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Sortie Bardenas Moto, VTT et chevalier de Groland

Publié le 12 juin 2014 par Alexcessif
"J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main, ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin......."me souffle Brassens! Mais, tout à fait par hasard, et donc involontairement, j'ai serré, et pas qu’une fois, celle de Serge Nuques quelque part dans le désert des Bardenas: voyons la mystérieuse mécanique du  hasard qui provoque les intersections d’étoiles inaccessibles avec les astéroïdes désenchantés.
"-J'ai perdu mes lunettes!" Intérieurement, je l’ai détesté, Hélène ! Car j'agonise de soif. Pour les lunettes, j’ai un alibi : je matais les motos délaissées par la confrérie des chevaliers de fer en train de se photographier le tout à l’égo à l’entrée des Bardenas. Donc, retour au point de faux départ, croisement du groupe de motard qui se casse, cherchage et trouvage de lunettes et vrai départ vers le salut : une pinte de bière fraîche pour décoller mes muqueuses buccales et retrouver l’usage de la parole. Caramba ! Encore raté : les motos sont à l’arrêt sur le chemin gravilloneux devant nous. In petto, je me dis qu’un de ces blaireaux a du être malpoli avec son levier de frein avant qui, on le sait à VTT comme à Moto, est très susceptible sur le gravillon. En fait, point de chute mais une crevaison. Une des montures à plat agonise sous le cagnard, son gros cul affalé  sur le bas coté et les bikers sont un peu dans la merde. On prête une pompe, un dis : « il faut soulager la moto » j’approche ma main de la selle pour abréger les souffrances de la bête et là je reste collé : Saisissant la croupe de la Honda afin de soulager le pneu arrière du poids de la moto et de faciliter son gonflage l’immense Serge Nuques, pas le dernier pour  tâter du fessu, me devance. « -Mé,mé,mé, c’est …… » Les mots et l’eau à la bouche me manque et ce ne sont pas « Hélène et les garçons » Bruno,Vincent et Tomesh qui vont m’aider : personne n’a visité ce monument du pilotage chez nos vététistes ! Pas longtemps. Mon gosier en insuffisance de salive et l’esprit en carence d’idée se remettent en marche à fond la caisse sous les stimuli de ses exploits et le Chevalier de Groland ne sait pas si je suis un bon ou un mauvais souvenir. Je l’attaque sur le patronyme, je sais c’est vil, mais je suis à la limite de l’insolation après les 5 heures de VTT par 37°, faut faire vite, le bougre à de l’esprit autant qu’il est fin pilote, joyeux compagnons et journaliste le plus  rapide à l’ouest de l’Adour et de la Nive. « -Serge euNuques, t’aurais pas préféré  Bruno Nuques » dis-je en lui serrant la main sous les éclats de rires de son aréopage. T’as remarqué les deux gonzesses ? Moi oui! Et quand tu évoques la castration, symboliquement tu nique le machisme, déclenche les rires chez le peuple fendue et avec le rire des filles, les garçons suivent. Désarçonné par ma familiarité, dérouté par l’hilarité générale, incapable de me situer dans son trombinoscope garni de célébrités autant que de fans anonyme, je l’assomme avec le récit de ma journée, le voyage depuis Bordeaux avec la Ducati (olà des filles qui sont aussi en Ducat’, c’est pas du bol, ça ?Les mecs se re-marrent), le Van de Bruno pour mon VTT, ma pompe qu’il tient à la main, l’oubli des lunettes, la crevaison, la rando qui m’a vidé et cette rencontre magique qui m’emplie, cette suite de Fibonacci qui fait que nous sommes là dans cette entrevue sans enjeu social, chaleureuse, émerveillée parce qu’inutile (car je ne crois pas que j’arriverai à lui fourguer des fenêtres). Il demande dans le ressac entre deux vagues de ma logorrhée : «  et toi ? t’es qui ? » « Personne ! Mais on partage le même prénom et la même ambition de pourrir les caisseux ». On se re-re-re-serre la pogne et il me propose un autographe sur le corps de pompe. Je décline en accompagnant d’un geste du poignet à hauteur de l’entrejambe, un amical : « Je suis impressionnable mais j’suis pas idolâtre » Pas facile à placer dans une conversation mondaine le geste masturbatoire, mais là le public est caliente. Voila, tout le monde se gondole, du moins il m’a semblé et c’est déjà fini, je ne reverrai jamais Serge Nuques.
Cependant, grâce à lui, je ne déteste plus Hélène !


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