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Journal himalayen – Mircea Eliade

Publié le 12 juin 2014 par Bonnetvoyageur @Bonnetvoyageur

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Une série de notes, certaines écrites sur place, d’autres racontées plus tard, quelques-unes détachées d’un cahier intime. Un récit volontairement fragmentaire, spontané, ni complet, ni systématique. Une plongée, hors du temps, dans l’Inde d’hier et d’aujourd’hui.

SANTINIKETAN (page 103) – « À quelques heures de Calcutta, dans l’ouest du Bengale, se trouve une gare sans importance, Bolpur. Le train pris dans l’après-midi vous y emmène en début de soirée. Le calme des villages indiens ; des rizières à perte de vue, des palmiers au bord de la route, des huttes blotties sous les manguiers. On ne croirait pas, en sortant de la gare qu’à quelques kilomètres de là, au milieu de cette immensité mélancolique, se trouve Santiniketan, l’asile de paix au sein d’un parc sans pareil. »

Chaque chapitre constitue une étape de l’itinéraire de Mircea Eliade en Inde, de 1928 à 1931. D’un ermitage dans l’Himalaya à une chasse au crocodile à Sahibgange, en passant par la Kumbh-Mela à Allahabad, une halte à Darjeeling, Bénarès, et Jaipur, ou un détour par Ceylan :

« CEYLAN (page 139) - Le transocéanique arrive à Colombo peu avant minuit. L’île, cependant, on la sent proche quelques heures plus tôt, quand on est accueilli par le vent chaud et parfumé des plages, une brise qui apporte l’arôme des tiges gonflées de sève, des fleurs inconnues, de toutes les merveilles végétales dont on devine la luxuriance dans l’obscurité de la côte. La mer étincelle bizarrement ici, à proximité de l’île d’émeraude. Le ciel semble plus bas et les étoiles brillent plus vivement dans cet air lourd de senteurs fortes et troublantes. On connaît Ceylan avant d’apercevoir les lumières du port. Les odeurs de la jungle planent au-dessus des eaux à des dizaines de kilomètres des rivages torrides. C’est un parfum qui émeut, qui étourdit, sans que l’on sache à quoi le comparer ni où le chercher, un parfum qui sans cesse vous frappe en plein visage, pareil à un vent brûlant et caressant à la fois. C’est un parfum unique, qui vous poursuivra tout le temps à Ceylan, et plus vous pénétrerez profondément dans la jungle, plus vous le trouverez immaculé et hallucinant. »

› Journal himalayen et Autres voyages – Mircea Eliade. Éd. L’Herme


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