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LE CIRQUE JULES VERNE - AMIENS (Somme)

Publié le 01 juin 2014 par Aelezig

Le Cirque Jules-Verne est situé place Longueville à Amiens. Construit en 1889 par l'architecte Émile Ricquier, il portait le nom de Cirque municipal d'Amiens jusqu'en 2003. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1975 pour ses façades et toitures.

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La tradition du cirque à Amiens remonte à 1845. À cette époque, on élève chaque année, pour la Foire de la Saint-Jean, un bâtiment éphémère en planches que l’on démonte ensuite. En 1865, une Société du Cirque se constitue afin d’encourager la municipalité d’Amiens à construire un cirque en dur, comme vient alors de le faire la ville de Reims. Le site de la place Longueville est définitivement retenu, mais la ville hésite devant l’ampleur de la dépense. Prudente, elle décide de construire en 1874 un cirque provisoire en bois qui se maintient péniblement jusqu'en 1888.

L’impulsion définitive est donnée par le maire républicain d’Amiens, Frédéric Petit. Celui-ci se voit activement soutenu par Jules Verne, installé à Amiens depuis 1871 et futur conseiller municipal. On trouve une trace de l’amour de l’illustre écrivain pour le cirque dans deux romans qu’il écrit à Amiens : Mathias Sandorf, en 1883, et César Cascabel, en 1889.

Les plans sont confiés à Émile Ricquier, architecte du département de la Somme et ancien élève de Gustave Eiffel. Les dépenses engagées pour la construction du cirque se révèlent colossales. L’importance des dépenses est principalement liée à l’échelle monumentale du projet et aux coûteux travaux de fondations, rendus nécessaires par la présence des vestiges de l’ancien bastion de la ville et le passage d’un tunnel ferroviaire sous la place. À cela s’ajoute la volonté de doter le cirque d’un éclairage électrique et d’un chauffage central, alimentés tous deux par une machine à vapeur.

Émile Ricquier conçoit tout d’abord un bâtiment de style régionaliste s'appuyant sur le style architectural amiénois avec la brique rouge, tout en laissant apparaître les structures métalliques propres à son apprentissage chez Gustave Eiffel. Charles Garnier, alors rapporteur du Conseil Général des Bâtiments Civils, n'est pas satisfait du projet et lui réclame un enduit pour donner un esprit pierre à l’édifice. L'architecte amiénois revoit alors ses plans et a recours à une inspiration plus parisienne et plus académique, c'est-à-dire à un style néoclassique, éclectique et historicisant. L’architecte de l’Opéra de Paris est donc à l’origine du projet définitif.

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Le plan consiste en un polygone à 16 pans, centré sur une piste circulaire. On ne voit pas de bâtiments fonctionnels adjacents, tels que loges d’artistes, écuries, selleries, magasins d’accessoires. Émile Ricquier les a intégrés au rez-de-chaussée même du cirque, sous l’amphithéâtre.

La façade principale est marquée par un portique d’entrée en avant-corps, orné de l’inscription : CIRQUE MUNICIPAL en lettres d’or sur fond de pierre blanche. De part et d’autre, deux pavillons bas, couverts en terrasse, abritent une buvette et un buffet.

La décoration intérieure du Cirque d’Amiens a quelque peu évoluée au cours des siècles. Les décorateurs du XIXe siècle, fidèles aux principes de l’éclectisme, optent résolument pour le style pompéien. Sur les parois à fond rouge antique, ornées de guirlandes soulignant les fenêtres, ils tracent une frise polychrome où alternent des têtes d’hommes et de femmes. Dans les losanges et les caissons dessinés par les entretoises du plafond et ourlés d’un filet d’or, ils sèment arabesques, fleurs et rosaces. Dans le hall et les coursives donnant accès aux gradins, ils multiplient les faux marbres, les stucs, et les mosaïques. De cet état ancien, il subsiste quelques traces sous la décoration actuelle.

Le dimanche 23 juin 1889, le Cirque est inauguré par le maire Frédéric Petit et Jules Verne, qui, en tant que Vice-Président de la 4e Commission, chargée des affaires culturelles, prononce le discours d’usage.

Alors que de nombreux cirques en dur disparaissent tout au long du XXe siècle en France, celui d’Amiens survit aux risques de démolition et aux désastres des guerres. Seul un obus, en 1916, endommage la toiture et les buvettes, et fait disparaître l’une des deux marquises de fer forgé qu’Émile Ricquier avait tendues au-dessus des guichets. En 1958, la cheminée de 35 mètres de haut est raccourcie de 10 mètres au prétexte de la sécurité.

Son enveloppe d’origine ainsi préservée, le Cirque va accueillir les multiples activités pour lesquelles il a été conçu. À la fois cirque, palais des congrès, salle de spectacle polyvalente, il accueille les meetings, les fêtes, les séances de cinéma, les compétitions de boxe ou de catch, ainsi que les spectacles de variété. Les plus grands noms de la piste et de la scène s'y produisent. En outre, la qualité de son architecture et son charme authentique attirent de grands noms du cinéma qui viennent y tourner plusieurs scènes de leurs films. C’est le cas de Federico Fellini pour Les Clowns en 1972, de Jean-Jacques Beineix pour Roselyne et les lions en 1989, ou de Nico Papatakis pour Les Équilibristes en 1991.

Les années 80 voient la création de l'Ecole de Cirque d’Amiens, avec le soutien d’Annie Fratellini.

Consciente de la valeur patrimoniale et culturelle de son cirque municipal, la communauté d'agglomération d'Amiens Métropole décide de procéder en 2002-2003 à la rénovation complète de l'édifice. Aux travaux de restauration et de nettoyage des façades, effectués en 1992, succède un vaste programme de restauration des espaces intérieurs sous la conduite des architectes Eric Dubosc, Marc Landowski et Michel Lefort.

Le Cirque est mis aux normes de confort, d'espace et de sécurité modernes, tout en cherchant à respecter l’esprit initial du lieu. Les vitraux du lanterneau sont restaurés. Réalisée dans le cadre d'une commande publique, une composition picturale de l’artiste autrichien Ernst Caramelle trace désormais sur la coupole une étoile à huit pointes qui rappelle délibérément la toile des chapiteaux itinérants.

En novembre 2003, le Cirque ouvre à nouveau après un an et demi de travaux de rénovation. A cette occasion, l'édifice inauguré par Jules Verne porte désormais officiellement le nom de l'écrivain. Le Cirque Arlette Gruss est associé très directement à cette réouverture puisqu’il y présente alors son tout nouveau spectacle et transfère son siège social à Amiens.

Plus grand cirque en dur de France, le Cirque Jules Verne compte 1 650 places en circulaire ou 1 400 places en mode scène. Sa piste fait treize mètres de diamètre.

Aujourd'hui, le Cirque Jules Verne est un EPCC Pôle National Cirque et Arts de la Rue dont la vocation principale est de promouvoir le cirque sous toutes ses formes ; du cirque traditionnel aux cirques contemporains, tout en s'ouvrant aux autres formes artistiques. Dans le cadre de sa programmation, le Cirque accueille aussi régulièrement des concerts, des One-man-show, etc.

A voir un jour

D'après Wikipédia

 


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