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Les trésors cachés des remblais de Tasdon

Publié le 10 mai 2014 par Blanchemanche
Les trésors cachés des remblais de Tasdon
Publié le 10/05/2014  par 

On a parlé et reparlé de la partie remblayée de Tasdon. Fallait-il protéger, construire ? En attendant, les orchidées ont poussé.


Les trésors cachés des remblais de Tasdon
À la découverte des orchidées de Tasdon avec Katia Laplace-Claverie (avec le livre).© PHOTO PH. P. COUILLAUDt.brosset@sudouest.frL'orchis bouc, l'abeille, le bouffon, l'araignée, l'homme pendu, la langue, la pyramide : c'est peut-être parce qu'on les a affublées de noms très imagés que les orchidées attirent autant les curieux.Il faut dire aussi qu'elles y mettent du leur pour faire gambader les imaginations et crapahuter les botanistes : l'orphys abeille ressemble à l'insecte pollinisateur éponyme comme deux gouttes de rosée et l'araignée à celle de la toile. Tout est stratégie, séduction et piège dans la nature. Reine des fleurs des milieux calcaires, l'orchidée est une sauvage. Sobre comme un chameau, farouche comme un bouquetin des Alpes, l'orchidée choisit les terrains pauvres, ensoleillés, aérés. Comme le sont les anciens marais de Tasdon remblayés à l'arrière de la gare.CombléeIl s'agit d'une douzaine d'hectares en friche, difficile d'accès, peuplée de couleuvres, de petits rongeurs et qui fait l'objet depuis une vingtaine d'années de rudes tractations entre la Ville, les promoteurs et la justice. Car c'est là que l'association de protection du littoral rochelais avait attaqué l'ancienne municipalité sur un projet d'aménagement incluant des logements.Intégrée à la Znieff (1) des marais de Tasdon, ce grand terrain vague est un paradoxe. Ce n'est plus une zone humide comme l'autre côté de l'avenue Jean-Moulin (désormais réserve naturelle) car elle a été comblée. C'est d'ailleurs ce qui avait incité, dès l'époque Crépeau, la Ville à rendre constructible cette partie plus ingrate sur le plan de la biodiversité.Mais la nature y a finalement repris ses droits. Et les orchidées qui y poussent désormais jouent le rôle du scarabée piqueprune qui se mit en travers des bulldozers de l'autoroute du Mans : elles font barrage aux aménageurs.Jeudi 8 mai, Katia Laplace-Claverie, écologiste, enseignante et membre du comité de quartier de Tasdon, invitait les riverains à découvrir ces richesses cachées du remblai. Et ils étaient une bonne cinquantaine à la suivre avec des « Oh ! » et des « Ah ! » à la découverte de chacune des Orchis, Orphys ou Serapia qui.La route du selAu sein du groupe, Jean-Marc Soubeste, écologiste comme Katia et nouvel adjoint délégué à la mobilité. « Nous allons tout faire pour protéger le site et le rendre accessible aux Rochelais. Nous imaginons une piste cyclable qui relierait le petit pont de Tasdon à celui des Salines. » La municipalité a changé, la vision du site peut-être aussi.Elle voudrait reconstituer, mais à vélo, l'ancienne route du sel qui permettait aux sauniers de ramener leur « or blanc » vers le port. Le sel fit la richesse de La Rochelle au Moyen Âge. « Ce site, c'est mille ans d'histoire de la ville », s'émerveille Katia entre deux pétales d'orchidée.(1) Zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique.

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