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la mort dans la balance

Publié le 26 juin 2014 par Gédécé @lesechogaucho

euthanasie

 Deux décisions de justice concomitantes ont relancé hier le débat sur l’euthanasie. D’un côté, la relaxe pure et simple du Docteur Bonnemaison, qui était accusé d’avoir accompagné la mort de 7 patients, et de l’autre la décision du Conseil d’État (gelée par la CEDH) de stopper l’acharnement thérapeutique concernant Vincent Lambert.

Ne me sentant pas obligé d’avoir un avis sur chaque point, surtout quand je ne connais pas le sujet autrement que de manière très superficielle – c’est à dire celle que nous présente en général  les médias – je me garderai bien de me prononcer de manière aussi péremptoire que je peux en avoir la tentation d’ordinaire. C’est en effet un problème trop délicat, porteur d’enjeux sociétaux et politiques fondamentaux. Mais à regarder d’où viennent les critiques les plus conservatrices, virulentes, les plus négatives, les plus ostracisantes, voire violentes (dont la photo qui illustre ce billet se veut l’illsutration provocante, tant cela est ridicule), et où se situe le foyer de la mobilisation contre l’euthanasie, je pourrais presque avoir de la sympathie pour les partisans d’une réforme sociétale réelle sur la question. J’ai pourtant quant à moi une opinion plus nuancée… j’estime en effet qu’il s’agit d’être un peu plus prudent que d’opter pour une généralisation de l’euthanasie qui comporte des risques réels, et d’étudier plus finement la situation au cas par cas. Tenir compte du contexte spécifique de chacune des personnes concernées, dans le respect de leur volonté et de leurs éventuelles croyances, est incontournable. Mais le problème est bien là : encore faut-il qu’elles les aient clairement exprimées… et si possible de manière irréfutable, par écrit, ceci afin de ne pas permettre à des personnes isolées de s’opposer aux souhaits du patient concerné, comme cela semble être le cas dans l’affaire Lambert, où une minorité religieuse intégriste tente d’instrumentaliser la situation de Vincent à son seul profit idéologique. Pour ma part, je me garderais bien de remettre en cause une décision de justice, surtout quand on sait qu’elle a été prise par les 17 juges du Conseil d’Etat,  qui n’ont pas vraiment statué, on le suppose,  à la légère… Décider de la mort d’un homme est en effet toujours douloureux, et une telle décision ne peut être prise de gaieté de coeur.

En outre, sur un plan plus politique, je suis stupéfait d’apprendre qu’alors que c’est justement la loi Léonetti, inadaptée manifestement, qui a conduit en partie de par ses failles à ces deux cas de figure problématique et qui ont fait tant couler d’encre, on puisse commettre l’erreur de lui confier de nouveau (l’antépénultième ?) mission sur ce thème :

"Le président a chargé le 20 juin les députés PS Alain Claeys et UMP Jean Leonetti de présenter d’ici la fin de l’année leurs propositions d’aménagements à la loi Leonetti sur la fin de vie, votée en 2005. "

Quant aux défenseurs de l’euthanasie, je rappellerai que dans une société démocratique, un sondage ne saurait constituer une loi. Sachons raison garder. Surtout quand le contenu d’un sujet de débat est aussi chargé émotionnellement…


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