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L’époque des obligations à 15 ½%

Publié le 23 juin 2014 par Fabien Major @fabienmajor

Obligations15En regardant les taux d’intérêt rachitiques des placements garantis d’aujourd’hui on ne peut s’empêcher de soupirer et se rappeler les années 80.  Oui, c’est vrai on pouvait trouver des obligations d’épargne du Québec à un taux garanti de 15 ½%. Pour preuve, voyez cette capture d’écran d’une pub de Placement Québec avec Michel Jasmin. Mon père qui était courtier d’assurance vie a vendu à cette époque de nombreuses rentes viagères à un taux de 19 %. Les dizaines de clients qui en ont bénéficié ont eu une « retraite Bentley » qui rivalisait avec n’importe quel fonctionnaire municipal.

Des contacts Twitter, m’ont aussi fait part de leurs souvenirs. En 1981, Claude Gervais et ses confrères de travail ont digéré difficilement leur nouvelle convention collective qui promettait des augmentations de salaires indexé de SEULEMENT 9 % par année.

Il faut préciser qu’entre 1973 et 1990, les taux directeurs de la Banque du Canada se déplaçaient dans un corridor oscillant entre 10 et 20 %. Ce point culminant a été atteint en juin 1981. 

Pourquoi donc? Parce que l’inflation annuelle se promenait aussi dans une fourchette très élevée. Certaines années, l’indice des prix à la consommation atteignait 15 %. Ainsi, pendant que vos placements rapportaient du 15 %, l’inflation grugeait 14 % de sa valeur. Ce n’est pas très différent de la situation présente finalement. En 2014, on a des taux garantis de 2,5 % avec une inflation de 1,5 %.

Le bon vieux temps? Pas du tout

Jeff Raymond n’avait que 4 ans en 1981. Mais il s’en souvient. Son père a dû faire des choix douloureux. Il a dû notamment du vendre sa tente-roulotte afin de faire face aux augmentations des versments hypothécaires de la résidence familiale. En juin 1982, le taux d’un prêt hypothécaire de 5 ans fermé atteignait 19,75 %.  Une hypothèque de 75 000$ coûtait 1063 $ par mois en remboursement. Un prêt de 200 000?  3129 $ par mois.  Ouch. 

Au même moment Marc Laroche travaillait pour la fédération des Caisses Desjardins. Les cas d’insolvabilité étaient très nombreux. Des milliers de familles québécoises n’ont eu d’autres choix que de remettre les clefs de leurs résidences à l’institution financière.  Ma première maison était d’ailleurs une reprise de finance. Fin des années 80, la RBC m’a obligé à reprendre les conditions du précédent proprio. Il restait un terme d’une année à 15,75%. Pour un prêt de 77 000$, ça me coutait 975$ par moi.

Doit-on craindre des hausses de taux aussi élevés dans un avenir rapproché? Non. D’abord, cette période sombre est gravée à jamais et nous en avons tiré des leçons.  Nos dirigeants de banques centrales savent pertinemment que l’inflation est LE pire ennemi de l’économie d’une collectivité. La puissance de calcul des ordinateurs et la rapidité d’intervention parviennent assez bien à maintenir l’inflation à un niveau acceptable, soit entre 1 et 3 %. 


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