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VENISE (Italie)

Publié le 03 août 2014 par Aelezig

C'est un endroit magique... où l'on se balade hors du temps. Dès que l'on quitte les endroits touristiques, se promener tranquillement dans les ruelles et les places est un bonheur. Venise offre des surprises à chaque coin de rue... une petite église, un palais, une maison et son jardin, une fontaine, un passage inattendu entre deux immeubles, un pont ravissant, une place si calme qu'on oublie la foule...

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Venise, surnommée la « Cité des Doges » ou la « Sérénissime » est une ville de la plaine du Pô au nord-est de l'Italie et la capitale de la région de VénétieElle fut la capitale pendant onze siècles (697-1797) de la République de Venise. La ville est célèbre pour ses canaux, sa place Saint-Marc, son palais des Doges ainsi que son carnaval. Venise comptait 270 000 habitants début 2012 dont 59 000 intra-muros. Venise et sa lagune sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La région, où se jettent plusieurs fleuves issus des Alpes, est habitée dès l'Antiquité par des pêcheurs, mariniers et saulniers. Cette zone fut nommée Venetia du nom des Vénètes, ancien peuple italique intégré dans la République romaine dès le IIe siècle av. J-C. 

Histoire

Les invasions des Goths et des Huns poussent les populations locales à se réfugier dans les îles des marais situés le long de la mer , près du delta du . Selon la légende développée ultérieurement par les Vénitiens pour démontrer l'ancienneté de leur cité et la lointaine origine de leur liberté, Venise aurait été fondée le 25 mars 421 dans les îlots du rivus altus, qui deviendra le Rialto. En 568, de nouvelles invasions, lombardes cette fois, amènent de nouveaux réfugiés. Cette zone marécageuse, difficile d'accès pour des navires à quille, est en effet restée sous la juridiction de l'exarchat de Ravenne, province de l'Empire romain d'Orient. Elle est donc initialement un refuge de la civilisation romano-byzantine.

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Profitant de l'antagonisme entre l'exarchat de Ravenne et les Lombards, les Vénitiens élargissent leur marge de manœuvre politique et se dotent d'un pouvoir local incarné par le premier duc ou « doge », Paolucio Anafesto (697-717), personnage aux confins de la légende et de l'histoire. La ville de Venise ne devient réellement indépendante qu'après le retrait des Byzantins de l'Adriatique, peu après l'an 1000. La cité-État s'appuie dès lors sur la mer pour étendre son pouvoir.

Les organes de décision gouvernementaux forment une pyramide dont l'Assemblée populaire est à la base et le doge le sommet. Entre les deux siègent le Grand Conseil, les Quarante et le Sénat, puis le Conseil ducal. Cette organisation politique dont les traits se dessinent au XIIIe siècle se maintiendra jusqu'en 1797. Le quadruplement de la puissance navale dans le premier tiers du XVe siècle, fait de l'Arsenal de Venise la plus grande usine du monde, employant jusqu'à 16 000 personnes. L'activité navale est portée par le dynamisme du quartier d'affaires vénitien.

Le commerce du sel, puis l'expansion commerciale vers la Méditerranée orientale, entraînent en effet une forte croissance de la ville. Après la 4e croisade, la République s'empare des richesses de l'Empire byzantin et constitue son propre empire maritime constitué par la plupart des îles grecques et dalmates. Elle le complète en conquérant la Dalmatie continentale, l'Istrie et un vaste domaine entre les Alpes et le , incluant les cités de Bergame, Brescia, Vérone, Padoue, Trévise et Udine. Elle entre en conflit avec Gênes, sa grande rivale en Italie du nord et en Méditerranée. L'apogée de cette lutte sera la quatrième guerre génoise, ou guerre de Chioggia. Venise sort vainqueur du conflit, mais très épuisée. Le traité de Turin, en 1381, ne lui est pas particulièrement avantageux : malgré sa victoire, Venise doit renoncer à des territoires et concéder certains droits à sa rivale.

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Le déclin commence avec la progression turque en Méditerranée, qui la prive progressivement de toutes ses terres grecques, à l'exception des Îles Ioniennes, et de ses accès aux débouchés de la Route de la Soie, qui est en plus très touchée par la peste noire. Malgré la victoire sur les Turcs à Lépante en 1571, la république de Venise perd encore de son importance commerciale à cause du détournement du commerce européen vers les océans après la découverte de l'Amérique.

Venise maintient son rayonnement culturel, en devenant la ville européenne la plus élégante et raffinée du XVIIIe siècle, avec une forte influence sur l'art, l'architecture et la littérature.

Redevenue politiquement un état italien parmi d'autres, Venise est annexée par Napoléon Bonaparte le 12 mai 1797, durant la première coalition. L'invasion des Français met un terme à près de 800 ans d'indépendance. Napoléon est cependant perçu comme une sorte de libérateur par la population pauvre et juive de Venise, république aristocratique où le pouvoir et la plupart des richesses sont monopolisés par quelques familles. Napoléon supprime les barrières du Ghetto ainsi que les restrictions de circulation imposées aux Juifs.

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En 1797, par le traité de Campo-Formio, Napoléon livre Venise et ses territoires aux Habsbourg en échange de la Belgique, puis il la leur reprend en 1805 pour l'intégrer au royaume d'Italie dont il se fait couronner roi, avant que la ville ne soit à nouveau intégrée dans l'Empire d'Autriche de 1815 à 1866. La domination autrichienne sur Venise et la Vénétie ne s'achève que le 3 octobre 1866 après sa défaite de Sadowa contre l'alliance Prusso-Italienne. Venise devient un chef-lieu de province italien et l'un des hauts lieux du tourisme mondial.

La ville

Dans cette zone de marécages, les Vénitiens ont établi leur ville en enfonçant des pieux en chêne et en aulne dans le sol sablonneux. Sur ces fondations, ils ont bâti des maisons et des palais et entamé un combat sans fin contre le mouvement continuel des marées. Elle s'étend sur 118 îles.

La ville est parcourue par 177 canaux, 455 ponts (le plus souvent arqués pour laisser passer les bateaux). Le centre historique est entièrement piétonnier, les canaux font fonction de route, et les divers bateaux qui traversent seulement le Grand Canal, le Canal de la Giudecca et la lagune autour de la ville, sont le moyen de transport public. Venise est une ville unique où l'on se déplace presqu'exclusivement à pied. On y trouve aussi des taxis d'eau - petits bateaux motorisés qui peuvent transporter de huit à dix personnes - et des gondoles - petites embarcations d'avirons très légères aujourd'hui surtout utilisées par les touristes ; le transport privé des Vénitiens au moyen des bateaux motorisés ou à avirons est limité aux excursions dominicales. D'autres modèles d'embarcations plus ou moins grosses sont destinés aux transports commerciaux.

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L'avenir

Les bâtiments de Venise sont exposés à la menace de marées, notamment entre l'automne et le début du printemps. La ville est périodiquement inondée. C'est ce que les Vénitiens appellent acqua alta. Ce phénomène s'explique par la réunion de plusieurs facteurs naturels : attraction lunaire, et surtout le sirocco, vent chaud venu d'Afrique qui empêche la lagune de se vider, les marées hautes se succédant les unes aux autres.

Ce phénomène a toujours existé, mais s'est largement amplifié ces dernières décennies sous l'influence conjuguée de plusieurs causes relatives au climat et à l'activité humaine :

  • la montée générale du niveau des mers ; 
  • l'affaissement du sol : d'importants puits ont été creusés au XXe siècle pour pomper dans la nappe phréatique, ce qui a fragilisé les terrains déjà instables ;
  • les perturbations dans l'hydrographie : la modernisation du port a entraîné le creusement de canaux profonds pour permettre le passage de gros navires. La mer s'engouffre ainsi beaucoup plus facilement dans la lagune.
  • enfin, depuis la chute de la République en 1797, l'habitude pour les Vénitiens de nettoyer les canaux pour les désenvaser et les vider s'est perdue, ce qui a réduit la profondeur de ces canaux du centre historique. Depuis quelques années, la municipalité fait procéder de nouveau à ce curage, qui contribue d'ores et déjà à la baisse du niveau des eaux dans certains quartiers. Les canaux, retrouvant leur pleine capacité, sont mieux à même de contribuer à la diffusion des eaux.

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Les conséquences sont importantes dans la vie quotidienne des habitants, qui doivent abandonner les niveaux inférieurs des maisons et emprunter des systèmes de passerelles pour se déplacer. Mais les conséquences les plus importantes sont la détérioration inexorable des monuments historiques et de l'habitat due à la montée des eaux et l'apport qui s'ensuit de produits nocifs à la pierre et à la brique.

Un récent projet, présenté par un consortium d'industriels italiens, consiste à poser 78 portes mobiles dans les trois passes de la lagune pour protéger la ville. En temps normal, ces portes, sortes de ponts-levis, seraient remplies d'eau et donc submergées. Lors des marées supérieures à un mètre, une injection d'air comprimé évacuerait l'eau, permettant ainsi aux portes de se redresser et de fermer le passage, séparant ainsi la lagune de la mer. Ce projet, nommé MOSE (Module expérimental électromécanique) a démarré en 2003 et les travaux doivent se poursuivre jusqu'en 2011. Il suscite aujourd'hui de nombreuses polémiques notamment par son coût pharaonique et par le doute de plus en plus répandu parmi les scientifiques et les spécialistes des marées quant à son efficacité de ce système. Ce projet, surtout, ne résoudra pas l'autre grand problème de la ville, celui des vagues en lagune.

Ce problème des vagues en lagune est lié à l'accroissement du trafic des bateaux à moteur dans les canaux de la ville et en lagune. Il fragilise les fondations des constructions, érode les rives et fragilise les quais. Dans la lagune, il entraîne la disparition des barènes, bancs alluvionnaires indispensables à son équilibre. Plusieurs problèmes se conjuguent. D'abord, les bateaux sont de plus en plus nombreux pour satisfaire les besoins des touristes et sont de plus en plus gros. Des centaines de paquebots entrent chaque année en lagune pour rejoindre la gare maritime, sans oublier les navires de commerce servant les industries installées à Marghera. La répercussion écologique de ce phénomène n'est pas prise en compte par les autorités vénitiennes. Enfin, les bateaux, avec l'amélioration des moteurs, vont de plus en plus vite, créant des vagues toujours plus fortes. Pour autant, depuis peu des contrôles de vitesse sont effectués : ainsi la vitesse est limitée à 5 km/h dans les canaux de la ville et à 15 dans la lagune.

Quant au changement climatique global , l'élévation du niveau des mers de 60 centimètres en 2050 et potentiellement de 150 centimètres à 10 mètres, fin du XXIe siècle, entraînerait la destruction totale de la ville. Ce point de vue est soutenu par de nombreuses publications scientifiques, même si certains membres de la communauté scientifique la contestent...

IL FAUT SAUVER VENISE !

Visitée en 2012

D'après Wikipédia


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