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Mariani et l'esclavage

Publié le 11 mai 2014 par Malesherbes

Thierry Mariani, député de la 11° circonscription des Français de l’étranger (Asie, Océanie), a diffusé le 7 mai le twitt suivant : «  L'enlèvement par secte Boko Haram rappelle que l'Afrique n'a pas attendu l'Occident pour pratiquer l'esclavage #Déculpabilisation  ». C’est une énormité de parler de déculpabilisation de l’Occident parce qu’il aurait été précédé par l’Afrique dans la pratique de l’esclavage, d’autant plus qu’il s’est toujours considéré plus civilisé que les sauvages. Cela rappelle l’excuse candide de tout écolier surpris à frapper un condisciple : « C’est pas ma faute, M’sieur, c’est lui qui a commencé ». Qu’il ait eu ou non des précurseurs, un crime reste un crime.

Le racisme, c’est-à-dire l’attribution à un groupe humain tout entier des caractéristiques prêtées à certains de ses éléments, le racisme donc, affleure sous ces propos plaçant l’Afrique tout entière à l’origine de l’esclavage. Ils font douter de la capacité intellectuelle de celui qui les profère. Les Africains d’aujourd’hui ne sont en rien coupables des crimes commis par certains de leurs aïeux, pas plus que nous autres occidentaux le serions de la traite des Noirs ou que les Allemands non contemporains de Hitler des horreurs du Nazisme.

Avant la loi du talion, un meurtre ne pouvait être vengé que par l’extermination de toute la descendance du coupable. Ce mythe de la culpabilité trans-générationnelle a été pérennisé par la religion catholique qui des siècles durant a fait porter aux Juifs la culpabilité de la mort de Jésus de Nazareth. Est-ce que les catholiques d’aujourd’hui sont coupables du martyre de Sainte Jeanne d’Arc, des bûchers de l’Inquisition, du massacre de la Saint-Barthélemy ? C’est vraisemblablement ses années de séminaire qui ont pu conduire Thierry Mariani à patauger dans ces notions de culpabilité. Nous n’avons pas à être déculpabilisés pour des faits dont nous ne sommes pas contemporains, qu’ils aient eu ou non des précédents. Cela n’empêche pas de proclamer que l’esclavage soit un crime. Et quand, pour éviter de sembler faire acte de repentance ou de sembler accepter une culpabilité qui n’existe pas, on refuse de célébrer l’abolition de l’esclavage, on nie le fait que cette décision fut une évolution significative dans l’histoire de l’humanité. De là à dire que ces négationnistes se rangent dans le camp des esclavagistes des siècles passés, il n’y a qu’un pas.

Si nous sommes innocents des crimes de nos aïeux, nous sommes par contre responsables de tolérer que nos entreprises participent au maintien en esclavage de travailleurs étrangers tout comme nous sommes coupables de laisser des immigrés survivre dans la misère, voire de se noyer. Et un peu plus d’humanité serait à attendre de la part de ceux qui s’appellent Manuel Carlos Valls, Christian Estrosi ou … Thierry Mariani.     

 


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