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Castlevania III : Dracula’s Curse – charmante malédiction

Publié le 09 mai 2014 par Be-Games @be_games

Castlevania 3 - titre

La chronologie fait et défait les classiques. Retour en 1992 en Europe. Au premier semestre de cette année, la Super Nintendo arrive dans notre continent. Quelques mois plus tard, nos magasins européens proposent Super Castlevania IV qui sera (déjà) l’une des plus grosses prouesses techniques de la console 16bits de Nintendo. Bizarrement, ce quatrième épisode précède le troisième dans le calendrier de distribution européen. Fin 1992, Castlevania III Dracula’s Curse sur NES n’a alors aucune chance de marquer nos esprits impressionnés par la modernité de Super Castlevania IV. Pourtant, à l’autre bout du monde, une autre histoire se joue. Castlevania III sort au Japon fin 1989, soit une petite année avant la naissance nippone de la Super Nintendo/Famicom. Dans le pays de ses créateurs, Castlevania III a donc un boulevard devant lui, et il le mérite.

Il faut dire aussi que la série Castlevania cherche les problèmes chronologiques. Castlevania I et II sur NES content les aventures de Simon Belmont, dans le bon ordre. Jusqu’ici tout va bien… Mais Konami va ensuite fouetter la ligne du temps en plaçant l’histoire de Castlevania III plus de deux cents ans auparavant ! Puis, ce sera le bordel intégral puisque Super Castlevania IV n’est autre qu’un « remake » du premier épisode. Enfin… Deux siècles avant le fameux Simon, son aïeul Trevor Belmont a lui aussi vaillamment combattu le mal. Et devinez qui foutait déjà la pagaille à cette époque en Roumanie : Dracula !

Que Dracula’s Curse soit sorti trop tard en Europe, c’est de l’affaire ancienne. En 2014, l’actualité du jeu est son portage sur la console virtuelle de la Nintendo 3DS. Mais est-il encore jouable de nos jours ?

Castlevania III est un jeu d’action linéaire, mais relativement long et franchement difficile. Dès lors, on accepte avec plaisir le slot de sauvegarde instantanée qu’offre l’émulateur 3DS. Mais cela sera peut-être insuffisant pour vous (ça l’est pour moi, du moins). Alors, rangez votre orgueil au placard et tapez « help me » à l’écran de choix du nom. Vous disposerez ainsi de dix vies par continue (en nombre illimité) pour revenir à la dernière porte-checkpoint et non au début du niveau. Car les stages sont longs dans Castlevania III et, au risque de se répéter, difficiles…

Il y a d’abord le bon côté de la difficulté. Celui qui vous oblige à rester concentré et à utiliser les possibilités de gameplay. À cet égard, plus que dans les autres épisodes, il est essentiel de manier correctement les armes secondaires : dague, hache, boomerang, eau bénite (les vampires la détestent encore plus que la Cara Pils) ou montre qui suspend le temps. Hélas, la difficulté a un autre visage, révélé par la rigidité de la jouabilité. Grosso modo, Trevor Belmont se comporte de la même manière que Simon dans le premier Castlevania. Son fouet se tend ainsi avec une latence dangereuse et ses mouvements sont bien raides. Votre pire ennemi : les échelles. Si vous oubliez d’appuyer vers le bas pour descendre l’une d’elles, vous vous étalerez comme une merde – et une vie en moins, une ! Une fois que vous êtes positionné sur les marches, n’espérez pas non plus sauter ou frapper à votre aise. Bien trop souvent, on monte, impuissant, vers un choc inévitable contre un ennemi qui vous attend, bien cool, juste en haut des marches. Indéniablement, la souplesse physique de Castlevania IV et son fouet multidirectionnel manquent à Castlevania III.

Super Castlevania IV est aussi une merveille graphique et sonore. Mais sur ces aspects techniques et artistiques, Castlevania III se défend très bien. Au-delà de l’exploit de son rendu sur NES, Castlevania III est beau, très beau et plein de charme. Les décors sont à la pointe des capacités de la NES et sont choisis avec goût tout au long du parcours. De surcroît, la mise en scène est inventive et captivante, comme lors de l’accès à un boss ou encore dans ce stage inondé où le niveau de l’eau monte et, avec lui, la peur de la noyade. Et alors les musiques ! Quel régal d’écouter ces compositions de rêve exploitant les maigres possibilités de la console ! Lancez les trois vidéos publiées dans cet article, ne serait-ce que pour gâter vos oreilles.

Après un Castlevania II jouant la carte de l’exploration, Castlevania III revient à de l’action en ligne droite. Linéaire, oui, mais avec divers embranchements. Pas plus loin que le deuxième niveau, le premier croisement s’offre à vous. La voie du haut (la plus facile) vous réserve deux belles rencontres : Grant et Sypha. Ces personnages délivrés après les avoir vaincus comme boss vous proposent leur aide. D’une poignée de main, vous acceptez la compagnie de l’un ou l’autre qui vous suivra jusqu’au combat contre le comte maléfique.

Par une simple pression sur Select, vous basculez, en temps réel, de Trevor à Grant ou Sypha. Grant est petit, rapide et capable de s’accrocher aux plafonds. Sypha, elle, utilise la magie comme personne. Avec l’un ou l’autre, la perception des niveaux change fortement, à tel point que cette variation motive à recommencer l’histoire avec une autre formation. Attendez-vous d’ailleurs à des fins différentes selon votre compagnon. Ah et au fait, si vous empruntez le chemin vers le bas à l’embranchement précité, vous allez retrouver un bon pote : Alucard, le distingué demi-vampire du grand Symphony of the Night !

Que vous ayez connu Castlevania III à sa sortie n’a plus d’importance, car il s’agit toujours d’un magnifique jeu d’action propre à vous amuser sur votre 3DS ou ailleurs. Pensez simplement à activer le cheat code (help me) et à profiter des sauvegardes instantanées, sous peine de vous laisser submerger par la complexité du titre. Ce serait dommage, vous vous priveriez d’une belle aventure faite d’excellentes phases d’action.

Castlevania Dracula’s Curse est disponible notamment sur le magasin virtuel de la Nintendo 3DS, au prix de 4,99 euros.

Pour approfondir votre découverte de la série Castlevania, nous vous conseillons vivement le remarquable ouvrage de Gianni Molinaro « Castlevania – Le manuscrit maudit » paru aux éditions Pix’n Love.


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