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Le boa de collection

Publié le 10 avril 2014 par Paniervolant



Depuis que j'avais découvert le placard aux "nanars", devenu ma garde-robe du soir, il m'arrivait très souvent de m'y rendre en toute discrétion et de me dire : "On n'est jamais aussi bien servie que par soi-même", ou plutôt par Guy Laroche.

Il est vrai que j'y avais souvent déniché des trésors vestimentaires qui ne me laissaient jamais passer dans l'indifférence à toutes ces soirées auxquelles j'étais conviée.
J'étais toujours complimentée et de plus accompagnée, soit du beau ténébreux Julio, soit de Per Spook toujours directeur artistique chez Louis Féraud, soit de cet ami yougoslave, Branco au physique à la Julio Iglesias.

Il est vrai que Branco connaissait bien Guy Laroche, puisque c'est lui-même qui me l'avait présenté.
Un soir où il m'accompagnait dans une de ces soirées mi-mondaine, mi-branchée, je n'y avait pas franchement réfléchi, un seul instant.
Je n'imaginais donc pas rencontrer mon employeur.

Pour me rendre à cette soirée, j'avais minutieusement prospecté le fameux placard et je m'étais généreusement servie, puisque je paradais dans une sublime robe longue en mousseline de soie bois de rose, agrémentée d'un boa en pétale de soie dans un camaïeu de tons assortis à la robe. Le boa en question avait été réalisé par le célèbre Monsieur Lemarié, grand plumassier et fournisseur de toute la haute-couture et spectacles parisiens.
Je n'avais pas déniché le boa en question dans le fameux placard, mais dans les éléments de la collection de haute-couture en cours.

il m'était impossible de résister à la tentation et l'avais discrètement emprunté.
De plus je me chaussais chez Jourdan à moindre frais, les bureaux de presse se situaient à deux pas de l'avenue Montaigne, et il y avait toujours de très jolies chaussures, des prototypes à ma taille, à des prix défiant toute concurrence !!!!

Ce soir là donc, accompagnée de ce charmant Branco, j'étais plantée devant le buffet, bien en évidence sans m'en rendre réellement compte, et me servais généreusement de caviar, lorsqu'une voix connue m'interrompit.
Je me retournais, stupéfaite, devant mon employeur de couturier qui me dévisageait de la tête aux pieds, avec un grand sourire.
J'en étais toute confuse de panique, et probablement le visage aussi rose que ma robe, non pas pour le regard admiratif du couturier sur la tenue que je portais, mais parce que je me sentais prise en flagrant délit avec le boa que j'avais emprunté dans la collection en cours.

Finalement, M. Laroche rompit la glace, faisant remarquer l'élégance dans cette superbe tenue qui m'allait comme un gant !!!
Je lui répondis avec un grand sourire non moins complice : "Guy Laroche, Monsieur" !!!

Inutile de rajouter que dès le lendemain matin, j'arrivais avenue Montaigne, très ponctuelle pour une fois, passant par la boutique en m'aspergeant comme de coutume de ce merveilleux parfum Fidji, et je m'empressais de remettre discrètement le boa de soie, avec la robe de collection qui lui était attribuée, ni vue, ni connue, je m'étais jurée qu'on ne m'y reprendrait plus !!!!!

Mais cela est une autre histoire...........







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