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Les emmerdeurs au cinéma

Publié le 13 mai 2014 par Didier Vincent

Habitant Deauville, je vais au Festival du Cinéma Américain chaque année depuis un bon bout de temps. Le CID est la principale salle de projection, une immensité avec ses 1 500 places. Donc, le panel de la faune cinéphilique y est représenté dans toute sa variété et la cohabitation d'une telle quantité d'individus hétéroclite durant une heure et demie est sujette à frictions, voire même parfois altercations virulentes.

C'est d'abord celui qui, sitôt arrivé, balise les sièges vides de sacs, pulls, vestons, écharpes pour les copains. J'en connais qui squattent ainsi cinq ou six fauteuils sans vergogne, en toute impunité et ce jusqu'au moment où le film débute. Quand vous arrivez dans une salle qui vous semble à moitié vide, elle est en fait toute réservée, peuplée de fantômes gardés par des cerbères vigilants et peu amènes.

Quand vous êtes installés, bien souvent, vous héritez du grand qui s'assoit devant vous ou encore d'un quidam à la chevelure expansive. A côté de vous, l'accoudoir est pris d'office pour l"aisance de votre voisin et vous recevez des coups de genoux répétitifs dans votre dossier. Il faut ajouter le défilé des gens qui se lèvent et se rassoient avant la séance et n'évitent pas de vous marcher sur les pieds. Au CID il est aussi de bon ton de se téléphoner dans la salle elle-même pour se retrouver avec force signes, de brandir son iPad pour filmer la foule, de flasher la scène à tout crin, de scruter des yeux l'assemblée à la recherche d'une star quelconque afin de se ruer vers elle pour lui faire signer un autographe sur un papelard informe.

Les lumières s'éteignent, le bruissement cesse, les raclements de gorge se calment, les toux s'étouffent, place aux lucioles des textoteurs qui distillent leur aura à différents endroits aléatoires. C'est sympathique mais cela disperse un peu l'attention. Et puis, restent ceux qui n'ont pas achevé leur conversation sans doute fortement urgente et intéressante et continuent de jacter au début du film.

Oups ! J'oubliais les retardataires qui tâtonnant, trébuchant, couinant, chuchotant fort jouent les morts vivants fantomatiques à la recherche d'une place vide, effleurant une tête, écrasant un pied, s'excusant, rebroussant chemin, cachant l'écran.

Arrivent alors les bruits d'emballage intermittents. Ne vous êtes vous jamais assis à côté de quelqu'un qui dépiautait un bonbon toutes les deux minutes et qui, voulant faire le moins de bruit possible, opérait le plus lentement, faisant durer ce crissement agaçant ? N'oublions pas les commentateurs qui vivent l'action, qui croient que c'est réel et qui donc se doivent d'intervenir en débattant avec leurs voisins avec force remarques, coups de coude, explications avisées.

Et puis ceux qui ronflent. Au Festival, cela arrive aux séance de l'après-midi, lors de la digestion. moi-même, parfois, quand le film est légèrement soporifique, il m'arrive de temps à autre de piquer du nez...


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