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Lone Wolf and Cub, T1 : En Attendant la Pluie

Publié le 25 mars 2014 par 7bd @7BD
Lone Wolf and Cub, T1 : En Attendant la PluieSérie: Lone Wolf And Cub 
Titre: T1, En Attendant la Pluie
Editeur : Panini ComicsAuteurs : Goseki Kojima (dessin) et Kazuo Koike (scénario)Année : 2001

Résumé : Ogami Itto traverse le Japon avec un landeau où se repose un enfant. En effet, Père solitaire, il élève son fils Daigoro, un petit mouflet tout mimi, à la rude école des tueurs ! Car Ogami Itto est un assassin, la terreur des seigneurs, des samouraïs et des ninjas, surnommé Lone Wolf and Cub (pour Daïgoro). La seule condition qu'il met avant de se décider à accepter une mission, est de savoir qui il doit tuer et pourquoi. Mon avis : De mission en mission, cette série nous dévoile d'une part le passé du héros et de son fils, mais aussi les rites et fonctionnement du Japon du dix-septième siècle. Ces deux aspects sont sans doute les plus intéressants. Autant les bases des récits, souvent l'engagement de Ogami Itto, sont passionnantes au départ, autant leurs résolutions est peu propice au suspense. En effet, le talent et la maîtrise des sabres de l'ancien samouraï est si puissante que rien ne lui résiste.  

D'ailleurs, tout au long de ce tome un, je peux préciser que Ogami Itto doit perdre une à deux gouttes de sang dues à une coupure. Pour un assassin qui tue des gens à chaque épisode, c'est dire sa supériorité et sa dangereuse efficacité. Je trouve cela dommage car c'est ce qui manque un peu à la série, le péril dans lequel se retrouverait le héros. Forcément, vu qu'il s'en sort à chaque fois, l'effet serait éventé au bout d'un moment, mais là, ça va un peu fort dans l'autre sens.Néanmoins, j'ai pris plaisir à plonger dans cet univers, car le mystère sur le passé de Ogami Itto vous tient en haleine et les réflexions où vous emmènent toutes les magouilles politiques, les règlements de compte et les codes d'honneur sont passionnantes. A la fin du tome un, composé de neuf histoires, il faut reconnaître que le héros n'a rencontré quasiment aucun obstacle. Il fait son chemin sur « la route des enfers », comme il dit. Et pourtant, j'ai une folle envie de lire le Tome deux. Je précise que le contenu des histoires mêle adroitement politique, violence, et sexe. Donc, ces livres ne sont pas à mettre entre toutes les mains ! Ce choix, mêlé aux situations historiques, permet de créer des événements riches en surprises. Mon attirance repose autant sur le mystère de l'histoire que sur le graphisme.

Les dessins de cette série sont très différents de ceux des (quelques) mangas que j'ai déjà parcourus. Certes, le recueil est tout en noir et blanc. Et contrairement à certains mangas, il n'y a pas de page couleurs pour lancer le récit. Le trait est vraiment réaliste et à aucun moment, l'auteur ne bascule dans ces instants d'humour ou de délire où les dessins deviennent caricaturaux ; vous savez, personnage devenant ultra-stylisés ou tout petit, ou au visage comme des citrouilles - des pastèques ?- . De plus, les visages ne sont pas occidentalisés et se révèlent très expressifs.Le réalisme est cru, les sabres rapides et les mouvements dynamiques donnent une énergie graphique très agréable. J'ai adoré aussi les jeux d'ombre et de lumière et le talent de Goseki Kojima à créer les dessins des paravents hantant plusieurs demeures comme autant d'ombres flottantes. Certaines pages reprennent ce dessin aux traits fins tandis que d'autres donnent vraiment l'impression d'être des estampes brossés et découpées en case. Une beauté pour le regard, juste magique ! Le cadrage, là aussi, tranche avec ce qu'est devenu le manga. Pas de cases dynamitées, au contraire, les pages se découpent en deux à quatre bandes de une à quatre cases. La richesse du cadrage repose sur la taille et la composition variable de tout cela. Parfois, une bande contient une case sur une double page et d'autres fois, elle comporte quatre petites cases, le temps d'un échange de regards, d'un plan d'insert. Les auteurs choisissent le format le mieux adapté à l'histoire, sans chercher pour autant une originalité vide de sens. Ce choix drastique, ces angles de vue, ce découpage qui laisse le temps à l'action de se poser ou d'éclater en un instant, sans que les combats surdécoupés s'étalent sur des pages et des pages, crée la force narrative visuelle de cette série. Une Bande Dessinée plutôt sombre, scénaristiquement autant que visuellement, peut-être bien dans l'esprit de ces années soixante-dix qui ont vu se développer le modèle de l'anti-héros. Lone Wolf and Cub est paru pendant six ans, de 1970 à 1976. Et je vous garantis que ce manga a fort bien vieilli.A l'époque, il a même donné lieu à une série de films ainsi qu'à une série télévisée !Je vous recommande de vous plonger dans les Baby Carts, dont voici la bande-annonce !

Lone Wolf and Cub, T1 : En Attendant la Pluie
Je reconnais que le protagoniste du film est un peu plus corpulent que le héros de la BD, tout en muscle...


Bon, soyons honnêtes, les films ont un peu moins bien vieillis que le manga mais j'ai un faible pour leur côté parfois psychédélique et pour cette vieille ambiance film de sabre seventies !Quant à la série télévisée, elle semble dure à trouver aujourd'hui.
Lone Wolf and Cub, T1 : En Attendant la Pluie
Alors, cette série TV, elle vous donne pas envie ?En tout cas, vous avez le choix, les vingt-huit tomes de la BD ou les six films, voire, ET les six films...Amusez-vous bien et n'oubliez pas, si vous croisez un samouraï poussant un landeau dans la plaine déserte, relevez la tête ! c'est que vous êtes plongé dans une BD. Zéda survivra-t-il à sa rencontre avec Ogami Itto ?
Lone Wolf and Cub, T1 : En Attendant la Pluie
David

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