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Faut-il bien écrire pour se faire comprendre ?

Publié le 26 mai 2014 par Aubonheurdesmots

Il y a des livres qu'il est bon de garder en permanence sur son bureau. Rework - Réussir autrement - de Jason Friend et David Hansson vous dit sans doute quelque chose. Un livre sans conteste à mettre entre toutes les mains, du moins dans celles de ceux qui veulent vivrent autrement ou qui ont une autre conception du travail. De ce livre inspirant et motivant, je tenais à vous faire partager un extrait.

Les auteurs de ce livre conseillent, si on a le choix, d'embaucher la personne qui s'exprime le mieux à l'écrit. Ce qui est d'autant plus judicieux pour un poste en marketing, en vente, en conception par exemple. Mais pas seulement, à mon avis.

Embauchez-les-gens-qui-écrivent-le-mieux
Comme le disent les auteurs, "une écriture claire dénote une pensée claire. Les gens qui écrivent bien savent communiquer. Ils savent ce qu'il vaut mieux ne pas dire". Et comme ils le font remarquer très justement, "l'écriture revient en force dans tous les secteurs de la société".

Leurs propos m'ont renvoyée vers l'article que j'avais écrit fin 2011 pour le blog More than Words - dont je reprendrais tout ou partie le contenu - intitulé "Faut-il bien écrire pour se faire comprendre ?".

Le bon usage du français dans nos échanges n’est pas plus indispensable que superflu. Je dirais même qu’il pourrait très bien ne pas être considéré comme obligatoire, du moins mais nécessaire selon la cible à laquelle s’adresse votre message.

Le domaine du travail est de plus en plus mouvant. En sus des compétences propres à la fonction pour laquelle vous postulez, de plus en plus d’entreprises réclament des compétences transversales, dont de posséder des compétences langagières. Sur le web, sur les réseaux sociaux, blogs, la e-réputation peut passer par un minimum de maîtrise de la langue française dans les messages diffusés. Elle est un plus si l’on veut soigner sa e-réputation.

D’être dans le flux transforme l’usage du français

Dans une société dominée par les écrans, les images chocs, bien écrire, ou tout du moins écrire dans un français correct a-t-il encore un sens ? Les mots et l’écrit ont-ils encore tout leur sens ?

Certes, la limitation du nombre de caractères SMS ou Twitter imposent l’usage constant d’abréviations qui ne sont souvent pas conformes au "bon usage" mais vous comme moi pratiquons les deux langages : le français et le SMS.

Nous n’arrivons pas forcément toujours à exprimer clairement notre pensée, à trouver les mots adéquats quand nous correspondons par email, de plus si une réponse doit être faite rapidement. Il peut arriver que les phrases puissent être interprétées différemment par le récepteur, entraînant une suite de malentendus avec des conséquences parfois graves.

Une bonne orthographe est en mesure d’éviter les ambiguïtés dans la communication écrite.

Ecrire dans un français correct, suffirait-il ? Dans beaucoup de situations, oui, sans conteste. Ne faut-il pas également y ajouter un lien, une image, un son, une vidéo, et instaurer un échange communautaire ? Certes ils peuvent être dix fois plus explicites que des mots.

Et quand bien même, avoir ajouté un lien, une image, un son, une vidéo, si tant est que chacun soit pertinent, compenserait-il une écriture dans un français moyen ?

Quand on ne sait pas construire une phrase, il est difficile d’écrire et donc de communiquer.

Quand on ne sait pas orthographier un mot, il est difficile de se faire comprendre et donc de communiquer.

L’écrit est un élément d’accroche, d’interpellation.

Voyez l'importance que prennent les moyens de communication comme les blogs.

Selon une enquête publiée par vizu.com, c’est la qualité de la rédaction qui est le premier facteur de choix (43,9 %), de reconnaissance (56,3 %) et de crédibilité (51,5 %) pour la lecture d’un blog.

Chaque individu d’un groupe parle le même langage

Faisant suite à une discussion lancée sur Viadeo, Kévin F. me répondait : "Sur un réseau 2.0 ou dans la vie de tous les jours, nous nous adressons avant tout à nos groupes de pairs. Il va de soi que chaque individu du groupe parle le même langage, avec ses codes et ses expressions propres : c’est ce que l’on appelle les différents registres de langue. Ainsi, je ne pense pas qu’un jeune communiquant sur Facebook avec ses amis en “langage SMS” soit exclu du groupe. Bien au contraire, il l’intègre parfaitement ! Là où la difficulté se fera sûrement sentir, c’est lorsqu’il devra s’adresser à un profil différent de ses pairs. À ce moment précis, il devra changer de registre de langue : c’est là que l’exclusion peut éventuellement apparaître".

Finalement, comme l’explique Kévin, la langue n’est que la barrière qui sépare les différentes catégories sociales. Notre niveau de langage nous intègre au sein de notre groupe de pairs, et nous exclut des autres. Sauf pour celui qui sait jongler entre les différents registres de langue…

Celui qui parlera le même langage que le groupe auquel il s’adresse, aura acquis leurs codes, leurs expressions, pourra d’autant plus l’intégrer, se sentir accepté, y faire sa place, leur faire passer un message, être compris, les séduire. Avec les bons mots, des phrases chocs, une belle rhétorique, ou tout simplement une bonne histoire, il pourra attirer l’attention, faire mouche, se faire remarquer, être demandé, reconnu pour son expertise.

Et si à côté des mots, des écrits qu’il diffuse, s’ils font sens, il y ajoute un lien, une image, une vidéo pertinents, et instaure un échange, un lien, il aura de fortes chances d’être influent.

Le bon usage du français est visiblement de plus en plus requis ne serait-ce que dans une situation d’embauche, d’évolution de carrière où il peut être discriminatoire, voire éliminatoire. L'enquête de Robert Half révèlerait que 35 % des lecteurs de CV les rejettent s'ils y détectent deux ou trois fautes d'orthographe. 20 % des recruteurs n'en laissent pas passer une seule. Même s'ils sont autant à tolérer 4 à 5 fautes avant d'envoyer le document au panier.

Tout comme sur les réseaux sociaux pour se mettre en relation avec un client potentiel, se rapprocher d’un groupe de pairs, sur ces réseaux sociaux que l’on disait « virtuels » et qui sont bien réels.


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