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Les Charentais pourraient déclarer la guerre de sécession

Publié le 04 juin 2014 par Blanchemanche

Véritable tollé, côté charentais, où l’on ne veut pas entendre parler de la région Centre


Les Charentais pourraient déclarer la guerre de sécession
En tête de la jacquerie, les deux présidents des Conseils généraux de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, et de Charente, Michel Boutant© PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST » Publié le 04/06/2014 par 
Le programme commun mis en place par les universités de Poitiers, La Rochelle, Tours, Orléans et Limoges pourrait bien être l'arbre qui cache la forêt. Car, oui, les universitaires se réjouissent de la carte dévoilée par François Hollande, carte qui réunit Poitou-Charentes au Limousin et à la région Centre ! Mais ils sont quasiment les seuls.
Car c'est un véritable tollé qui a accompagné hier l'annonce présidentielle, d'Angoulême à La Rochelle. Une jacquerie à la charentaise menée par les présidents de Conseil général, Michel Boutant et Dominique Bussereau, qui sentent le vent du boulet.Cette réforme territoriale en deux temps - d'abord les régions, ensuite les départements - ne leur promet rien de bon. Ils voulaient se rapprocher de Bordeaux et garder leur Conseil général, ils auront Orléans avec Limoges en prime, et devront à terme dissoudre l'assemblée qu'ils président. Du coup, ils mobilisent le ban et l'arrière-ban de la classe politique et des milieux économiques pour s'opposer à ce qui leur apparaît comme un diktat de l'Élysée. Réunion des quatre Conseils généraux ce vendredi à Ruffec, annonce d'un référendum sur la question, à l'automne, que l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin appelle lui aussi de ses vœux, en dénonçant « le fait du prince » de l'Élysée.Le « parti charentais »C'est le branle-bas de combat avec l'étendard du « parti charentais » cher à l'ancien président de Charente-Maritime, Claude Belot. Ce dernier devrait d'ailleurs faire entendre sa voix au Sénat sur le sujet. Agrégé de géographie, il n'ignore pas que Jonzac se trouve à 400 kilomètres et quatre heures d'Orléans, l'actuelle préfecture régionale. Car cette nouvelle région XXL taillée depuis Paris sera la plus grande de France : deux fois la Suisse et quasiment la surface du Portugal, pour une population de 5 millions d'habitants. C'est la réunion de trois des « régions les moins riches de France », analyse l'historien poitevin Jean-Marie Augustin.Côté rochelais, on s'était montré assez nuancé. Du moins jusqu'à hier. Pour Jean-François Fountaine, le président de l'agglomération, à défaut de Bordeaux qui avait sa préférence, pourquoi pas Nantes ? Géographie oblige, la Vendée est à un quart d'heure au nord de La Rochelle. Mais de là à imaginer qu'il faudrait faire pot commun avec Dreux, Guéret, Montargis ou Ussel, il y a une marge.Du coup, Rochelais et Rochefortais se sentent plus charentais que jamais. Risque-t-on d'assister à un éclatement de la région Poitou-Charentes sur l'autel de ce redécoupage ? C'est ce que craint notamment Françoise Mesnard, maire de Saint-Jean-d'Angély, vice-présidente du Conseil régional et ségoléniste de la première heure. Elle-même ne trouve pas ce « découpage judicieux ».La dynamique bordelaiseChez les Charentais de l'intérieur, seule Madeleine Ngombet-Bitoo, élue confolentaise à la Région, proche de Ségolène Royal, n'hésite pas à défendre le rapprochement de Poitou-Charentes avec le Centre et le Limousin. Une goutte d'eau dans un océan de réprobation.Daniel Braud n'en a pas fermé l'œil de la nuit. Le président de la CCI d'Angoulême travaille depuis de longs mois sur le renforcement des liens avec les instances consulaires bordelaises. La fusion avec le Centre et le Limousin le laisse pantois. « Notre développement économique passera par l'Aquitaine. Ce découpage politique ne tient en aucun cas compte des réalités économiques du territoire. »« Aujourd'hui, une centaine d'entreprises implantées dans le secteur d'Angoulême ont leur siège social en Gironde. Elles doivent être une trentaine dans le secteur de Cognac. Et un étudiant charentais sur deux choisit Bordeaux. La dynamique bordelaise va s'accentuer avec le temps. Notre territoire en profitera », insiste Jean-Christophe Boulard, directeur de l'action économique à la CCI d'Angoulême.Président de Poitou-Charentes, Jean-François Macaire marche sur des œufs. Il veut conserver l'unité de sa région. Mais il est poitevin. Donc tenté par l'aventure tourangelle. Il ne peut cependant ignorer la révolte des Charentais, qui menacent de faire sécession. Et il sait bien que des amendements ne sont pas à exclure, « une fois que la loi passera entre les mains des parlementaires ». Amendements qui pourraient ouvrir une brèche dans l'unité picto-charentaise et entraîner le divorce. Avec ou sans consentement mutuel.http://www.sudouest.fr/2014/06/04/les-charentais-pourraient-declarer-la-guerre-de-secession-1575078-1391.php
Non à La Région Poitou-Charentes avec le Limousin et le Centre ! signez la pétition: http://larochelle-rebelle.blogspot.com/2014/06/non-la-region-poitou-charentes-avec-le.html

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