Magazine

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Publié le 29 avril 2014 par Rémy Boeringer @eltcherillo

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Dans la série House of Cards, dont la seconde saison vient de se terminer sr Canal+, nous suivons l’évolution du président du groupe (le "Whip") démocrate au congrès, Frank Underwood (Kevin Spacey, inoubliable dans Usual Suspect et American Beauty) à la Maison Blanche et dans les couloirs du Congrès, deux lagunes remplies de requins tous plus voraces les uns que les autres.

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Le député Franck Underwood (Kevin Spacey) et sa femme Claire (Robin Wright)

Cette série pourrait être une énième sur le système politique américain, louant la démocratie et montrant un monde  de bisounours où tout le monde est pavé de bonnes intentions. Pourtant, ce n’est pas le cas, elle met l’accent sur le coté sombre du pouvoir, les petites combines, la trahison, les alliances que d’aucun considérerait contre nature. Elle montre une classe dirigeante prête à tout pour se maintenir, une classe dirigeantes soumise aux lobbies et aux intérêts économiques, aux grandes sociétés, qui se bousculent dans les couloirs de la chambre et de la présidence, elle montre des hommes avides de pouvoir, sans foi ni loi. Tous les coups sont permis.

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Le député de Pennsylvanie, Patrick Russo (Corey Stoll), dindon de la farce

Dans ce monde, pourtant, certains ont réellement des convictions, comme le jeune député Patrick Russo (Corey Stoll, vu dans Non-stop et Minuit à Paris de Woody Allen), qui est amené à trahir ses amis, les dockers, les vrais travailleurs qui l’avaient élus pour défendre les emplois, pour améliorer la vie des gens. Ce personnage est vraiment sincère, mais il est mis dans une telle situation par ses petits camarades, qui cherchent un accord avec leurs ennemis Républicains pour passer une loi scélérate et sauvegarder quelques places, qu’il ne peut que se résoudre à décevoir son électorat, à tourner le dos à ses amis et à ses convictions profondes, à tourner le dos au monde dont il vient, celui des travailleurs, des prolos qui font vivre l’Amérique.

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Le lobbyiste Rémy Danton (Mahershalalhashbaz Ali) veille au grain.

L’instigateur le plus prolifique et méticuleux de toute cette mascarade est sans doute le député Underwood. C’est lui qui tire les ficelles, il achète les voix du Congrès pour le Président, trahit ses amis, s’accoquine avec ses ennemis. Sa vie n’est qu’un mensonge, même son couple est un mensonge malgré que sa femme Claire le soutienne dans ces aventures, etqu’elle y participe activement, à la tête d’une association de défense de l’environnement, Clean Water Initiative, en lien permanent avec les lobbies du pétrole (un drôle de paradoxe). Représentés dans la série, par Rémy Danton (Mahershalalhashbaz Ali), ancien directeur de campagne d’Underwood, maintenant employé d’une grande corporation d’exploitation gazière et pétrolière, SanCorp ,  qui apportent les financements nécessaires au député et à son groupe. Et vient, par la-même, vérifier que les intérêts de la multinationale qui l’emploie soient bien gardés.

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

La journaliste Zoé Barnes (Kate Mara)

La relation qu’il entretient avec la journaliste Zoé Barnes (Kate Mara, vue dans American Horror Story),  montre aussi la concomitance que tout ce beau monde  a avec le pouvoir médiatique. Cette journaliste n’a aucun scrupule, la manipulation est aussi son quotidien et sa soif de pouvoir est aussi grande. En fin de compte, elle ressemble au député Underwood, peut-être un peu malgré elle, échangeant son aide dans les médias contre des informations croustillantes qui font tombés un à un les adversaires politique du député et qui la propulsent en haut de l’affiche.

House of cards, dans les bas fonds de la Maison Blanche

Du sang sur les mains, une habitude à prendre…

Cette série est donc sans nul doute, une vraie dénonciation d’un pouvoir qui, sous couvert de représentation du peuple, ne se complaît que dans la réalisation de ses propres intérêts et de ceux de ses compères des grandes firmes industrielles et financières. Elle montre la démocratie à bout de souffle, transformée en oligarchie narcissique, qui ne prend plus en compte que les intérêts particuliers à la place de l’intérêt général. Elle montre un monde où les idéaux sont foulés aux pieds et où les pires crapules tournent autour du pouvoir.

Mais ceci ne doit pas nous faire oublier que la politique n’est pas que l’affaire d’une caste dirigeante corrompue et aux ordres de grands groupes intéressés seulement par l’accumulation continue des richesses. Car la politique a un impact direct sur la vie de tous les citoyens et les citoyennes, que cela soit aux États-Unis, comme dans la série, mais aussi dans nos pays d’Europe. Heureusement, les peuples n’ont pas dit leur dernier mot. L’Histoire montre que les régimes d’oppressions fondés sur la soumission aux intérêts privés et l’inégalité finissent toujours par tomber (sans présager de la suite mais c’est un constat). Cela signifie qu’une lueur d’espoir existe et qu’elle existera toujours, car cette réalité ne tient que le temps où la majorité reste silencieuse. Or quand les gens n’en peuvent plus, ils finissent par se lever !

Thomas Waret

Pour voir la bande-annonce :


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Rémy Boeringer 8262 partages Voir son profil
Voir son blog