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Comment Cazeneuve condamne un Jihadiste

Publié le 04 août 2014 par Juan

Comment Cazeneuve condamne un Jihadiste

source: ministère de l'intérieur

Il n'y a plus de précaution, même d'usage. La République oublie ses principes car il faut rassurer le téléspectateur âgé effrayé par tant de conflits en Arabie. 

 

Oui, le gouvernement travaille bien. 

Il condamne même des jihadistes dans les aéroports. 


Samedi 2 août 2014, tandis que la guerre faisait rage en Syrie, en Irak, en Libye ou à Gaza, le ministère de l'intérieur publiait un communiqué triomphant: "Saisie d’une enquête préliminaire du chef d’association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes, la direction générale de la sécurité intérieure a interpellé ce jour, à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, un jihadiste franco-marocain en provenance de d’Istanbul et expulsé par les autorités turques. Il a été immédiatement placé en garde à vue."
L'affaire tombe à pic. Le gouvernement tente de motiver les troupes médiatiques sur les dangers du djihadisme en France, et notamment ces centaines de (trop) jeunes Français qui partent sur ces fronts combattre avec les fanatiques. Une loi a d'ailleurs été présentée en juillet dernier, et sera votée dès la rentrée de septembre. Cette arrestation illustre parfaitement les motivations à l'origine de ce texte, "anti-terroriste", comme le rappelle Bernard Cazeneuve: "le projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, qu’il a présenté au conseil des ministres le 9 juillet et à la commission des lois de l’Assemblée Nationale le 22 juillet,  sera soumis en première lecture au Parlement à la session du mois de septembre prochain."
1. Il est certain que le ministre s'appuie sur une enquête pour faire de telles déclarations publiques. Il s'en réfère d'ailleurs. La lutte contre le terrorisme est un combat qui ne s'est pas interrompu d'une majorité à l'autre.
2. Agiter le spectre du terrorisme islamiste est une diversion politique dommageable. Car interrogeons-nous: à quoi sert cette communication si ce n'est à servir politiquement le gouvernement ? En d'autres termes, de ce point de vue-là, Valls fait du Sarko.
3. Etre Jihadiste n'est pas un crime, ni un délit. Quoique... A force de compter ces partisans de la guerre sainte dans les rangs du terrorisme islamiste, on a fini par les assimiler à des délinquants de 5ème degré.
4. La République s'honore de respecter la présomption d'innocence. Elle se déshonore quand elle ne la respecte pas. Cette fois-ci, le ministère accuse l'homme arrêté d'être un "jihadiste". S'agissait-il d'un simple "très-très-très croyant" ?
Le ministre avait peut-être oublié ce principe de présomption, rappelé dans différentes déclarations, et même notre code de procédure pénale:
"III.-Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d'innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi." Source: article préliminaire du Code de procédure pénale, modifié par LOI n°2013-711 du 5 août 2013 - art. 4
Là encore, Valls fait du Sarko. Car comment ne pas se souvenir de cette déclaration, certes plus tonitruante, d'un ancien ministre de l'intérieur il y a 11 ans ? En juillet 2003, Sarkozy se félicitait de l'arrestation de "l'assassin du préfet Erignac", sans plus de précaution.
Nous sommes en 2014.
Le changement, toussa...


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