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Humilié irrespectueux

Publié le 06 juillet 2014 par Malesherbes

Vous avez déjà vu un mis en examen se faire offrir dès le lendemain vingt minutes d'antenne au cours du journal télévisé de 20 heures sur la première chaîne ? Oui  ? Alors il devait certainement s’agir d’un justiciable comme un autre. Avez-vous déjà vu, entendu ou lu, une personne citée dans une affaire judiciaire, un commentateur ou un personnage politique, interrogé sur cette affaire, répondre autrement que « je fais confiance à la justice et ne me prononcerai pas sur une affaire en cours ». Je gage que cela ne vous était jamais arrivé avant ce mercredi 2 juillet, jour où un justiciable comme un autre, nommé Nicolas Sarkozy, a pu être interrogé par deux journalistes assez complaisants. Examinons cet entretien.

« Devais-je absolument avoir rendez-vous avec les deux dames qui m’ont donné rendez-vous à deux heures du matin cette nuit ? ». Qui peuvent donc bien être ces deux dames qui fixent des rendez-vous, non seulement à deux heures du matin, mais même en pleine nuit ? Des professionnelles ? Restons sérieux. En fait, cette phrase manifeste de la part de M. Sarkozy un certain sexisme et surtout sa volonté de dénier à ses juges leur statut. Un peu plus tard au cours de l’entretien, notre ancien président s’amende quelque peu : « Je me suis assis dans le fauteuil en face à ces deux dames, juges d’instruction… », même si, en français, on dirait plutôt « en face de ces deux dames ». Mais ce n’est que pour mieux rechuter quand il est interrogé à propos de l’affaire Bygmalion : «  j’ai eu ce qu’il fallait hier avec ces deux dames ». Que lui ont donc fait ces mystérieuses inconnues ?

Comme il nous l’a souvent démontré au cours de son quinquennat, M. Sarkozy ne sait pas toujours bien ce qu’est la politesse. Il a plusieurs fois au cours de cette interview utilisé la formule M. Hollande, comme s’il ignorait les usages qui imposent de le désigner plutôt comme président de la République. Il a ainsi déclaré « Quant à monsieur Hollande, ses collaborateurs se sont livrés à une exploitation éhontée de mes archives » et, ensuite, « Si je comprends bien, dans notre pays aujourd’hui, sous le mandat de monsieur Hollande ».

Il s’est tant écarté de notre Constitution qu’il mélange hardiment le rôle du président de la République et celui du premier ministre. Selon son article 20, « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » et, selon l’article 21, « Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement ». Parler, comme M. Sarkozy, de « Monsieur Cahuzac, le ministre du Budget de monsieur Hollande » n’a donc aucun sens. M. Cahuzac a été le ministre du budget du gouvernement de M. Jean-Marc Ayrault.

La place me manque pour poursuivre le commentaire de ce stupéfiant plaidoyer. La suite bientôt.


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