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POMPEI (Italie) (3) : L'art

Publié le 24 juin 2014 par Aelezig

Les graffitis

Les murs des maisons de Pompéi sont souvent recouverts d'inscriptions qui comme les graffitis actuels sont de nature très diverse. Elles traitent des sujets les plus disparates et permettent d'imaginer une vie sociale prise sur le vif et sans fard : boutades grivoises, commentaires sur une personne ou sur un événement, caricatures de personnages, pensées amoureuses, jugements sur une belle femme ou sur la jouissance à huis clos, au lupanar. Certaines concernent aussi la vente et l'achat de matériaux ou de bestiaux, ou encore les comptes de marchandises. D'autres se réfèrent aux spectacles municipaux ou vantent les champions qui se sont distingués dans les luttes.

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Enfin, on compte environ 3 000 inscriptions électorales à Pompéi et la plupart ont trait à la dernière année d'existence de la ville : d'ordinaire, les inscriptions précédentes étaient effacées pour faire place aux nouvelles, peintes (parfois gravées) à même les murs des maisons. Ces inscriptions de couleur rouge ou noire et, pour la majeure partie d'entre elles, en lettres majuscules, étaient écrites par des écrivains professionnels qui s'occupaient également des communications officielles, des sentences du tribunal, de l'achat et de la vente d'esclaves ainsi que des délibérations publiques.

Les fresques : quatre styles

Les fouilles de Pompéi ont exhumé d’innombrables peintures bien conservées. La plupart nous sont parvenues intactes et paraissent toujours aussi vivantes. Leur extraordinaire diversité montre que l’art était partout présent à Pompéi. Souvent, presque tous les murs d’une maison étaient décorés de scènes mythologiques ou de portraits de famille. Des mosaïques, pleines de couleurs et de détails montrant des paysages, des scènes de bataille ou de théâtre, étaient cimentées sur le sol.

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Les murs entourant les jardins étaient souvent peints de sujets aux couleurs vives. Les thèmes à la mode étaient les scènes de chasse, les paysages campagnards et marins. Les pièces intérieures présentaient des sujets plus variés : scènes mythologiques, natures mortes, oiseaux et autres animaux.

Ces peintures semblent nous dire que les Pompéiens étaient des hommes attachés à la nature, qui aimaient le bien-être et la bonne chère.

La peinture pompéienne a été divisée en quatre styles.

Le premier style apparait au IIe siècle avant JC. La décoration des édifices publics s'étend aux maisons privées. Il a pour origine le monde hellénistique et la peinture macédonienne, avec ses décorations en grandes dalles de marbre réparties en trois registres (soubassement, zone intermédiaire et zone supérieure). On reproduit cette décoration architecturale avec du stuc polychrome imitant les marbres de couleurs. Des éléments en saillie apparaissent comme des socles, de grands panneaux en relief, des registres supérieurs à carreaux plus petits, des corniches et des piliers toujours en stuc divisent la paroi. On recherche les effets de matières, l'impression de reliefs... Ce style continuera à être utilisé en même temps que les autres styles.

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Le deuxième style apparait en -100 avant JC et s'achève vers -20. Il n'y a plus de relief en stuc, c'est un style entièrement peint. Il s'agit d'un style illusionniste et architectural inspiré des palais hellénistiques et des décors de théâtre. Décors de théâtre, imitations d'architecture, mais aussi paysages urbains vus depuis une fenêtre, sont peints en trompe-l'œil.

Le troisième style apparait progressivement vers -30 et disparaît vers 50. C'est un style de réaction contre l'illusionnisme du 2e style et l’exubérance de ses architectures en trompe-l'œil. Les décors sont plus simples. Des traits horizontaux et verticaux de couleur unie divisent la paroi. Les éléments architecturaux sont très fins, étirés, et purement décoratifs. Des décors de miniature aux couleurs vives sont réalisés sur des fonds noir ou blanc. L'intérêt se déplace vers les tableaux et un grand occupe la partie centrale de la paroi. Il est placé à l'intérieur d'un édicule flanqué de panneaux. Les thèmes sont tirés de la mythologie, de la religion ou idylliques. Des bandes décoratives avec des motifs d'inspiration égyptienne ponctuent la paroi. Le niveau supérieur de la fresque montre encore quelques architectures en trompe-l'œil.

Le quatrième style, ou style fantastique, s'étend de 50 à 79. Ce style fait un retour aux perspectives architecturales et à l'illusionnisme. Il s'agit d'une synthèse des deux styles précédents et du prolongement direct du troisième style. Le goût ornemental subsiste avec des décors exubérants, des dorures et des reliefs en stuc. Les couleurs sont plus nettes et des oppositions chromatiques apparaissent. L'architecture est peinte en trompe-l'œil sur un podium et la zone centrale, qui est mise en avant, de la fresque est divisée en trois par des portiques à étages. Les thèmes sont mythologiques, naturalistes, montrent des scènes de la vie quotidienne, des natures mortes très fidèles ou des portraits. Ces scènes sont peintes avec une technique impressionniste. Des tapis en trompe-l'œil apparaissent aux murs avec au centre de petites figurines.

Les sculptures

Les sculptures parvenues jusqu'à nous témoignent d'une prédilection pour la statuaire de petites dimensions, car elle était conçue dans un but d'ameublement à insérer dans les pièces ou de décorations pour les jardins. Les grandes statues, c'est-à-dire celles qui revêtaient une fonction commémorative, étaient pour la plupart situées à l'intérieur du Forum. Le matériau préféré était le bronze, mais les petits chefs-d’œuvre en marbre, en tuf et en terre cuite ne manquent pas. Le « Faune dansant », le « Silène ivre », le « Sanglier assailli » figurent parmi les œuvres dont la fraîcheur et l'immédiateté s'accompagnent d'une facture exquise. Le « Doryphore » mérite une mention à part : il s'agit d’une belle copie d'une splendide sculpture grecque. Plusieurs fragments de statues provenant pour la plupart du quartier du Forum et des temples consacrés à la Triade capitoline ont aussi été retrouvés.

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Les mosaïques

La mode des mosaïques, venue de Grèce au Ier siècle avant JC, a trouvé une large application dans la décoration des maisons de Pompéi. Elles étaient souvent utilisées comme pavage. Les plus anciennes sont réalisées avec des motifs géométriques simples, avec des tesselles grossières au niveau de leur facture et humbles au niveau des matériaux. En revanche, la composition des plus récentes est recherchée, aussi bien pour ce qui est du goût chromatique que de la finesse des tesselles utilisées. Les propriétaires de grandes domus appréciaient les emblemata, c'est-à-dire des tableaux insérés dans un autre motif. La fameuse mosaïque d'un chien menaçant accompagnée de l'inscription cave canem (attention au chien), située à l'entrée de la maison du Poète Tragique, est sans doute un des sujets les plus connus. Le panneau représentant la Bataille d'Issos, conservé au musée archéologique de Naples et provenant de la Maison du Faune, en constitue en revanche l'un des témoignages les plus grandioses.

Visitée en 2007

D'après Wikipédia


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