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La monarCHIE hollandaise

Publié le 12 juin 2014 par Despasperdus

La France de Hollande est quelque peu nauséabonde, même en faisant abstraction du Front National et du relativisme politique des médias dominants. Tout autant que sous Sarkozy : normal, non ?

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Ce qui serait anormal, c'est que Hollande rompe avec les us et habitudes monarchiques de la Cinquième République. En d'autres termes, qu'il se prive de tous les privilèges et les à-côtés liés à ses fonctions.

Par exemple, quelle est l'utilité de cette tripotée de technocrates, de bureaucrates, et d'affairistes qui travaillent au Château en qualité de conseillers du monarque ? Je croyais qu'il y avait un gouvernement... Est-ce vraiment nécessaire d'entretenir ces doublons qui bossent sur les mêmes dossiers que le gouvernement ? Pour quelle valeur ajoutée ? En multipliant les conseillers et les postes spéciaux, ne multiplie-t-on pas d'autant les risques de dépenses inutiles, de gabégie ? Sans omettre le risque d'engager quelques parasites susceptibles d'entacher la réputation de l'exécutif ?

Pour envoyer un message ? Pour s'entourer de vrais pros ? C'était particulièrement réussi avec Morelle... Pour d'autres raisons, ça l'est autant avec l'experte Laurence Boone ! N'en doutons pas, avec elle, Hollande a mis un visage et un nom à la finance ! Et, c'est son amie !

A côté de ces postes de conseillers du prince ou de fous du roi, le Président de la République compte parmi ses prérogatives celle de proposer à l'assemblée nationale de nommer des personnalités à la tête de diverses autorités administratives indépendantes.

Ainsi, Jacques Toubon, politicien emblématique de feu le RPR et de l'ère Chirac à la mairie de Paris, est pressenti en qualité de défenseur des droites droits. Un boulot mortel, d'ailleurs l'ancien titulaire n'est plus là pour témoigner... Mais revenons à "all good" et remarquons que cela fera un retraité pauvre en moins ! Et, dans la série reconversion sociale et lutte contre le chômage, l'ex maire de Reims devrait bientôt occuper la fonction de contrôleuse générale des prisons. Ces gens-là sont systématiquement préservés des conséquences sociales et dramatiques du néolibéralisme, de l'austérité et de la politique de l'offre !

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Malgré les alternances, les privilèges demeurent, c'est aussi ça, la fameuse stabilité de la Cinquième République !

En 2011, Capital avait publié une enquête sur les nominations dites "au tour extérieur" dans la haute fonction publique ou dans des comités théodule qui permettent au président de la République de recaser les copains et les coquins (Morelle), les anciens ministres de la société civile (Fadela Amara, Luc Ferry) et les fils à papa (Tibéri), les fidèles apparatchiks (Isabelle Deleu) et les vieilles gloires du showbiz (G. Lemaire. Du CSA à la Cour de comptes, du conseil d'Etat au conseil économique et social, de l'inspection générale à d'autres administrations prestigieuses, certains accèdent à ces postes dorés par la voie présidentielle... Prime à la duplicité, à la soumission, au carriérisme, au renvoi d’ascenseur !

Ces nominations sont littéralement le fait du prince qui peut choisir n'importe quel quidam sans avoir à observer une quelconque règle quant au niveau d'études ou à l'expérience professionnelle de ces heureux "élus". Ces privilégiés perçoivent une modeste rémunération nette mensuelle qui se situe entre 3800 et 10.000 euros. D'après l'hebdomadaire, la République ne leur demande pas d'assumer de lourdes tâches de travail ou de respecter un minimum d'assiduité au travail.

Là aussi, la continuité entre PS et UMP fait rage. J'observe que la politique austéritaire du président Hollande épargne cette petite élite de la réduction des effectifs de la fonction publique et des coupes budgétaires...

Et pendant ce temps-là, chômeurs, intermittents du spectacle ou les personnes au RSA doivent déjouer les pièges de l'administration pour percevoir leurs maigres allocations...

Et pendant ce temps-là, Hollande et Valls poursuivent la casse de la SNCF, devançant même les souhaits de l'UE. Ce sont les mêmes qui affirmaient que les eurodéputés socialistes défendraient une autre Europe, une Europe sociale. A l'analyse des faits, la conception du "social" au PS est semblable à celle de la droite décomplexée de l'UMP.

Et pendant ce temps-là, les minimas sociaux sont au-dessous du seuil de pauvreté.

Vivement la Sixième République !

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