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Mytiliculture - Baie de l'Aiguillon : 100% de la production décimée

Publié le 29 avril 2014 par Blanchemanche
Mytiliculture - Baie de l'Aiguillon : 100% de la production décimée
Mytiliculture - Baie de l'Aiguillon : 100% de la production déciméeTous les mollusques sont aujourd'hui morts.Ce qui pourrait être le titre d'un roman noir, est pourtant depuis quelques jours le pire cauchemar des mytiliculteurs de la baie de l'Aiguillon. 100 % de leur production a été décimée !
Vent de fronde le 19 avril au port du Pavé de Charron. Situation identique à quelques milles marins de là, au port de l'Aiguillon-sur-Mer, tout comme au péage du pont de l'île de Ré, les mytiliculteurs viennent d'ériger trois cimetières de moules !
Alertés début mars par leurs collègues ostréiculteurs de l'île de Ré, ayant découvert des naissains de moules morts sur leurs tables à huîtres, les mytiliculteurs de la baie de l'Aiguillon ont rapidement procédé à des prélèvements sur leurs 400 hectares de filières et de bouchots. Un premier constat établi par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), laissait apparaître une mortalité de 30 % des mollusques, dont la cause est aujourd'hui encore inconnue. Situation qui n'a fait qu'évoluer dans le mauvais sens, puisque les derniers prélèvements effectués le 18 avril pourraient bien sonner le glas d'une profession représentant à l'échelon local 60 entreprises et 300 emplois. À la veille d'une saison qui s'annonçait sous les meilleurs auspices, l'intégralité du cheptel est aujourd'hui mort, et de cause toujours inconnue !
Pour Suzanne Tallard venue samedi au chevet de la profession il faut trouver la cause ! « Il n'y a plus une seconde à perdre, la préfecture doit mettre en place une cellule de crise, réunissant mytiliculteurs, maire des communes de l'ensemble de la Baie, politiques, spécialistes de l'Ifremer et les banquiers ». De son côté, après être allé sur zone le 18 avril, à la rencontre des mytiliculteurs, le député rochelais Olivier Falorni, doit interpeller le secrétaire d'État chargé de la mer et de la pêche, Frédéric Cuvillier.
Il y a quelques mois, Benoit Durivaud président du syndicat des mytiliculteurs du pertuis breton était optimiste pour cette saison 2014. Aujourd'hui il s'interroge sur les origines de ce désastre et pointe du doigt la conjonction peut-être de plusieurs phénomènes. Des lâchers d'eau douce trop importants provenant des exutoires des marais, associés à des conditions climatiques hivernales hors normes et à l'arrivée massive ces derniers jours de plancton dont raffolent les mollusques ne seraient-ils pas à l'origine de cette mortalité ? Pour Stéphane Parpaix, il n'y a pas de doute « on nous a sabotés. Seule la Baie est touchée. Je possède des concessions en Bretagne et là-bas les moules n'ont jamais été aussi belles. » Le mytiliculteur marsellois évoque même la possibilité d'un dégazage sauvage en mer, ou d'un apport de pesticide dans l'eau venant des exutoires du marais. Quant à Yannick Marionneau installé à Charron il essaie malgré tout de positiver « si les naissains en train de se fixer actuellement ne meurent pas, ce sera bon pour l'année prochaine, même si l'on mettra 2 à 3 ans pour se remettre de cette campagne foutue. Par contre s'ils meurent, la profession mourra avec. La baie de l'Aiguillon est la plus grande zone de captage de naissains en France, et alimente toutes les filières et les bouchots implantés sur les côtes de l'hexagone. »
De nouveaux prélèvements doivent être effectués dans les jours à venir par l'Ifremer, ainsi que des tests en laboratoire. Seules certitudes pour les scientifiques à ce jour, aucune bactérie n'a été trouvée que ce soit dans l'eau de la baie, ou dans les coquillages.

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