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Et l’on reparle de l’Open Sky, mais en Tunisie…

Publié le 25 mai 2014 par Fouzi53 @fouzi53

FTAV

Et c’est au tour de nos confrères tunisiens d’avoir à ce prononcer sur l’ouverture de leur ciel aux compagnies européennes. En effet, c’est ce vendredi que les agents de voyages Tunisiens, réunis pour fêter dignement le 5O eme anniversaire de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages(FTAV), ont eut a débattre de ce sujet d’actualité,  après plusieurs années de crise liée à la révolution de Jasmin et dont ils ont beaucoup de mal à se sortir.
Vu sous cet angle, et tel que présenté par l’Ambassadrice de l’union Européenne en Tunisie, Mme Laura Baeza, présente lors de cette manifestation, l’open Sky semble être la solution pour sortir le pays de la crise et permettre à l’industrie touristique tunisienne de retrouver la croissance dont elle a tellement besoin au vu des infrastructures existantes notamment en matière d’hébergement.
Etant à moins de 3 heures de l’Europe et proposant un produit balnéaire accessible au plus grand nombre, La Tunisie est la destination idoine des lowcost pour proposer des vols bon marché à une clientèle européenne à la recherche de bons plans pour passer des vacances au soleil. Pour cela, l’Etat Tunisien sera mis à contribution, comme cela a été le cas pour le Maroc, par des campagnes de co-marketing et des avantages importants qui seront accordés aux nouveaux entrants.
Il est vrai, que lorsqu’on est à ce point dépendant des dessertes aériennes pour développer des flux importants, il ne faut pas lésiner sur les moyens pour attirer les compagnies aériennes. Cependant, dans ce deal, il ne faut pas oublier les entreprises nationales qui œuvrent dans le secteur du tourisme et qui ne sont pas du tout préparées a ce débarquement orchestré qui fera certainement des dégâts collatéraux en leur sein.
Les premiers qui feront les frais, seront les compagnies nationales, car elles sont dans l’impossibilité de lutter avec les compagnies lowcost, dont le business model est taillé pour atteindre directement les consommateurs. C’est du B to C direct, sans intermédiaire et avec des couts minimisés : vente par internet, service minimum, confort minimum et contraintes maximum. L’expérience marocaine en ce sens est édifiante, la RAM a été atteinte de plein fouet et à ce jour continue à subir la concurrence des lowcost jusque dans son Hub à Casablanca.
Je ne parlerai pas d’Atlas Blue ni de Jet4you, les deux lowcost marocaines qui ont été balayées lorsque l’armada lowcost a débarqué au Maroc. Alors qu’adviendra t il demain de Tunisair qui verra en outre son capital ethnique aspiré par l’offre lowcost?
Les suivants, seront les TO , car il faut le savoir, le lowcost chasse le charter, il propose aux touristes une multitude de possibilité de séjour à des prix défiant toute concurrence. De fait, le charter, avec ses rotations d’une semaine, ne plus se maintenir surtout avec des sièges à 250€ et les TO ne pourront plus prendre des risques sur l’aérien. La suite vous la connaissez…..
Bien sûr cela aura une incidence directe sur les réceptifs, qui verront peu à peu leur marge de manœuvre se réduire au profit des hôteliers qui chercheront, et c’est légitime, de traiter en direct avec les touristes. C’est là qu’interviennent les OTA qui vont proposer leur plateforme de distribution aux hôteliers moyennant des commissions dont n’auraient jamais rêvés les réceptifs. Lesquels hôteliers n’auront pas d’autres alternatives que de se soumettre aux exigences et contraintes de la vente online dont commencent déjà à se plaindre les hôteliers européens.
La Tunisie et Le Maroc présentent beaucoup de similitudes en particulier dans les marchés émetteurs où souvent ils se partagent la même clientèle. Il y a quelques particularités qui les distinguent notamment lorsqu’il s’agit de la saisonnalité, avec un léger avantage pour le Maroc notamment en hiver. La France est aussi le premier marché émetteur pour la Tunisie, et lorsqu’on connait les effets de l’open sky sur les TO français on ne peut que craindre le pire pour la Tunisie.

Il est donc clair, que les mêmes causes, produiront les mêmes effets.

Alors si cela est inéluctable , le moins que l’on puisse faire est d’en avertir les intéressés et surtout de demander un moratoire avant sa mise en œuvre, afin de permettre aux acteurs d’en évaluer les retombées et d’en minimiser les risques.
Au Maroc, la décision a été prise dans le cadre de la vision 2010, et nous avons été plusieurs à l’applaudir. Il faut dire que nous avions vécu des années de protectionnisme et de contraintes, qui faisaient que nous , agents de voyages, voyons en l’arrivée de l’Open Sky la fin de toutes nos frustrations et le début d’opportunités réelles pour développer notre business de manière pérenne. Hélas, force est de constater aujourd’hui, que nous avions mésestimé les effets pervers de l’Open Sky et nous en payons le prix fort.
J’étais invité à participer à ce débat avec mes confrères tunisiens et j’ai dû, pour des raisons indépendantes de ma volonté, annuler mon voyage. J’en suis navré et profondément désolé et j’espère, à travers ce  témoignage,  avoir apporté ma modeste contribution et transmis ma profonde conviction sur le sujet.


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