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Pair et impair

Publié le 18 mars 2014 par Fabianus
PAIR ET IMPAIR
Ce lundi 17 mars 2014 Jean prend sa voiture qui a une plaque impaire. Pour ne pas commettre d’impair il a revérifié le numéro : 109 comme sang neuf, facile à retenir pour un infirmier spécialisé dans la transfusion sanguine qu’il n’effectue pas sans gain même si on pourrait penser à l’augmenter !
Oui, il peut rouler mais dans sa voiture la BBC égrène : Londres, ici Londres un fog parle au fog ! Je répète : cars ôte, cars ôte !! C’est le branle bas de combat ! A cause des pics de pollution les épicdémiologistes ont averti les Pouvoirs Publics du risque de continuer à faire rouler tout le monde ! Alors comme la pollution a le terne la circulation aussi !
Sur Paris et 22 communes (22 à cause des flics qui surveillent) de la proche banlieue seules les voitures à immatriculation impaire peuvent rouler ! Certains pères écrivent aux maires :
-   Vous pouvez agir pour une dérogation ? Je suis père pair et voudrait rouler !
Mais les maires n’ont nulle compétence ! L’un d’eux a même dit :
-   Cette cause m’est éthique ! Et la mesure, n’en déplaise à NKM, n’est pas cosmétique ! Elle ne favorise pas peau-lueur.
Oui, Jean peut rouler tout en écoutant la radio Paris à présent. Les actualités défilent sur le pic !
La grisaille enveloppe la cité ; c’est vrai qu’elle en veut l’opacité !
A un carrefour les flics surveillent ; gare si t’es pair ! Pars si t’es guerre !
-   Quel arrêt niais, lance un chauffeur, dont le numéro épeire.
Il se fait plaquer par la police et c’est la contredanse !
Tout en roulant, Jean songe à ses collègues de travail, ceux qui sont pairs et qui s’occupent des scléroses en plaques. Ils vont sûrement covoiturer ! Pic est pic et collègues rament ! Soudain il freine sec ; ça pile ! Un nouveau contrôle crée des ralentissements. Un bonnet rouge, livreur de surgelés négocie avec un agent : oui mon numéro est pair mais regardé le logo de ma société sur la portière : plat « Quimper »..je peux rouler ?
Jean quitte ce goulet d’étranglement. Il longe à présent un camp de Rom. Là tout est taudis et zèle ! Comment font-ils pour vivre ainsi ? Sa réflexion est coupée par un petit poème jaillissant de la radio :
Motorisés M’ôtent horizon J’aimerais m’autoriser Un ciel bleu de passion
Si même les poètes s’y mettent. On ne parle plus que de ça.
Jean croise une voiture à numéro pair mais elle est au courant qu’elle peut rouler vu qu’elle tourne à l’électricité. Cela dit, songe Jean, un conducteur d’une électrique peut-il se dire : roule sans arrêt, va !
Non, la fée électrique a besoin du nucléaire. Soudain il pense à Fukushima !
Nouvel arrêt, nouveau contrôle ! Un policier déjà complètement conditionné répète à l’envi : pair…ok, pair…ok, pair…ok, pair…ok ! Le pauvre !
Un homme lui demande de s’arrêter : -   Vous pouvez me prendre en covoiturage ? -   Oui, vous avez quel âge ? -   Heu, 49 ans, ça va, c’est impair ? -   Oui je vous prends : un an de moins et je vous refusais ! -   Ah oui, 48 ans, c’est pair, quel humour ! -   Non, là n’est pas la raison : je ne peux pas conduire de car en twittant !!
Evidemment c’est une boutade. Jean ne twitte jamais au volant mais il faut bien se redonner du moral. A la radio on entend des échos de mécontentement ; écho vois-tu rage ? 
Le covoituré s’appelle Patrick et s’avère serveur dans un salon de thé (Patrick au thé). Il blague pour détendre l’atmosphère de particules. Il dit que son voisin a des accointances avec la gendarmerie !
Il m’a dit : j’ai négocié avec un ami pandore ! J’ai une plaque impaire mais au besoin, s’il pleut, une plaque paire m’est habilitée…Ah, ah, ah, perméabilité ! MDR !
Jean rit et de boutades en boutades arrive au lieu de dépôt de Patrick. Il reprend la route. Il culpabilise un peu. Il peut faire rouler sa mécanique, lui ! Il bénéficie comme d’un permis de polluer… La voiture pète, contre pète, cale en bourg ! On dirait que le manque d’oxygène fait des jeux de maux. Il est tant d’arriver !
Au boulot on ne parle que de ça. L’hôpital accueille des insuffisants respiratoires ! Des poumons on prend des clichés car pic scelle le sort peu envieux des asthmatiques !
Après une journée de travail Jean, fourbu, plonge dans le bras de Morphée. Un cauchemar l’atteint dans la demi-obscurité de sa chambre. Il est envahi de chiffres et de plaques qui le narguent. En sueur il se réveille et crie « Paix, nombres ! »

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