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#aftersex, le post-coïtal est connecté

Par Jsbg @JSBGblog

#aftersex, le post-coïtal est connecté

Depuis quelques jours, il ne vous aura pas échappé qu’un nouveau mot-dièse – et sa farandole de déclinaisons – est apparu pour se diffuser sur la toile comme une trainée de poudre : #aftersex, #aftersexselfie, #aftersexhair, #aftersexpic, … Le mot est lâché, le pas est franchi. Désormais le post-coïtal est connecté, s’affiche, s’exhibe. Seul ou à deux, on attrape son smartphone après l’amour pour immortaliser cet intime moment et le publier sur les réseaux, Instagram en particulier. C’est ainsi que fleurissent des galeries entières de visages mi-hébétés, mi-heureux, décoiffés, chiffonnés, des visages très jeunes le plus souvent, collectant « likes » et commentaires des abonnés.

Depuis une semaine, je m’interroge sur ce phénomène. En est-il un justement? Vaut-il le coup de lui consacrer ces quelques lignes (la qualité des photos n’étant évidemment pas le critère premier pour celles et ceux qui s’y adonnent)? Cette nouvelle vague de selfies s’essoufflera sans doute et heureusement rapidement (les photos parodiques et les mises en scène explosent) et, à y regarder de plus près, le mot-dièse et ses dérivés ne comptent que peu d’occurrences sur les réseaux par rapport à la véritable mode qu’est le selfie.

#aftersex, le post-coïtal est connecté

Alors pourquoi cet épiphénomène fait-il tant parler de lui dans les médias? Qu’est-ce qui cloche lorsqu’on regarde ces photos qui n’ont, faut-il le souligner, aucun caractère érotique ou sexuel, esthétique encore moins? L’extrême intimité du moment qu’elles évoquent bien sûr, même si la photographie est fictive et le post coïtal souvent fantasmé. Mais également la mise en scène préalable de sa propre vie quotidienne. Comme l’explique le très sérieux Time dans son édition du 1er avril, nous vivons une époque où nous achetons un vêtement dans un magasin parce que nous avons déjà en tête la photo que nous ferons et publierons sur Instagram. Au même titre que de porter certaines marques, il serait donc de bon ton d’afficher la fréquence de sa vie sexuelle et d’en mesurer la popularité en fonction de la réactivité des réseaux sociaux, quitte à simuler justement cette intimité. L’amour n’aurait-il de valeur que s’il est exhibé? « La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache » disait un certain André Malraux. Et si on essayait?

Virginie GalbariniCultissime.ch


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