4 conseils d’un entrepreneur pour les entrepreneurs !

Publié le 19 mars 2014 par Frederic Canevet @conseilsmkg


Notre invité d’aujourd’hui est Youssef Rahoui, fondateur de MadMagz.com un outil sur le web qui permet de créer son magazine en ligne ou papier en quelques clics.

C’est toujours difficile de donner les conseils car de toute façon quel que soit le conseil qu’on reçoit on va faire des erreurs, mais il faut savoir que faire des erreurs c’est la meilleure façon d’apprendre….

1 – S’entourer et savoir s’entourer

Néanmoins, je dirais que le premier des conseils serait qu’il faut s’entourer – et savoir s’entourer.

Cela implique que l’on a identifié ses faiblesses ce qui demande une certaine lucidité vis-à-vis de soi… ce qui est difficile parce que cela demande que l’on voit ses défauts et que l’on admettre que dans un domaine il vaut mieux déléguer.

De plus, le premier type de gens dont-il faut s’entourer sont ceux qui ont déjà monté leurs boites, qu’elles aient marché ou pas, parce qu’eux, ils ont le coup d’œil car ils sont déjà passés par là et ils verront tout de suite les failles.

Ils se sont cognés dans tous les coins possible et ils ont les bosses et ils ont les cicatrices et donc ils voient où cela va faire mal.

2 – Surveiller sa trésorerie

Après surveiller le cash c’est basique,  mais une boite ça s’arrête quand il n’y a plus d’argent, c’est aussi bête que ca…
On a beau avoir une super idée, avoir un super chiffre d’affaire… si on n’a plus de cash, on ne peut plus payer les salariés. Et on met la clé sous la porte.
Du cash on en dépense toujours beaucoup plus ce qu’on imagine, des taxes et des redevances que l’on ne soupçonne pas l’existence, et les revenus arrivent toujours plus tard que l’on prévoit.

Il faut suivre sa trésorerie et donc tout les mois regarder son cash pour savoir où on en est, calculer son burn rate, c’est-à-dire calculer combien on dépense en moyenne, soit diviser la quantité cash par celui qu’on burn, et on sait combien de mois on va tenir.

Dès qu’on a un peu d’avance de trésorerie, il faut la placer et il existe des placements à terme de 3 mois à 6 mois, cela ne rapporte pas grand chose, soit 100 à 150 euros mais peut importe ca peut servir pour payer un dîner a l’équipe et c’est toujours cela de pris…

Ensuite sur les dépenses, il y a le jeu sur les fournisseurs, on peut les payer plus tard bien évidemment en respectant les limites légales et il n’y a pas raison de payer avant le terme.

A l’inverse, se faire payer dans les temps, c’est encore un fondamental, mais combien de boites facturent vraiment de façon peu rigoureuse, sans suivi…

Et là vraiment du coup l’argent dort chez le client au lieu de dormir sur votre compte.

3 – Etre radin… mais intelligemment !

Ensuite, je ferai un conseil paradoxal, c’est-à-dire que gérer sa trésorerie, cela ne veut pas dire être radin.

Le plus important c’est de trouver les bonnes personnes et les bons outils, et d’investir au bon moment et être capable de mettre le paquet si c’est nécessaire.

Par exemple l’expérience que j’ai faite c’est de négocier les salaires et se dire que oui je vais avoir moins cher, et comparer à la loupe les différents prestataires… et prendre le moins cher… Or au final on se retrouve avec quelqu’un qui est moins bon et qui nous fait perdre beaucoup de temps.

Donc pour moi la dernière grosse leçon que j’ai apprise, c’est que ironiquement les bons coûtent toujours moins chers que les mauvais.

Certes parfois les « Pros » coutent plusieurs milliers d’euros de plus mais à la fin ils coutent vraiment moins cher puisqu’ils nous font gagner du temps.

3 – Recruter lentement…

Il ne faut pas se tromper dans les recrutements car dans une petite boite, un seul recrutement peut avoir des conséquences désastreuses… il faut donc être sûr et prendre son temps.
Il y a un adage qui dit qu’il faut recruter lentement et licencier rapidement, et c’est vrai car il faut vraiment regarder sous tous les angles et que tout le monde dans l’entreprise soit d’accord ?

Il faut avoir un vrai processus de recrutement avec plusieurs étapes, dont un test téléphonique qu’on fait passer a distance et il faut que tout le monde soient d’accord pour l’entretien physique.

Il faut donc faire une fiche d’entretien en amont avec des notes, des évaluations minimales éliminatoires… on a fait l’effort de définir cela dans la culture de l’entreprise et donc quand on se trompe, on ne fait pas des mégas boulettes.

Et si une personne ne fait pas l’affaire il ne faut pas s’attarder en se disant que cela ira mieux, parce que quand ca ne va pas, ca ne va pas !!

Ce n’est pas nécessairement la faute du salarié ou du stagiaire, cela peut aussi être la faute de la boite parce qu’on l’a mal détecté, on a mal identifié le besoin… mais il faut assumer son erreur et se dire qu’on essaie et si ca ne marche pas on se sépare.

Et bien sûr, on le fait de façon correcte….

4 – Attention aux années charnières.

Un ancien chef d’entreprise m’a expliqué que les jeunes sociétés fonctionnaient par années impaires…

C’est-à-dire avec des années charnières de 1, 3 et 5 ans… et que au delà de 5 cela veut dire que c’est bon on a trouvé son business.

La première année on a généralement eu une idée et on est tout feu tout flamme…

Et puis à la fin ça n’explose pas parce que les associés se séparent, l’idée était fumeuse, ils n’ont pas tirés d’argent de l’idée, c’est la fin des ASSEDIC et ils ont eu peur et ils ont tout arrêtés…

Au bout de 3 ans on a un petit bout de quelques choses qui n’est pas tout a fait solide mais il faut avoir suffisamment de cash et que cela soit rentable pour tout le monde et avoir des fonds pour passer ce cap du bricolage et passer à quelques chose d’un peu plus structuré.
De 3 à 5, généralement c’est que souvent bon et le projet était bien ficelé, mais il peut arriver d’avoir un pari stratégique qui a échoué, d’avoir un problème technique ou avec un client…
Par exemple l’entreprise est partie à l’international trop tôt, et c’était une boulette, ou c’est un recrutement qui c’est mal terminé…

5 – Et pour Madmagz.com, quel est l’avenir ?

Nous avons deux marchés, le scolaire et les entreprises, et pour le scolaire nous avons deux bonnes niche qu’on essaie de développer.

Le but est de bien cibler, de bien définir le message et trouver la bonne personne qui va développer ce marché.

Coté produit, on va refaire une toute nouvelle version de Madmagz, avec une nouvelle logique, qu’on est au delà de la période de transition où le print et le Web étaient à l’équilibre, et que maintenant c’est le Web qui l’emporte.

Le support sur lesquels les gens consomment de l’information, ce n’est plus le papier mais le Web ou le Mobile…. Sur tous les écrans, de toutes tailles, toutes formes… cela implique des logiques de responsive design et de multimédia.

Pour Madmagz, je reste sur le Web, c’est une question d’indépendance de toutes plateformes, c’est-à-dire que du moment que vous allez chez Apple ou Androïd, vous n’êtes pas chez vous.

Ils peuvent vous virer du jour au lendemain, et Apple prend 30%…

Ensuite parce que le magazine n’a pas tellement besoin de faire appel aux fonctions natives des appareils mobiles, on n’a pas besoin des accéléromètres, de l’appareil photo…

De plus ; je pense que le Web reste une plateforme beaucoup plus économique pour les start Up.

Mais bien sûr, quand on a beaucoup plus d’argent se dire ok je fais plus de natifs et une plateforme Web

Si vous voulez en savoir plus, rendez vous sur Madmagz.com, vous pourrez créer votre magazine en quelques minutes, on vous fournit des pages d’édito, des couvertures… tout ce que vous avez à faire c’est mettre les textes, les photos, les vidéos et après vous avez un magazine avec l’aspect professionnel très simplement réalisé.