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La mer Baltique étouffe de plus en plus

Publié le 09 juin 2014 par Blanchemanche

TERRELa mer Baltique étouffe de plus en plusterre - 22/05/2014 par Mathias Germain dans mensuel n°488 à la page 16 Les écosystèmes de la mer Baltique se dépeuplent dans ses zones les moins oxygénées. En cause, le réchauffement climatique et la pollution due à l'agriculture intensive.La Baltique, future mer morte ? Lorsque l'eau a une concentration d'oxygène dissous inférieure à 2 milligrammes par litre, la vie n'y est presque plus possible. Or, en un siècle, les zones sous-oxygénées ont été multipliées par dix en mer Baltique, selon Jacob Carstensen, de l'université d'Aarhus, au Danemark, et des confrères suédois [1]. Ce constat alarmant découle de l'analyse des données de salinité, de température et d'oxygénation recueillies entre 1898 et 2012 dans deux grands bassins situés autour de l'île de Gotland, entre la Suède et la Lettonie.Plus précisément, les zones sous-oxygénées de la Baltique, qui en 1898 ne s'étendaient que sur 5 000 kilomètres carrés, en occupent aujourd'hui plus de 60 000, sur une superficie totale d'environ 400 000 kilomètres carrés. En outre, alors qu'elles n'étaient présentes qu'au fond des bassins, ces eaux se rapprochent de la surface : elles se situent maintenant à quelque 50 mètres de profondeur seulement. Les conséquences sur l'écosystème se font sentir, de vastes zones étant dépeuplées.Mais Jacob Carstensen et ses collaborateurs ne se sont pas contentés de décrire cette évolution néfaste. Ils ont aussi modélisé les mécanismes physiques et biologiques à l'origine de cette désoxygénation, afin de comparer leur influence respective.Eaux peu ventiléesDu côté des paramètres physiques, figure le fait que la Baltique, peu profonde, enserrée par la péninsule scandinave, ne profite pas des courants océaniques qui permettraient de ventiler ses eaux. L'oxygénation ne peut se faire qu'en surface par échanges air-mer. Or, le réchauffement climatique en cours depuis plusieurs années ralentit ce processus, car plus l'air est chaud, moins l'oxygène se dissout dans l'eau.Du côté des paramètres biologiques figure la prolifération excessive d'organismes grands consommateurs d'oxygène. Une prolifération due à l'apport massif d'azote et de phosphore par les eaux des fleuves et rivières des pays limitrophes, conséquence de diverses activités humaines, dont l'agriculture intensive.« Comme pour la mer Noire, le poids de l'activité humaine est indéniable sur la Baltique », reconnaît Aurélien Paulmier, biogéochimiste marin à l'Institut de recherche pour le développement.Pollution coupableMais les auteurs de l'article, eux, vont plus loin : ils considèrent que dans le contexte nordique, c'est le principal responsable de la progression des zones non oxygénées.Par conséquent, pour sauver la Baltique, il est à leurs yeux illusoire de compter sur un coup de pouce de la météo, tel que celui ayant provoqué la régression des zones sous-oxygénées entre 1983 et 1992. Durant cette décennie, en effet, d'abondantes précipitations avaient permis de diluer les effets de la pollution. Mais aujourd'hui, la situation est telle, que la seule solution serait de prendre des mesures drastiques pour limiter, en amont, la pollution.Par Mathias Germain
NOTESRéférences : [1] J. Carstensen et al., PNAS, 111, 5628, 2014.

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