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Barbara Nativel, une coach heureuse : "j'ai trouvé ma place".

Publié le 12 mai 2014 par Montaigu

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Dans le cadre d’"un entrepreneur nous est conté", Barbara Nativel raconte son parcours pour devenir coach.

  

L’art de sonder les êtres

 Aussi loin que je me souvienne, il y a eu dans ma vie deux rencontres qui ont, l’une comme l’autre, joué un rôle décisif. J’étais une élève très dissipée, débordante d’énergie. Je m’ennuyais affreusement à l’école. Deux fées m’ont prise en charge. Un religieux oratorien qui s’est intéressé à mon cas et est  devenu en quelque sorte un précepteur. Pendant 10 ans tous les jeudis après-midi, je travaillais sous sa direction et j’adorais ça même si parfois c’était pour faire des maths. Il m’a ouvert l’esprit à la musique, l’astronomie, au grec. Il a développé en moi une grande curiosité intellectuelle. Grâce à lui, malgré mon indiscipline, en 1ère et en terminale, j’étais première dans toutes les matières.

J’étais très sportive et j’avais de l’énergie à revendre. J’allais beaucoup nager à la piscine et c’est ainsi qu’à l’âge de 14 ans, j’ai été repérée par un entraîneur, on ne disait pas coach à l’époque, en plongeon acrobatique. C’est une discipline très dure physiquement, on se fait très, très mal. Il était très attentif. Me renvoyait chez moi si je lui semblais souffreteuse mais n’hésitait pas à me faire remonter inlassablement sur le plongeoir s’il le jugeait bon.  Je me suis soumise à l’épreuve des championnats de France où j’ai terminé 4ème ! 

Après mon bac, j’ai préparé Normale Sup, dans un lycée où pour la seule et unique fois de l’histoire, khâgne et hypokhâgne ont été fusionnées. Avant de passer les concours, le doute m’a saisie. Je ne me sentais aucune envie particulière  d’être prof ou fonctionnaire. Je suis partie en Grèce, à Mykonos. Je baragouinais quelques langues étrangères dont le grec, grâce auquel j’ai convaincu un marin grec de s’associer avec moi  pour faire la tournée des plages en proposant aux estivants des tours de ski nautique. J’ai vécu comme ça pendant trois mois puis je suis rentrée en France. Je me suis inscrite à la Sorbonne en sémiologie linguistique. Je suivais également en auditeur libre les enseignements de sociologie et anthropologie.

 Je suis entrée dans une boîte  spécialisées dans les études qualitatives pour la grande consommation. J’ai réalisé des centaines d’interviews, dans toute la France, auprès de tous les milieux. C’est extraordinairement formateur et retiens bien ça : c’est en ouvrant le frigidaire des gens qu’on apprend le plus sur eux.

Puis ce fut l’IFOP. De sociologue, je suis devenue politologue, j’ai basculé dans  l’étude de l’opinion publique pour expliquer l’évolution des votes. On est toujours un peu dans le frigidaire. Je me suis passionnée pour des sujets qui à ce moment là ne faisaient vibrer personne : le Front national dont j’avais l’intuition qu’il deviendrait un vrai parti politique et les musulmans en France.

J’ai glissé vers le coaching politique. La prise en compte de la communication non verbale, de la dimension émotionnelle des hommes politiques, de leur relation avec les gens, de leur style, de leur personnalité, de leur comportement à la télévision  pour mesurer l’impact de l’ensemble de ces données sur la psychologie de l’électeur. Sujet totalement nouveau. J’ai pris en main des hommes politiques pour les préparer à des meetings, des passages à la télévision. Puis comme tous les chercheurs à l’IFOP étaient diplômés de Sciences Po, j’ai donc fait science po.   

  J’ai traîné mes guêtres ensuite à l’Ipsos et à la Sofres où j’ai élargi mon périmètre de compétences à des études stratégiques et de prospective pour des groupes privés. Exemple, dans 5 ans, quels seront les critères qui guideront l’achat d’une voiture : la technologie, la sécurité, l’environnement etc.

 Toute bonne chose a une fin, guettée par un phénomène d’usure.

Je me suis vue pérorer dans une réunion, dans une posture  d’expert narcissique. Je me suis interrogée sur la pertinence de la vision que je proposais dont par essence je n’étais pas partie prenante. Je sentais mes valeurs bousculées par les conséquences humaines de certaines de mes préconisations comme des fermetures d’usines.  Bref il était temps que j’arrête.

 Ensuite, que faire ?

Naturellement, j’ai glissé vers le coaching comme une conséquence logique de mon parcours. Je savais analyser les situations complexes, j’avais observé les entreprises et parfois le mal être qui y règne, dirigé suffisamment de réunions de groupe pour analyser les interactions entre les gens : la souffrance, la peur, la lâcheté, des leaderships inadaptés. J’allais être en relation directe avec des personnes à qui je transférais mon savoir faire pour répondre à une demande, à un besoin de sens et de maturité.

De la sorte je gardais le meilleur, alignée sur mes valeurs. 

Donc acte et je suis coach depuis 2006.

Comment ta vie a-t-elle changé ? 

 Financièrement, déjà. Au départ les rentrées d’argent étaient  en dent de scie. Il est nécessaire de définir une expertise dans un métier en constante évolution. Le sujet qui me tient en haleine est la femme dans le monde de l’entreprise. Non pas comme un sujet marketing destiné à me pourvoir en clientes mais une vraie réflexion sociétale. Comment aider les femmes à trouver une place dans l’entreprise selon leurs propres critères et non pas comme une adaptation à un monde masculin. En fonction de leurs valeurs, de leur vie privée, comment leur permettre d’accéder à une carrière épanouissante.

Les mentalités évoluent, les acteurs au sein des entreprises deviennent plus réceptifs à la question de la parité, de l’égalité des salaires. Mais néanmoins il faut les accompagner, leur  proposer des solutions pour développer leur empathie, leurs talents  pour qu’elles se sentent en mesurer d'offrir leur propre vision du  management.

J’ai fondé le réseau professionnel féminin " Nice to meet You", dans cet esprit.

En clair, je suis à ma place.

Les sujets bons et moins bons auxquels tu te confrontes. 

Je dirais simplement certains accompagnements qui sont plus frustrants que d’autres. Par exemple quelqu’un qui n’a pas envie d’être coaché mais dont son entreprise en a décidé autrement et pour qui je suis le choix par défaut, la grippe plutôt que le choléra.

La partie paperasse imposée par l’administration dans les entreprises, les procédures, les normes qui s’appliquent aux fournisseurs. C’est un boulot souvent considérable qui pompe énergie et temps et que de plus je ne facture jamais.

La frustration quand parfois je me plante ou que  je  ne trouve pas la porte d’entrée. J’en suis malheureuse. Et aussi quand des clients individuels abandonnent alors que le meilleur reste à faire.

 Le mot de la fin : se sentir à sa place.


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