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Jean-Pierre Derrien : “ce n’est pas magique, le direct. C’est stressant”

Publié le 12 juillet 2014 par Abbaye Aux Dames, La Cité Musicale De Saintes @Abbayeauxdames

Jean-Pierre Derrien, producteur et animateur sur France Musique aime parler de sa passion et de son métier, étroitement lié. Dernières émissions, dernière saison “avant de passer à autre chose”. Toujours ponctuel, arrive à l’heure à notre rendez-vous. A l’aise, il s’installe autour de la table. « Je suis né dans une famille très modeste… À l’époque, je n’étais pas attiré par le journalisme. Mon instituteur m’a dit : il faut faire des études ».

Après avoir a été « viré de l’hypokhâgne de Rennes » confie-t-il avec amusement, il rentre à l’École Normale Supérieur Saint-Cloud en 1966. Il est alors diplômé en philosophie.

En 1968, il fait son mémoire sur Nietzsche et s’intéresse particulièrement à la psychanalyse. Mais « contrairement à tous mes camarades, je ne souhaitais pas enseigner ». Après ses études il part en « coopération au Congo », enseigner la philosophie, afin “d’éviter le service militaire“.

Il est très attiré par la musique, son grand-père était pianiste. De 1969 à 1977, il écrit dans Musique en Jeu, (une revue de référence en matière musicale dans les années 70)… « un peu par hasard, en cherchant un boulot d’été, et à cette époque, pas comme maintenant, il était encore possible d’en trouver un ! ».  Ainsi, par bribes de phrases, il nous raconte peu à peu son passé, ses souvenirs et son expérience à la Maison de la Radio dans laquelle il est entrée en 1978. Il confie avec un soupçon de nostalgie « qu’il a fait du piano, un peu, étant jeune, avec son grand-père… », dont il parle avec émotion et de sa famille, de Concarneau. Une famille “prolétaire, d’origine bourgeoise mais désargentée“.

En 1978, il entre à la radio. On lui propose alors de « faire du magazine ». Il accepte et reste. Aujourd’hui, il confie aimer « la découverte de nouveaux sujets qui lui sont ‘imposés’ ».

Pour résumer son métier, Jean-Pierre Derrien nous dit : « diriger, mais en même temps d’être dirigé par son équipe. […] Il faut être capable d’être le patron, mais en même temps de n’être plus le patron, par rapport à des gens dont on est le patron. […] On ne choisit pas forcément son équipe. Parfois cela fonctionne, d’autres non. […]. Sur le plateau, il faut réagir à tout. L’équipe me parle dans l’oreille, je leur réponds avec des signes ! ». Il nous explique également que contrairement à ce que beaucoup pensent, « ce n’est pas magique, le direct. C’est stressant, le direct … […] Au bout d’une heure de radio, tu sors vidé, comme après avoir fumé un bon pétard ! ».

Il nous explique ensuite qu’il « préfère largement interviewer des personnes que je ne connaît pas ou peu, personnellement. J’aime les interviews, car c’est drôle ; il y a toujours des surprises ! Certains collègues font dans la narquoiserie, lors de leurs interviews ; moi je fais dans la séduction et la complicité ».

Enfin, nous lui demandons quelles sont, d’après lui, les qualités nécessaires au journaliste. Lui qui n’a pas suivi de formation, qui a appris « comme ça, tout seul », répond par la “technique et la séduction. Oh, et, plus important que tout, l’adéquation entre ce que l’on a à dire et le format“.

Notre rencontre avec Jean-Pierre Derrien se termine sur des notes d’excentricité et de sympathie, un passionné généreux, à l’antenne comme en dehors.

Margot Douteau


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