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La gourmandise est un vilain défaut - 1er volet

Publié le 20 avril 2014 par Paniervolant


Avec ce job partagé entre Guy Laroche en haute-couture et Guy Douvier pour le prêt-à-porter, sans oublier la réalisation de dessins de tissus exclusifs pour cette nouvelle ligne, il est évident que je me sentais un peu comme chez moi dans cette maison de couture et j'avais l'impression que les portes m'étaient grandes ouvertes.
Alors, quoi de plus naturel que de faire ce que l'on a envie lorsque l'on se sent comme chez soi !!!

C'était une collection particulièrement réussie qui avait vu le jour. Il y avait une robe parmi tant de merveilles qui avait attirée mon attention. Je me voyais déjà la porter.
Elle était réalisée dans une triple épaisseur de mousseline de satin de soie, doublée de soie, avec un décolleté en forme de cache coeur, surmonté d'un volant jusqu'au bas de la robe, dans un lumineux et merveilleux coloris, violet cardinal. Une robe de sirène.........

J'étais ce soir-là invitée à une première au théâtre, interprétée par Jean Piat qui donnait la réplique à Maria Pacome.
J'´étais une fois de plus accompagnée de mon jeune et beau chevalier servant, Branco qui m'avait gentiment proposé cette idée de sortie.
J'avais décidé d'assumer cette soirée avec élégance, et la pensée d'emprunter cette magnifique robe de sirène dans la collection en cours me démangeait.
L'idée était totalement utopique, il n'était même pas question d'y songer. Il valait mieux se rabattre sur le placard aux nanars, devenu ma seconde garde-robe, mais qui soudain me paraissait trop fade.

Finalement je ne résistais plus à l'idée d'emprunter cette sublime et lumineuse robe violet cardinal, ce que je fis en y ajoutant une cape de crêpe de laine assortie au ton de la robe et déniché dans le placard aux nanars.
J'eus malgré tout la bonne conscience d'en avertir l'attaché de presse avec lequel j'entretenais une relation très complice, ce qui me soulagea de cet emprunt malhonnête et interdit.

C'est ainsi que je me rendis au théâtre devant de nombreux regards admiratifs avec une telle tenue et je me régalais de cette prestation avec Jean Piat et Maria Pacome.
Puis la première partie de cette pièce s'acheva avec succès.
C'est à ce moment là que je me levais comme toute la salle, pour applaudir ce succès, avant d'aller me désaltérer d'une coupe de champagne en charmante compagnie.
Soudain j'eus une sensation assez désagréable, et je n'osais pas trop y croire.
Le pire venait de m'arriver, non pas pour moi mais plutôt pour la sublime robe qui devait passer en défilé sur le podium le lendemain !!!
Une véritable catastrophe, je me retrouvais, ou plutôt la robe en question, devant un incident technique féminin, grave et inattendu, une véritable poisse !!!!

Toute confuse et paniquée, j'en informais mon charmant compagnon qui alla me récupérer la cape dans laquelle je m'enroulais pour camoufler cette indiscrétion catastrophique, avant de m'enfouir sans m'assoir, sur les genoux, sur le siège arrière du taxi qui m'était destiné.

Je rentrais chez moi en me précipitant vers la salle de bains afin de réparer cet incident au plus vite, et fis couler l'eau froide à profusion dans la baignoire, tout en priant le ciel que cette merveille de robe ne soit pas trop endommagée.
Puis je la suspendis sur un cintre, afin qu'elle sèche rapidement sans trop la froisser, et je me promis de l'emmener le lendemain à la première heure chez Pouyanne, le maître teinturier de la haute-couture........

Mais je n'en étais pas encore là, et j'avais promis à mon compagnon resté au théâtre pour le second acte, de le rejoindre dès que possible, afin de terminer cette soirée en beauté..................












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