Magazine Cinéma

Le Nombre 23, de Joel Schumacher [Critique]

Par Nonopool @RienAGlander

Samedi 3 mars 2007… il est 13 heures… la journée est superbe, les gens se promènent, s’installent aux terrasses des brasseries avoisinantes et c’est tant mieux car cela m’évite cette fois de faire la queue, d’autant plus que les guichets automatiques sont bien là en état de marche prêts à recevoir ma carte bleue !

Le Nombre 23, de Joel Schumacher [Critique]Le Numéro 23 © New Line Cinema

Je m’installe en plein milieu de la salle, nous ne sommes que 5 gugusses… ah non en voilà 4… et puis un troupeau de 7… 5+4+7=18…. encore un effort, faut arriver à 23 !!! rires… Tout doucement la salle s’obscurcit, les retardataires se trouvent un chemin rapidement, le film démarre, une musique assez froide sur un écran noir et blanc entâché de rouge sang… ambiance un peu bizarre. Tout le monde s’attend forcément à un super film, la bande-annonce était aguichante. Voilà le contexte dans lequel j’avais vu le film la première fois… Quelques années après, au fond du canapé, avec un bon lecteur, j’ai remis le DVD pour voir si je ressentais les mêmes choses…

Synopsis :
Walter menait une vie paisible, jusqu’à ce qu’il découvre un étrange roman "Le Nombre 23". D’abord intrigué par ce thriller, Walter s’aperçoit rapidement qu’il existe des parallèles troublants entre l’intrigue et sa propre vie. Peu à peu, l’univers du livre envahit sa réalité jusqu’à l’obsession. Comme Fingerling, le détective de l’histoire, Walter est chaque jour plus fasciné par le pouvoir caché que semble détenir le nombre 23. Ce nombre est partout dans sa vie, et Walter est de plus en plus convaincu qu’il est condamné à commettre le même meurtre que Fingerling… Des images cauchemardesques se mettent à le hanter, celles du terrible destin de sa femme et d’un de leurs amis, Isaac French. Walter ne pourra plus échapper au mystère de ce livre. Ce n’est qu’en découvrant le secret du nombre 23 qu’il aura une chance de changer son destin…

Mon avis :
Belles retrouvailles entre le réalisateur et l’acteur qui s’étaient rencontrés lors du tournage sur Batman. Joël Schumacher s’est fait connaitre avec Flatliners (L’Expérience Interdite en français, un film que je ne saurais que trop vous recommander car il est absolument génialissime) avec Julia Roberts, Donald Sutherland et Kevin Bacon. A l’époque, ce film avait reçu un accord du public sur l’intrigue menée jusqu’à son terme, la fin du film étant la seule à révéler la vérité. Nouvel exercice du cinéma à l’époque : tromper le spectateur sur le résultat final ! C’est un peu le principe de ce nouveau film "Le Nombre 23". A cela, il a su rajouter le côté flippant de "Phone Game" où le spectateur se demande ce qui va enfin arriver à la séquence suivante. Pour le fun, sachez que le nombre 23 est la 23e réalisation de Joel Schumacher !

Le film commence avec une liste impressionnante de démonstrations chiffrées… Jules César a reçu 23 coups de poignards, l’attentat de NY a eu lieu le 11/09/2001 (11+9+2+1=23), l’alphabet latin contient 23 lettres, le numéro marqué sur le bras d’Al Capone 18815 (1+8+8+1+5=23), l’axe de la terre est à 23°, le rythme biologique de l’homme est de 23 jours, le 23e psaume est le plus célèbre de tous les psaumes, la catastrophe de Tchernobyl a eu lieu à 1h23 et son emplacement géographique était au Nord 51°23’23"N, etc etc… à voir comme ça effectivement le chiffre 23 est inquiétant, il l’est encore plus si l’on s’amuse à diviser 2 par 3 car on obtient le résultat de 0,666, or tout le monde sait que 666 est la date de l’Antéchrist. Le film n’est pas commencé que tout le monde remue sur son siège…. hmmm attention pour tout ceux qui regardent le 32 sachez que ce n’est ni plus ni moins que le 23 inversé !!!

Film à la fois fantastique et un peu au delà du réel, genre X-files ou encore la 4e dimension, c’est un film qui remet en cause l’interprétation des chiffres pour expliquer un vécu ou lever une hypothèse. Si on est habitué à un Jim Carrey d’humeur taquine, on se retrouve là face à un pauvre type totalement déboulonné par sa récente découverte du nombre… 23 ! On a du mal à accrocher au départ, le film manque en effet d’un petit plus, d’un petit punch, peut être la musique n’est pas "in"…. Virginia Madsen, jolie blondinette plus connue dans le domaine télévisuel, est habituée elle à jouer dans des scénarios où l’histoire semble irréelle. C’est son élément, et elle y joue relativement correctement l’épouse de Jim Carrey, atteint de paranoïa aiguë.

Le Nombre 23, de Joel Schumacher [Critique]
Jim Carrey © New Line Cinema
Le Nombre 23, de Joel Schumacher [Critique]
Virginia Madsen © New Line Cinema

Jim Carrey travaille à la fourrière du coin et se fait mordre par un chien… histoire banale, direz vous ?! et bien non justement car c’est là que va démarrer l’histoire du chien Ned… car attention : N est la lettre 14 de l’alphabet, E la 5ème, D la 4ème… 14+4+5 = 23 !! c’est parti…. et ça va aller crescendo…

Vers le milieu du film, les choses prennent forme, le nombre 23 devient une évidence même pour le spectateur -et ça se voit- qui réfléchit pour se demander quel jour on est, s’il s’est couché à 23h23 !!! On arrive dans une ambiance obsessionnelle où enfin tous les éléments vont prendre leur place et on imagine une fin… obsessionelle au point où l’on imagine pas une personne s’enfermer entre 4 murs pour y griffoner des opérations, des lettres sans logique, mais tout amène malgré tout à 23…. L’art de Joël Schumacher est justement de nous perdre dans des conjectures qui ne sont pas les siennes et l’intrigue petit à petit apparaît surprenante, presqu’incroyable et alors la logique devient implacable.

Ma conclusion :

Pour les amateurs du genre, à voir pour le fun… intéressant… perturbant ! Personnellement je n’aurais pas fait d’épilogue… je me serai arrêtée au bus 23 (hé hé j’en dis pas plus, trouvez le film !). C’est un effet une des critiques d’ailleurs relevées par les professionnels qui du coup n’hésitent pas à dire que cela détruit le pitch ! bref… Et puis arriver au chiffre 23 serait vraiment incroyable si la méthode de calcul pour y arriver était toujours la même (ça c’est pour vous rassurer un peu !!)

Et puis enfin et SURTOUT… un truc vrai… le 23 ne peut pas être un mauvais nombre, ça c’est quasiment impossible !!! Sinon je ne serai pas celle que je suis… et je suis née un 23 !!!

Une petite bande annonce ????


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • Je fais le mort - Critique

    fais mort Critique

    Une bonne comédie policière burlesque !Mis en scène par Jean-Paul Salomé, dans Je fais le mort, François Damiens interprète un acteur qui doit faire le mort pou... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • All Is Lost - Critique

    Lost Critique

    Le naufrage d'un vrai marin d'eau douce !Après le succès de Margin Call, le réalisateur J. C. Chandor met en scène le naufrage d'un navigateur interprété par... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • Bad Grandpa - Critique

    Grandpa Critique

    Papy Jackass fait un Road Trip !Dans le film Bad Grandpa, réalisé par Jeff Tremaine, Johnny Knoxville remet pour la quatrième fois son déguisement du... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • 2 automnes 3 hivers - Critique

    automnes hivers Critique

    Une tranche de vie façon ciné/réalité !Pour son second long métrage, Sébastien Betbeder filme la rencontre d'Arman (Vincent Macaigne) et d'Amélie (Maud Wyler)... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • Don Jon - Critique

    Critique

    Sexual healing !Avec Don Jon, l'acteur Joseph Gordon-Levitt signe sa première réalisation, en plus d'interpréter le personnage principal en compagnie de Scarlet... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • Nymphomaniac - Volume 1 - Critique

    Nymphomaniac Volume Critique

    Une version sensuelle de la pêche à la nymphe !Le réalisateur Lars von Trier est de retour une troisième fois avec sa muse Charlotte Gainsbourg, pour nous... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • Les Sorcières de Zugarramurdi - Critique

    Sorcières Zugarramurdi Critique

    De la Iglesia au pays des sorcières !Le sulfureux cinéaste espagnol Alex de la Iglesia mélange à nouveau film social et film de genre en plongeant ses... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES

A propos de l’auteur


Nonopool 1137 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine