Rosemary’s Baby // Mini-series. Part 2.
BILAN
En s’emparant d’un livre et accessoirement d’un film comme Rosemary’s Baby, il fallait que la production soit à la hauteur. Après une première partie médiocre mais pas totalement
ratée, cette seconde partie lamine complètement l’histoire et plonge alors dans tout ce que Rosemary’s Baby n’aurait jamais dû être. Disons que tout d’abord le charme ne parvient
jamais à réellement opérer. Les personnages sont donc plongés dans une catatonie assez lamentable. C’est dommage de nous offrir une narration aussi lourde pour un récit aussi fascinant et
passionnant. Car la base même de l’histoire est très simpliste et se complexifie petit à petit. Mais cette semaine partie est bâclée, oubliant complètement de cloîtrer le personnage de
Rosemary. C’est ce qu’il aurait fallu faire afin que l’on ressente sa douleur et les problèmes qu’il y a autour de sa grossesse. Du coup, cette nouvelle lecture du roman et du film tombe dans
l’excès par moment. Surtout au travers de son héroïne qui en fait des tonnes sur des tonnes. Et pendant ce temps on ne voit presque pas les personnages les plus intrigants de la série incarnés
par les excellents Carole Bouquet et Jason Isaacs. Il y a quelques scènes assez amusants mais c’est tout de même sacrément grotesque, notamment quand notre flic
commence à avoir aussi chaud que s’il était dans un sauna mal réglé.
Le côté Destination Finale manque cruellement d’inspiration et la séquence n’a pas grand intérêt. Disons qu’elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Certes le fait que le flic
voulait rencontrer Rosemary à nouveau afin que cette dernière puisse lui dire ce qu’elle a trouvé ce n’était pas bête mais au fond, c’est cruellement peu inspiré. Le récit ne cherche jamais à
nous surprendre alors que le téléspectateur est dans l’attente de réponses. En tout cas moi j’aurais bien aimé avoir des réponses et comprendre ce que Rosemary’s Baby voulait
réellement me conter mais il n’en est rien. Heureusement d’ailleurs que j’ai déjà vu le film de Roman Polanski et que je connais donc déjà l’histoire car l’on ne peut pas dire
que l’épilogue soit satisfaisant. Bien au contraire, j’ai même eu l’impression que cet épilogue était tout ce que Rosemary’s Baby n’aurait jamais dû être. Il y avait largement de
quoi faire avec le côté satanique, les rituels, etc. mais au lieu de ça, les scénaristes étirent en longueur ce qu’ils ont déjà vu dans le film pour en faire une mini série qui dure deux fois
plus de temps (ou presque). C’est dingue. Surtout que l’on ne peut pas dire que cela soit une série contemplative. Elle se veut rythmée mais n’a pas les ingrédients suffisants pour l’être.
Alors
quand j’ai vu ce second épisode j’ai encore plus pensé à 666 Park Avenue et le gros potentiel raté que cette série fût. C’était tout de même douloureux, surtout sur la fin. La
fin de la première saison de cette série est presque la même que la fin de cette histoire mine de rien. L’héroïne finie par rentrer dans le rang car c’est comme ça et puis c’est tout. Etait-ce
quelque chose de réussi ? Je ne pense pas non plus mais voilà, c’est encore une fois le problème de cette série et peut-être même de pas mal de séries dans ce genre là. Il n’y avait pas de bonne
raison de faire un remake de Rosemary’s Baby. Surtout que le film était déjà bon et qu’il est encore suffisamment visionnable d’un point de vue purement visuel (surtout en
version haute définition) pour que l’on ait envie de se le procurer. Alors que cette mini-série fait toutes les erreurs qu’il ne fallait pas faire, cette idée de base qui était déjà bien mauvaise
devient particulièrement terrifiante. En tentant constamment de faire en sorte de s’éloigner de l’original, Rosemary’s Baby perd complètement les pieds et tombe donc dans la
parodie. Zoe Saldana en fait en plus de ça des caisses dans cette seconde partie. Et Patrick J. Adams est aussi intéressant qu’une porte coulissante d’un
supermarché alors qu’il est bon dans Suits. Rosemary’s Baby a donc réussi à ruiner un joli casting en une vraie purée de n’importe quoi.
Note : 2/10. En bref, seconde partie dans les choux.
