Bières de l’Ouest. L’Atlantique, sa brasse, ses brasseurs…

Par Blanchemanche
Bières de l’Ouest. L’Atlantique, sa brasse, ses brasseurs…

Quand il recommence à faire chaud, on se décapsule volontiers une petite binouze, non ? Ca a du goût et ça désaltère. Mais une fée pas comme tout le monde et boit des mousses… locales.

Depuis une vingtaine d’années, les brasseries artisanales essaiment dans la région. Rien qu’une ex-collègue de la fée et son mari sont en passe de créer leur propre bière dans les DeuxSèvres, et c’est drôle de le voir lui remobiliser ses connaissances de chimiste, et elle déployer ses idées et son bagou auprès de la mairie de son village. Mais c’est une histoire dont la fée sera sûrement amenée à vous reparler.Pour l’heure, regardons ce qu’on boit en Charente-Maritime, car on a déjà le choix, à portée d’oeil dans les rayons des magasins de producteurs locaux, et même dans les hypermarchés, chez les cavistes…

Science infuse, l'étudiante

D’abord un p’tit tour du côté scientifique avec la Science infuse, produite par l’Université de La Rochelle au départ comme support pédagogique d’une formation qualifiante et diplômante « Opérateur de Brasserie » créée en 2008, puis devenue un succès commercial mérité. On y apprend en détails comment, en adoptant un certain type de fermentation et en sélectionnant la nature du malt, il est possible de créer des types de bière très différents. Quatre bières en l’occurrence sont produites régulièrement par la brasserie de l’Université : la Triple bière de dégustation, qui a reçu 4 prix, la Pils, bière blonde, la Triple spéciale, bière ambrée, et la Blanche, aromatisée par des écorces d’oranges amères et des épices.

Kiva boire cette bière...

On retrouve les quatre ingrédients dans un joli petit produit bien marketé, la Kiva, dont la fée ne pouvait que goûter le jeu de mot dans le slogan publicitaire : « Kiva boire cette bière s’en souviendra. » Mais plus qu’une blague de potache, Kiva c’est une bière de caractère dont l’idée a germé dans la tête d’Alix Kloboukoff. Kloboukoff, oui, comme dans Léa Nature. N’empêche, le jeune entrepreneur respecte un cahier des charges bio, fait brasser dans le sud ouest de Saintes et utilise l’eau d’une nappe phréatique. Et si le houblon provient du Royaume-Uni, les malts d’orge et de blé sont d’origine Poitou-Charentes. La marque propose des bières de soif, blonde ou blanche, et travaille pour mai sur une bière de connaisseur aux saveurs fruitées de Pineau des Charentes. Et sur une bière de garde pour septembre…

La bière des naufrageurs d'Oléron

Retour aux sources. Le plus ancien brasseur de Charente-Maritime, le pionnier qui commença en 1995, c’est l’Oléronnais Jean-Luc Métayer avec sa Bière des Naufrageurs. Une envie de brasser déclenchée par un Charentais passionné, brasseur amateur à Saint-Séverin. Métayer sera encore plus fou que son maître. De formation agroalimentaire, il cultive une partie de ses céréales, orge, blé et triticale, un hybride entre blé et seigle. Côté produit fini, une vingtaine de bières, blonde, spéciale (3 fois médaille d’or au concours référence de la bière à Saint-Nicolas de Port), blanche, ambrée, brune, noire ou parfumée : caramel fleur de sel, réglisse, gingembre, roselitchi, amère picon, framboise, mûre, mélilot, cardamome, cerise, spécial huîtres ou tout simplement vanille, seulement en 75 cl.

Autre île, autre bière, la Bière de Ré

Elle est brassée sur place depuis 1996, date à laquelle un Autrichien, fou de Ré et de bières, décide d’importer son savoir-faire. Rachetée en 2011, la brasserie produit sept variétés, dont une blonde, plusieurs blanches et La Cuivrée, une bière bio au Cognac. Icône de la brasserie, la Blanche de Ré a un goût de banane. Partir en expédition-dégustation, voilà une idée qui change comme but de balade sur cette chère île !

Fort Boyard, façon Belge

La Fort Boyard quant à elle est fabriquée depuis 3 ans par des Belges à Rochefort. Le couple créateur, les Beernaert – et dans Beernaert, il y a « beer », ça ne s’invente pas ! - produisent 6 bières artisanales de tradition belge : une blonde classique, 2 blanches dont une avec de la coriandre, une ambrée, une brune au sirop d’érable et une blonde au miel, La Demoiselle.

La Rieuse, entre terre et bière

Tandis que la plupart des brasseurs achètent leur malt, Arnaud Clavurier, agriculteur, cultive le blé et l’orge de printemps qui servent à réaliser La Rieuse, et maîtrise ainsi le maltage. Mais au fait, c’est quoi ? « De l’orge ou du blé maltés, ce sont les graines qui commencent à germer et déclenchent le phénomène enzymatique pour décomposer la chaîne d’amidon en sucres »explique l’agriculteur brasseur. « Lorsqu’on veut stopper la germination, on torréfie le malt : de façon courte pour une blonde, longuement et en quantité pour une brune, puis en moindre proportion pour une rousse, une ambrée… ». Aucun colorant ni additif bien sûr dans cette bière sur lie de fermentation haute sans conservateur, non filtrée et non pasteurisée.Vous avez maintenant de quoi faire bon usage de votre décapsuleur, et puisque c’est avec modération, autant que ce soit vraiment bon !TEXTE ELISABETH SCHWARTZ
PHOTOS PASCAL BERNARD

La recette de la bière, seulement 4 ingrédients :

Pour 100 l de bière :
- 100 l d’eau pure,
- 150 g de houblon pour l’amertume, l’arôme et le pouvoir antiseptique,
- de la levure
- et 15 kg de malt (orge ou blé germé).

La fée de la bière, c’est la Fée-Rmentation !

Comme pour le pain, la fermentation est une étape essentielle, qui consiste à ensemencer le moût de malt avec des levures particulières selon le type de bière. Cellesci transforment les sucres présents en alcool et en gaz carbonique. Haute, basse, double, parfois triple, la fermentation détermine la teneur en alcool de la bière, son pétillant, et la complexité de ses arômes.
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