vertu que la facilitation à l’accès au plaisir ! C’est un plus qui permet d’installer une dimension ludique dans la sexualité que celle-ci soit vécue seul(e) ou à deux.

 

 

Le sextoy peut-il être vécu par l’homme comme un rival ?

Chez certains hommes oui le sex toy est un rival. Mais cela dépend de la façon dont est perçue la sexualité. Si l’homme vit son rôle sexuel dans la seule domination et la seule affirmation de sa puissance, l’objet en question apparaitra comme dangereux. Car il verra le sex toy comme un phallus plus puissant que son pénis !

 

 

Comment introduire les sextoys dans une relation de couple ? Et si oui, comment une femme peut-elle aider son partenaire à accepter ce second compagnon ? 

Il ne s’agit pas de concevoir le sex toy comme un intrus ! En fait ce qui est en jeu c’est la manière dont le couple conçoit sa sexualité. Si celle-ci est joyeuse et inventive la question du sex toy ne se posera pas de façon compensatoire mais comme un plus indéniable. Ce qui répond à la deuxième question. Le sex toy n’est pas un second compagnon, il est un jeu qui ne vient pas remplacer le partenaire mais enrichir la relation.

 

 

Qu’est-ce que les sex toys peuvent apporter dans la sexualité d’un couple ?

De la fantaisie principalement. D’autant que le sex toy moderne ne ressemble plus au godemiché d’antan ! Il est surprenant, parfois étrange et…toujours efficace ! C’est, d’ailleurs, cette « efficacité » qui semble poser problème à certains hommes…

 

 

Et dans la sexualité d’une femme ? 

La masturbation féminine reste encore un tabou malgré toutes les avancées faites ces dernières années dans notre société occidentale. Je le constate dans mes consultations sexothérapeutiques individuelles en constatant les difficultés de mes patientes à accepter la dimension du plaisir solitaire. Le sex toy peut, de ce fait, permettre de dédramatiser certaines situations et faire découvrir de manière simple la possibilité d’un plaisir fort et agréable.

     

On dit souvent que les sextoys peuvent aider les femmes à découvrir leur corps. Mais n’est-ce pas vrai aussi pour les hommes et par exemple pour le plaisir anal ? Le sextoy ne peut-il pas aider à faire tomber certains tabous ?

Je ne pense pas que les sextoys aident les femmes à découvrir leur corps. Ils les aident à comprendre et à accepter leur plaisir voire leur désir. Le corps est une affaire de rencontre particulière et, je pense que l’acceptation de son corps, voire l’amour de celui-ci passe par l’acceptation de la possibilité de la rencontre avec l’autre.

Mais, dans le même temps, le sextoy permet de découvrir des espaces corporels de plaisir parfois insoupçonnés. Et cela est vrai pour les hommes et le plaisir anal.

Les tabous peuvent tomber ainsi, certes. Car accepter d’utiliser un sex toy, que l’on soit un homme ou une femme, c’est accepter de jouer avec soi-même et ses sensations et de s’accepter comme être de jouissance. C’est abandonner la « dictature » de la pensée et des règles.

   

Hors cas pathologiques, pensez-vous qu’il puisse y avoir une addiction aux sextoys ?   

Le terme addiction laisse entendre une pathologie. Ce n’est pas le sex toy qui va créer la pathologie mais l’organisation psychique défaillante de la personne.

Hors pathologie donc, le « risque » est que le sex toy puisse entraîner une impossibilité totale de rencontre avec un ou une partenaire et qu’il remplace totalement la rencontre et l’échange émotionnel de peau à peau.

 

 

Comment se fait-il que les sextoys soient beaucoup moins utilisés dans la sexualité des Françaises et des Français, contrairement aux pays anglo-saxons ? 

 

Je pense que la culture française est surtout une culture de la pensée et de l’écrit. Cela a donné de belles choses et permis certaines grands avancées spirituelles mais le corps est souvent absent de nos préoccupations ! Rappelons-nous la phrase de Descartes : « Je pense donc je suis ! ». Elle résume cela.

Nous aimons penser et disséquer la sexualité et le rapport au corps mais nous ne sommes pas les partisans farouches de la miser en acte. Surtout sur le terrain du plaisir. « Le Français est un Italien qui fait la gueule », disait Jean Cocteau. Là encore cette phrase dit tout !

Le sex toy n’est-il pas devenu un gros enjeu commercial ?   

C’est indéniable ! L’essor des sextoys laisse entendre que bientôt nous pourrons en acheter en supermarché ! C’est la marque de la société consumériste dans laquelle nous sommes. Il faut faire avec et, surtout, être vigilants pour ne pas se laisser entraîner dans une sexualité standardisée et contrôlée par le marché !

 

Vous est-il déjà arrivé, dans votre pratique, de conseiller l’utilisation de sextoys. A des femmes ? A des couples ? Et pourquoi pas à des hommes ? Si oui, pouvez-vous préciser un peu votre réponse et nous dire dans quels cas.  

Je ne conseille jamais directement l’utilisation de sex toys. Ce qui serait un peu trop « intrusif ». Par contre je peux conseiller à mes patientes d’aller « jeter un œil » sur des sites de vente de sex toys. Ensuite c’est à elle de jouer en fonction de ce que cela suscite en elles !

Je fais la même recommandation à des couples.

C’est plus délicat avec les hommes seuls car ils ne sont pas toujours prêts à cela. L’idée d’un plaisir anal obtenu par des objets dits coquins renvoie beaucoup à une dimension homosexuelle, parfois, inacceptable. Mais je ne perds pas l’idée d’y arriver. Il faut juste laisser un peu de temps au temps…

Les cas où je parle de ces sites sont : la difficulté à se masturber, l’absence de désir, le vaginisme ou un besoin de réparation après une épisiotomie ou, parfois un traumatisme sexuel… Le sex toy devient, alors un « compagnon » moins effrayant qu’un partenaire pour retrouver le chemin du plaisir

 

Existe-t-il des contre-indications pour l’utilisation des sextoys ?   

Il n’y a aucune contre-indication ! A partir du moment où l’on respecte les règles simples d’hygiène je ne vois pas en quoi un sex toy peut être dangereux pour la santé.

 

 

alain heril


Alain Héril

Psychothérapeute

Sexothérapeute

 

Les continents fémininsAuteur de :

Dictionnaire des fantasmes érotiques, Editions Bernet-Danilo

La sexothérapie, Editions Bernet-Danilo

Journal d’un sexologue, Editions Le Courrier du Livre

Les continents féminins, Editions Jean-Claude Gawsewitch


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Neoplaisir 121 partages Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines