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Demi-finale Allemagne-Brésil (7-1) : Explosion en vol

Publié le 09 juillet 2014 par Diesemag @diesemag

Extravagante sous bien des aspects, cette coupe du monde vient de nous révéler sa plus grosse surprise hier soir par la victoire hallucinante de l’Allemagne par 7 buts à 1 sur le Brésil, pays organisateur et figurant parmi les favoris.

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L’équilibre des forces penchait déjà en faveur des allemands qui non seulement s’étaient montrés bien plus organisés et disciplinés tactiquement lors des précédents matchs, mais bénéficiaient d’autant plus des absences conjuguées de Neymar, dont l’impact était surtout psychologique même s’il a beaucoup marqué, et, beaucoup plus grave avec le recul, de Thiago Sylva le meilleur (l’unique ?) défenseur de l’équipe et véritable leader moral.

Le match a démarré de manière assez intense et la supériorité allemande s’est très rapidement révélée : sans rigueur tactique de replacement, sans effort collectif de pressing, avec une animation de jeu aux abonnés absents, les brésiliens ne laissaient pas entrevoir un visage particulièrement conquérant. L’ouverture rapide du score de Tomas Muller (meilleur joueur du tournoi sans aucune contestation possible depuis l’élimination de la Colombie de James Rodriguez) sur corner suite à une erreur de marquage indigne d’une demi finale de coupe du monde a sonné les auriverde… Dans les cordes, ils ont encore davantage relâché pressing, concentration et rigueur et ont encaissé le but du ko dix minutes plus tard suite à une magnifique phase collective des allemands. Puis ça a commencé à faire de la peine.

Demi-finale Allemagne-Brésil (7-1) : Explosion en vol
Demi-finale Allemagne-Brésil (7-1) : Explosion en vol

Tels des zombies les brésiliens assistaient impuissants et déconnectés à leur propre mise à mort footbalistique face à des allemands qui, malgré un caractère peut être plus romantique que leurs anciennes délégations de 82 ou 90, n’aiment jamais rien tant que cogner fort et juste dans un sac de sable inerte… On avait l’impression de revivre le combat Lewis-McCall 2 quand ce dernier en pleine dépression avait joué le rôle du sac de frappe. En pleine réussite, surmotivés par leur succès, les allemands ont continué à remuer le couteau dans la plaie pour finir à 5-0 à la mi-temps. Un stade entier en pleurs, une équipe complètement abattue, le discours dans le vestiaire de la seleçao n’a pas du être des plus boute en train…. Si lors de la seconde mi-temps les brésiliens ont tenté de montrer un visage plus conquérant, ils ont buté sur un très grand Neueur comme pour bien leur faire comprendre que, même sans leur trou d’air de la première mi-temps, ils auraient eu énormément de mal à mettre en défaut cette équipe d’Allemagne… Cette dernière en a profité pour inscrire deux nouveaux buts par l’entrée en jeu de Schuerrle, toujours aussi mort de faim, avant qu’Oscar ne sauve finalement un honneur bien ténu…

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C’est tout un pays qui souffre de cette défaite qui au-delà de l’élimination a mis en valeur les carences de cette équipe brésilienne absolument pas au niveau qu’exige un triomphe en coupe du monde, et que nous allons tenter de synthétiser :

  • une équipe qui se résume surtout à une addition d’individualités ne fonctionnant que par la présence de locomotives dans le jeu qui tirent l’équipe : Neymar en attaque (absent), Thiago Sylva en défense (absent), David Luiz et Luiz Gustavo (absent) dans la récupération et le lancement de l’animation du jeu
  • de ce premier argument découle l’absence de réel fond de jeu et de schéma tactique rigoureux notamment dans l’organisation du replacement défensif et du pressing
  • une friabilité mentale fatale à ce niveau de la compétition qu’on peut attribuer à : (i) la pression populaire et politique sur la victoire en coupe du monde, mais des joueurs de football de haut niveau la vivent à une moindre mesure chaque fin de saison ; (ii) la blessure de Neymar, dont les conséquences sont finalement reprochables au sélectionneur qui n’a jamais su faire autrement qu’en misant tout sur lui ; (iii) le manque de caractère des joueurs brésiliens !

Rappelez-vous tout ce qui s’est passé, ils n’ont jamais arrêté de chialer : ça chiale lors de l’hymne du match d’ouverture, ça chiale lors de la qualification, ça chiale lors des pénos contre le Chili, ça chiale quand Neymar se blesse et ça chiale après une grosse fessée 7-1… je ne veux pas verser dans le machisme primaire, mais on est peut-être en droit d’attendre autre chose de grands compétiteurs dans un sport de confrontation physique pour pouvoir espérer prendre le dessus et bouffer l’adversaire. Il faut également pointer du doigt l’échec de Scolari qui sous des impératifs de continuité du plan de jeu (le problème c’est que quand il n’y en a pas ça devient un peu sans objet) et d’assurer la bonne vie du groupe n’a pas osé bousculer ses plans en donnant les clés à Willian ou Fernandinho dès le début de la compétition et s’est enferré dans des choix offensifs plus que douteux : quand on a eu trois ballons d’or (plus un potentiel sachant que Roberto Carlos aurait pu ou du l’avoir dans sa carrière) dans sa sélection en 2002 (Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho) et qu’on se retrouve avec Fred et Jo en attaque il y’a quand même de quoi déprimer…

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Une élimination bien dommageable pour la beauté de voir un pays vibrer pour la victoire de son équipe mais qui rappelle que dans le jeu le Brésil n’a jamais mérité de s’imposer ; que l’Allemagne elle a réussi à corriger le tir après sa prestation plus que moyenne contre l’Algérie (ce que la France n’a pas réussi à faire après l’Equateur ou le Nigéria) ; qu’il n’est pas forcément évident de triompher lors de son propre mondial (n’est-ce pas France 98 ?). 

#TroisiemeJambe



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