Aujourd'hui, j'ai testé –vendre sur un vide-grenier

Par Ajdjaiteste

Vous avez peut-être remarqué que cette semaine, je n’ai pas publié de nouvelles recettes… C’est parce que j’ai été bien occupée par les derniers préparatifs pour organiser le premier vide-grenier de ma vie.

C’est bête mais quelque part, c’est un truc qui attirait un peu mon attention. À chaque fois que je voyais, dans un film ou une série, des familles américaines exposant leurs jouets et autres objets inutilisés dans/devant le garage de leur maison, proposant en complément des verres de limonade maison, je me disais qu’en plus d’être utile, ça devait être un truc sympa à faire.

Eh bien, aujourd’hui j’en ai fait l’expérience et j’en suis bien contente. Pour proposer aux passants et chineurs des choses dont nous voulions nous débarrasser, Maman, Monsieur et moi avons réservé, il y a environ un mois, 4 mètres linéaires, pour un total de 24 euros.

L’organisateur ne fournissait rien et ne prévoyait pas de reporter l’événement en cas d’intempéries… Nous n’avions ni bâches ni tente, donc autant vous dire qu’à l’arrivée du printemps, avec ses fameuses giboulées de mars, et avec les changements climatiques de ces dernières années, la météo était une inconnue un peu stressante…

Mais nous avons eu un temps magnifique, une place de choix et tout s’est très bien passé ! Au cours de la journée, Monsieur m’a suggéré d’en faire un article. J’étais plutôt sceptique au départ –c’est effectivement une nouvelle expérience pour moi, mais qu’est-ce que cela allait apporter aux lecteurs… ?– puis je me suis dit que, finalement, quelques observations sur notre journée pourraient éventuellement être utiles aux gens qui hésiteraient ou, comme moi il y a peu, aimeraient se lancer. Commençons donc par un petit bilan.

Qu’est-ce que j’ai gagné lors de cette journée sur un vide-grenier ?

  • Une nouvelle expérience. J’avais raison : c’est vraiment un truc à faire au moins une fois dans sa vie. On voit de tout –je parle autant des articles que des exposants et du public–, on développe ses capacités commerciales, on discute et on rigole avec ses collègues vendeurs.
  • De la place chez soi et des visiteurs contents. On fait plaisir aux gens qui viennent faire des affaires, et en plus on libère des placards et étagères pour faire place nette. S’il fallait choisir un mot d’ordre pour décrire le vide-grenier, ce serait gagnant-gagnant !
  • Une belle cagnotte… En vendant manteau, anoraks, autres vêtements et accessoires, petit électroménager, un peu de vaisselle, électronique et surtout DVDs qui avaient fini par nous encombrer, à nous trois, nous avons enregistré un beau chiffre d’affaires de… 450 euros ! 
  • Un coup de soleil sur le nez et mal aux jambes ! Mais c’est dû à quelques lacunes dans l’organisation. Lisez un peu plus bas et cela ne vous arrivera pas ;)

Tout ça en échange de quoi ?

  • Un investissement financier. Oui mais vraiment modéré. Si je ne me trompe pas, la location de l’emplacement nous a coûté 5,33% de notre recette. Franchement, à 6 € le mètre linéaire, ça vaut vraiment le coup. Attention, à moins que cela ne se passe juste devant chez vous, n’oubliez pas d’ajouter l’essence pour connaître l’investissement total.
  • Beaucoup d’organisation. Autre mot d’ordre, incontestablement. Il faut vraiment penser à tout, bien à l’avance, se répartir les tâches autant que possible et surtout bien se coordonner.
  • Du temps, évidemment. Il y a les heures passées sur le stand bien sûr, mais aussi les heures de sommeil sacrifiées car la journée démarre vers 5 heures. Et, en amont, tout le temps passé à trier, laver ou astiquer, éventuellement repasser et plier, lister, estimer, étiqueter, empaqueter, déballer, …

Vous l’aurez compris, si vous êtes prêt(e) à faire un petit effort, ça vaut vraiment le coup. Poursuivons ce petit débrief par quelques conseils et éléments marquants. 

1. Le rétroplanning

Je conseille de s’y prendre plusieurs mois à l’avance car a) sur certains vide-greniers, les emplacements partent très vite et b) cela vous donnera plus de temps pour mieux vous organiser et ne pas finir par être débordé(e).

Il reste toujours quelque chose à faire, un objet à rajouter (parce qu’il est nouveau ou qu’on n’y a pas pensé avant), donc autant commencer à se préparer très tôt. Essayer de penser à tout ce que l’on pourra proposer dès que possible, puis le noter quelque part pour éviter d’oublier. Puis s’attaquer au tri et regrouper le matériel nécessaire au moins trois semaines à l’avance.

Enfin, pour être plus efficaces et éviter les malentendus, définissez bien les rôles et objectifs de chaque participant –il vaut mieux être plusieurs, pour pouvoir faire des roulements, s’occuper de plusieurs clients en même temps, et pour palier un quelconque empêchement. N’oubliez pas de faire un point avec eux quelques jours avant le vide-grenier, puis dans la matinée de la veille.

Étudiez votre itinéraire de route et prévoyez une bonne marge –un accident puis des bouchons sont vite arrivés–, vérifiez vos pneus et faites le plein d’essence. Chargez votre véhicule la veille, tranquillement, pour que tout rentre bien sans s’abîmer. Le lendemain matin, vous n’aurez plus qu’à brancher la clef de contact. Dans l’idéal, il est bon de pouvoir disposer d’un véhicule alternatif en cas de panne subite. Vous pensez que c’est peut-être exagéré… Rappelez-vous Murphy. Ce n’est pas du pessimisme mais de la prévoyance :)

2. Le tri

Anticipez votre ménage de printemps et videz tous vos placards, dressings, étagères, caves… et greniers. Ensuite, a) Re-rangez ce que vous voulez conserver –vous découvrirez peut-être des choses sympa que vous aviez oubliées ; b) Séparez les vêtements, accessoires ou autres objets de valeur ou assez demandés pour les mettre en vente sur internet (sur Le Bon Coin, Price Minister, Ebay, …) ou dans des commerces près de chez vous ; c) Sélectionnez tout ce qui vous semble inutile, soit parce que vous en avez déjà bien profité, soit parce que vous ne l’avez jamais utilisé.

D’après notre expérience, les DVDs, vinyles et livres, ainsi que l’électronique, la vaisselle et les vestes/manteaux/anoraks se vendent bien –à condition qu’ils soient en très bon état et à un bon prix, bien sûr. Les articles les plus difficiles à écouler sont sans doute les chaussures. Les vêtements qui ne peuvent pas s’essayer sont également assez difficiles à vendre, mais sachez qu’ils attirent davantage le regard pliés sur la table que sur cintre –j’ai testé !

Dans un tableau, Excel ou manuscrit, listez tous les items. Référencez votre prix initial puis le prix minimum auquel vous accepterez de vendre chaque article. Rajoutez une colonne vide pour le prix de vente réel, et éventuellement une colonne de remarques, pour des mentions du style “recoudre le bouton”, “enlever la colle laissée par l’étiquette”, etc. Ce tableau vous permettra de ne rien oublier et d’établir une fourchette pour estimer vos futurs gains.

Étiquetez chaque article individuellement et/ou prévoyez des bacs où vous afficherez le prix du lot ou de l’unité. Ainsi, chaque visiteur connaîtra le prix que vous proposez –les plus timides auraient peut-être hésité à vous poser la question, les plus déterminés n’hésiteront pas à négocier. En plus, ce sera très utile en cas de forte affluence.

En attendant le jour J, entreposez vos articles de façon à ne rien abîmer et de manière pratique, tant pour le trajet que pour le déballage. Regroupez tous vos cartons/boîtes/sacs pour ne rien oublier.

3. Le matériel d’exposition

Portants et cintres, boîtes ou caisses, tables et chaises pliantes ou planches, tréteaux et petits tabourets, sans oublier tente ou parasol et bâche(s) pour pouvoir affronter le temps, quel qu’il soit. Vous serez sûrement amené(e) à modifier au fur et à mesure la disposition de vos objets en vente, prévoyez donc autant de matériel d’exposition que possible. Pensez bien à apporter des feutres et étiquettes supplémentaires pour pouvoir baisser vos prix au cours de la journée.

Ne pensez pas qu’à votre marchandise : les vendeurs sont aussi importants ! Pour éviter mal de dos/pieds/genoux, prévoyez quelque chose pour vous asseoir. J’avais pensé à demander à nos voisins s’ils pouvaient nous prêter 1 ou 2 tabourets pliants (car nous n’en avons pas), puis j’ai oublié et nous nous sommes retrouvés debout toute la journée… Mauvais plan !

4. Les autres indispensables

- Le reçu ou bulletin délivré par l’organisateur.
- Pour vos clients, des sacs en papier et/ou en plastique de plusieurs tailles, ainsi que du papier bulle/journal pour protéger les objets fragiles.
- Beaucoup de monnaie pour éviter de perdre une vente pour un truc aussi bête.
- Un bon pull et/ou manteau pour les matinées/soirées ou même journées fraîches, ainsi que lunettes de soleil, chapeau/casquette et crème solaire car sans ça, lorsque l’on est dehors depuis l’aube jusqu’à la fin d’après-midi, le soleil n’est plus si sympathique.
- De l’eau et un bon casse-croûte, dans une glacière s’il fait chaud. Cela évite de manger des cochonneries à un prix exorbitant et de re restaurer convenablement parce que, mine de rien, ça creuse. Un cake préparé la veille ou un sandwich confectionné avant le départ, des fruits frais et quelques crudités, quelques biscuits, éventuellement un yaourt à boire… Pensez pique-nique et faites-vous plaisir –ces petits moments de détente vous redonneront du courage !

Vous vous en doutez, c’est moi qui ai proposé de m’occuper du ravitaillement. Au menu d’aujourd’hui : de l’eau et un peu de coca ; une salade de jeunes pousses, tomates et coeurs d’artichaut ; un sandwich au cream cheese, saumon fumé, concombre et laitue ; une pomme et quelques biscuits Thé de Lu… Complétés par une gaufre achetée sur place –sans regret car elle était bien meilleure que celles que j’avais testées fin janvier

5. Le jour du vide-grenier

Arrivez dès que possible pour optimiser votre investissement et parce que les habitués arrivent tôt pour faire des affaires et éviter les foules. Faites un petit tour du lieu pour voir ce que l’on y vend et comparer avec votre offre. Les réactions des premières personnes vous permettront aussi de réajuster prix et/ou disposition si nécessaire.

Soyez aimables et accueillants –sans être insistants– pour montrer votre bonne disposition sans non plus harceler les gens. Si quelqu’un insiste pour vous donner une misère pour un article, gardez le sourire car après tout, c’est le jeu ! Si le prix proposé vous semble raisonnable, ne vous obstinez pas non plus, surtout si vous voyez que l’heure a tourné…

Proposez des articles répétés (assiettes ou verres, par exemple) ou de même catégorie (livres, t-shirt, DVDs, …) à la pièce et par lot, pour laisser le choix aux passants. Pensez à faire des “promotions” pour les clients qui ont l’air intéressé par plusieurs choses mais sont au départ un peu hésitants : les “6 pour le prix de 5” vous permettront d’écouler vos stocks plus rapidement !

Dès que vous réalisez une vente, n’oubliez pas de noter le prix final dans votre tableau. C’est indispensable pour pouvoir faire un bilan après. Pensez aussi à réorganiser votre marchandise au fur et à mesure, pour mieux utiliser l’espace qui se libère, pour mettre en avant un produit qui plaît ou dont vous voulez absolument vous débarrasser.

À la fin de la journée, ne perdez pas patience ! Restez jusqu’à la fin car certaines personnes ne viennent que tard pour faire de très bonnes affaires. Donc surtout, une ou deux heures avant de repartir, bradez tout ce que vous ne voulez pas rapporter chez vous –vous verrez, ça partira d’un coup !


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Après ce weekend éprouvant, nous prévoyons une semaine de repos bien mérité –avec une éventuelle soirée Top Chef comme exception– et samedi prochain, un petit apéro pour fêter tout ça… Espérons que, d’ici là, le soleil ne nous aura pas quittés !

Je pense n’avoir rien oublié dans mes conclusions… J’espère que ce petit retour d’expérience pourra aider quelques futurs exposants novices ; en tout cas, il me servira pour la prochaine fois –car il y en aura sûrement d’autres !

Mais au fait, les pros auront peut-être d’autres conseils à partager ?