Satisfaction // Saison 1. Episode 1. Pilot.
Hung parlait déjà de prostitution masculine de façon très différente. En effet, dans Hung le but était pour le héros de se faire de l’argent grâce à son gros engin pour
poursuivre les réparations de sa maison et subvenir aux besoins de ses enfants. Satisfaction cherche à faire tout autre chose. Sur le papier, c’est tout ce que je pourrais
détester. Une série sur USA Network qui nous parle d’un mariage qui est en train d’exploser. Un peu comme Rush, l’autre nouveauté de la chaîne, j’ai regardé ce premier épisode sans en attendre
grand chose, voire rien du tout et puis je me suis trouvé bête car à l’issue j’ai apprécié et le pire c’est que j’ai envie de connaître la suite de cette charmante histoire. Charmante oui mais
aussi légèrement déprimante. Vous imaginez, du jour au lendemain vous apprenez que votre femme vous trompe avec un jeune garçon qu’elle paye pour prendre du plaisir et puis que vous vous
retrouvez donc à faire vous aussi la même chose que ce jeune garçon afin de découvrir la face cachée de l’emploi. Satisfaction est donc très différente de Hung.
D’un part car le héros ne fait pas vraiment ça pour l’argent, c’est un banquier d’investissement que tout le monde s’arrache pour gérer des fonds de plusieurs millions de dollars. D’autre part
car le propos est différent. Satisfaction cherche à explorer la profession quand Hung c’était droit au but.
Neil Truman est un banquier d'investissement marié à Grace. Un jour, il découvre que sa femme a fait appel à un service de prostitution et trouve accidentellement le numéro de l'homme
payé. Neil regarde sa vie d'une nouvelle façon et cherche à retrouver ce que son couple avait autrefois. De son côté, Grace fait le point sur ses besoins et se demande si son mariage doit être
sauvé ou non.
Quoi
de mieux pour raconter l’histoire de Satisfaction que de mettre Matt Passmore (The Cut, The Glades) à la tête de la série.
C’est un homme avec du charme, ni trop jeune ni trop âgé, qui a tout du père de famille idéal dans une banlieue résidentielle idéale. C’est aussi ce qui donne à Neil un certain charme et l’envie
pour le téléspectateur de s’attacher à son histoire. Sa femme c’est Stephanie Szostak (Iron Man 3, R.I.P.D Bridage Fantôme) alias Grace. Cette
dernière est un peu perdue entre sa relation extra conjugale payée et ce manque cruel de compagnie de l’homme de sa vie. Car ce que Neil va découvrir c’est que les femmes qui payent ce genre
d’hommes sont au premier abord des femmes propres sur elle, belles, qui n’ont pas besoin de se payer les services d’un homme pour en trouver un. Mais elles aiment leur mari et se déculpabilise
donc en payant leurs amants. C’est une idée, bien plus chic et amusante que l’idée de la femme modèle qui va tromper son mari avec le jardinier. Pour le coup, le sujet de
Satisfaction est donc assez intelligent et creuse même les sentiments de chacun des personnage. Sean Jablonski (Nip/Tuck,
Suits) nous offre ici quelque chose de cruel mais réaliste.
Pourtant, je ne croyais pas du tout en Satisfaction. Bien au contraire, le pitch, la promo de la série, etc. tout était catastrophique mais l’intérieur est délicieux. Il y a
certains moments de ce premier épisode qui auraient peut-être pu être oublier (notamment le face à face avec ce conseiller spirituel qui n’apporte aucune vraie réponse) mais c’est une série qui
enchaîne tout un tas de problèmes psychologiques pour forger son caractère. On a donc la crise de la quarantaine, un mariage bancal qui tente de comprendre ce qui cloche chez l’autre, le côté
ultra désespéré de la banlieue très unidimensionnelle où les seuls trucs dont les gens semblent parler c’est la taille de leur télé (Neil a la plus grande du quartier) ou quand est-ce qu’il faut
nettoyer la piscine. C’est ce genre de choses qui fonctionnent dans ce premier épisode et que l’on va suivre avec beaucoup de légèreté. Le ton est très étrange car il ne se veut ni pesant en
sentimentalisme mais il cherche aussi à nous séduire et à nous faire fondre. Ainsi, je vais rester là tout au long de la première saison, vous pouvez compter sur moi. Sans compter qu’il y a peu
de risques que cela tourne à la série procédural ce qui est un autre très bon point.
Note : 8/10. En bref, sans rien en attendre, cette série parle de sujet réalistes avec un ton léger et très touchant. Matt Passmore est étincelant.
