Un rapport sur l’état des lieux sera présenté au CPE dans quelques semaines
Plus de 10 milliards de dollars ont été injectés, ces dernières années, dans le secteur public. Un montant destiné, dans l’essentiel, à sauver les entreprises
publiques déstructurées, étant majoritairement sous l’emprise de dettes et de découverts bancaires. Aujourd’hui, l’Etat qui ne peut plus persévérer dans cette voie, exige que les EPE
s’inscrivent dans l’obligation de résultat, autrement dit, l’efficience économique au regard de l’importance des investissements engagés notamment dans le secteur industriel. Le cas de la
SNVI dont le partenariat avec le constructeur Daimler-Mercedes sera opérationnel avant la fin de l’année est édifiant quant à cette nécessité, pour les entreprises, de s’engager dans une
démarche commerciale agressive pour s’imposer sur le marché local et se positionner à l’externe. En effet, la SNVI qui a déjà fait l’objet d’un effacement d’une dette de 62 milliards de
dinars traîne, à fin 2013, un découvert bancaire de 5 milliards de dinars en sus du fait que ses charges salariales représentent le double de sa valeur ajoutée. Il s’agit aujourd’hui, de
faire le bilan sur l’état d’avancement des partenariats, le niveau de consommation des crédits, et le point sur les contraintes rencontrées dans la mise en œuvre des plans de développement, a
affirmé le ministre du Développement industriel et de la Promotion de l’investissement lors de la réunion des SGP relevant de son secteur, partie prenante dans la stratégie industrielle. Une
réunion qui devait également permettre d’évaluer l’état des opérations de privatisation des entreprises et leur mise à niveau, dans la perspective des programmes de développement pour la
période 2014-2017. Les conclusions, a déclaré M. Amara Benyounès, devront faire l’objet d’un rapport qui sera soumis au Conseil des Participations de l’Etat (CPE) dans quelques
semaines.
789 milliards de dinars consacrés à la relance du secteur public marchand industriel
Le plan de développement des EPE présenté par M. Ali Oumellal, directeur général du secteur public marchand, indique que le traitement des problèmes des
entreprises publiques a mobilisé 314.437 Mds de dinars pour le rachat des découverts bancaires ou leur transformation en crédits à long terme, l’effacement des autres dettes détenues par
l’Etat, l’octroi de crédits bonifiés, et la reconstitution des fonds de roulement. Dans le cadre de ces mesures d’assainissement, une enveloppe de 2.820 Mds de dinars a été affectée au
financement des départs volontaires et des départs à la retraite. Au titre de la mise à niveau, l’Etat a mobilisé près de 440.000 milliards de dinars au profit des entreprises soit, au total,
près de 789 milliards de dinars consacrés à la relance du secteur public marchand industriel à fin 2013. Concernant les contraintes, la synthèse note une série de contraintes
rencontrées dans la mise en œuvre des plans de développement, particulièrement en ce qui concerne la mise en ligne des crédits d’exploitation, les lenteurs dans la notification des décisions
d’assainissement par le Trésor, l’application du code des marchés publics jusqu’à janvier 2013, et le retard dans l’obtention des actes administratifs relatifs aux sites fonciers. Parmi les
contraintes, il est également relevé un manque de maturation des projets inscrits entraînant, en conséquence, une sous-estimation des besoins en matière de financement.
Les entreprises sont appelées, ainsi, à élaborer un business plan consignant les besoins et objectifs ciblés, et conformer leurs produits aux
exigences normatives dans le cadre de partenariats pour faire face à la compétitivité imposée par les produits importés, et s’engager dans l’exportation. Aussi, a affirmé Oumellal, des
discussions seront engagées dès la semaine prochaine avec certaines SGP pour mieux cerner la problématique liée à la promotion de la production nationale. L’entreprise vise deux objectifs, à
savoir « la canalisation des demandes urgentes vers les entreprises publiques et privées dans le cadre de contrats de gré à gré, à court, moyen et long terme, asseoir une démarche
globale de promotion de la production nationale.
D. Akila
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14 SGP sous tutelle du secteur de l’industrie
340 mds de dinars de chiffre d’affaires en 2013
Le secteur industriel compte sous sa tutelle 14 SGP regroupant 248 entreprises publiques économiques (EPE) dont 110 directement rattachées aux SGP, le reste
étant sous forme de filiales. En 2013, ces sociétés ont réalisé un chiffre d’affaires de 340 milliards de dinars, soit une évolution de 18%, et une progression de 13% de la valeur ajoutée,
dont 80% a été le produit de cinq filières.
Le secteur compte 935.000 emplois à fin 2013, soit une évolution de 1,7% par rapport à 2012. Aussi, 50% des SGP gèrent des actifs résiduels. Le secteur de
l’industrie contribue à (-1%) dans le PIB selon les données de 2013, ce qui représente une très faible proportion par rapport à ses potentialités réelles.
D. Akila
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