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Mon top 10 Berlin depuis 1945: N°1: East side gallery

Publié le 12 juin 2014 par Romain Delannoy

Le symbole ultime de Berlin est son mur. Il est donc tout à fait logique que nous concluions ce top avec l'East side gallery qui constituent 1,3 km de l'ancien mur. C'est le plus long pan du mur conservé. Ici et là dans la ville, on retrouve soit quelques dalles de béton à la verticale sur lesquelles des touristes idiots incrustent des chewing gums soit quelques pavés au sol qui témoignent de l'ancienne démarcation entre Berlin Est et Berlin ouest (vous pourrez notamment en apercevoir près de la porte de Brandebourg). En 1990, plutôt que de le détruire, on décide d'y réaliser une fresque qui constituera un musée à ciel ouvert où de grands artistes du street art sont invités. Une fresque qui est aujourd'hui en péril. 

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Avant, il y avait un mur infranchissable

C'est donc une enfilade de tags dont la majorité élève au sommet l'idéal de liberté, rappelant qu'en RDA, on en était privé. C'est donc munis de leurs bombes et de leurs pinceaux que les artistes expriment la volonté d'un monde entier qui aurait le droit à la liberté d'expression, un monde pacifique où chaque peuple serait reconnu et respecté. C'est donc une oeuvre qui rappelle le passé de Berlin et de l'Allemagne notamment avec les barbelés (car avant d'être des dalles de béton, il ne s'agissait que de barbelés), des personnages de la RDA et de l'URSS, l'épisode de ce célèbre soldat soviétique qui refusant de tuer des gens s'ils franchissaient le mur décida de sauter du côté de Berlin Ouest. D'ailleurs, lorsque le mur tombera, il ne sera plus accepté par les siens qui ont vu ce geste comme une trahison et finira par se suicider. Pourtant, le message ne se veut ni berlinois, ni allemand mais dépasse les frontières pour devenir universel avec des personnages de différents pays (notre Jean Reno national y figure) ou encore la colombe avec sa mission toujours pacificatrice.

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La paix, cette utopie

Parmi cette fresque géante, deux oeuvre ont toujours retenu l'attention. La première est signée Dimitri Vrubel et se nomme le Bruderkuss. Il a été réalisé à partir d'une photo où comme le veut la diplomatie russe, Leonid Brejnev donne un baiser à Erich Honecker. Ce qui semble être un geste d'amour s'avère devenir un geste d'enfermement pour les Allemands de l'Est, ici l'image nous faisant comprendre que la RDA est bel et bien assujettie à l'URSS.

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Un baiser qui fait mal

La deuxième, tout aussi célèbre a été réalisée par Birgit Kinder et a pour appellation Test the rest. On y voit ici la Trabant, la célèbre voiture d'Allemagne de l'Est (d'ailleurs on a verra beaucoup défiler dans les embouteillages à la chute du mur) foncer dans un mur. "The rest" signifie le repos, comprenez ici la mort. J'ai lu ici et là qu'il s'agissait du coin des suicidés, que certains se seraient jetés sur le mur dans le but de mourir. Pour moi, cette interprétation est eronnée puisque il faut savoir que beaucoup de gens ont tenté de franchir le mur en le détruisant avec leur voiture et parfois avec succès. Certes, certains en sont morts mais leur but n'était pas de mourir mais de vivre de l'autre côté.

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La Trabant pour la liberté

Aujourd'hui pourtant, ce témoignage poignant de l'épisode le plus douloureux de Berlin est menacé de destruction par des investisseurs immobiliers qui ont des appétits féroces lorsqu'il s'agit de faire des bénéfices et qui se soucient peu des questions de patrimoine. Heureusement, de nombreux manifestants ont réussi à bloquer l'opération mais jusque quand? Ici, on est sorti du communisme pour aussi rencontrer les vices du capitalisme. C'est entre ces deux idéologies que Berlin balance. Cette oeuvre est là pour nous rappeler que des murs, malheureusement, il en existe encore.

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Il y a encore des murs à détruire


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