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A vendre : secteur aéronautique français, écrire au Palais de l'Elysée

Publié le 20 mai 2008 par Edgar @edgarpoe
Le Financial Times de ce matin se fait l'écho d'un grand plan industriel qui serait en préparation à l'Elysée : pour constituer un pôle nucléaire français uni derrière Martin Bouygues, qui a pris 21% d'Alstom, Areva et Alstom seraient fusionnés. Jusque là, tout va à peu près bien. Problème : il faut dédommager les allemands, car Siemens, actionnaire d'Areva, devrait sortir du nouvel ensemble (on ne sait pas bien pourquoi). Résultat des courses : on leur offrirait le contrôle d'EADS en échange (les détails de ce grand mécano, qui implique une sortie de Dassault du groupe EADS et une entrée partielle de Thalès, ne sont pas fournis, ni le pourcentage de contrôle final d'EADS par les parties françaises et allemandes). Voilà comment, après un premier dépeçage imbécile par la gauche, c'est la droite qui finirait par offrir à l'Allemagne le contrôle de notre filière aéronautique. Selon les termes d'Elie Cohen, la gauche avait déjà fait très fort : « Le seul point fort de la spécialisation industrielle de la France qui était l’aéronautique  est en train d’être bradé » (cf. un billet de 2006 chez moi). La droite s'apprête à faire pire. Ceci alors que la réalité technique et industrielle d'Airbus, comme le souligne le FT, est que le contrôle opérationnel est aujourd'hui plutôt français. Conclusion désabusée du journal : The sad thing about this proposed Franco-German split is that it eloquently shows that cross-border industrial co-operation between the countries does not work. Moreover, the real expertise in aviation lies far more on the French than the German side. Under the circumstances, it seems only fair to ask whether such a division of industrial spoils is really in Europe’s broader interests in the longer term. Après son recul sur l'union euroméditeranéenne, Sarkozy s'apprête encore à faire d'énormes concessions à l'Allemagne, pour faire plaisir à son copain de vélo Martin Bouygues (et patron de Télé Sarkozy). J'espère que les élus de la région toulousaine, concernés au premier chef par ce changement de contrôle réagiront vivement (si l'Allemagne prend les décisions, devinez qui, de Toulouse ou de Hambourg obtiendra au fil du temps les meilleurs morceaux industriels ?).

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